15/05/2008

Réunions publiques

A NICE LE 15 MAI :

Je  serai à Nice pour une réunion publique de soutien à Paul CUTURELLO,  candidat aux élections législatives partielles de la 5eme  circonscription des Alpes-Maritimes face à Christian ESTROSI le :

Jeudi 15 mai à 18H30
à la Cafeteria de l’Arénas
Place de l’Arénas
Immeuble Nice 1er, 455 Promenade des Anglais.

A LIEVIN LE 16 MAI

Dans le cadre de la convention nationale du Parti Socialiste du 14 juin, je participe à une réunion auprès de Serge JANQUIN, premier secrétaire de la Fédération du Pas-de-Calais, afin de discuter de la déclaration de principe et des modifications statutaires le :

Vendredi 16 Mai à 19H
Au local du Parti Socialiste,
6 rue Faidherbe, 62800 Liévin

Posted by LeFIL on mai 15, 2008 at 09:36 AM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

06/05/2008

Sarkozy, un an après

Posted by Benoit Hamon on mai 6, 2008 at 02:15 AM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (8) | TrackBack

01/05/2008

Benoît Hamon dans "C'est vous qui le dites"

Posted by Benoit Hamon on mai 1, 2008 at 09:38 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (7) | TrackBack

30/04/2008

1er Mai

Depuis de nombreuses années, je participe aux défilés du 1er Mai. Cette année, l'importance des attaques du gouvernement contre les intérêts des salariés justifie une mobilisation importante. Je serai donc sur le pavé parisien à leurs côtés, à partir de 14h30, Boulevard Voltaire près du métro St Ambroise.

Bonne manif à tous !

Posted by Benoit Hamon on avril 30, 2008 at 02:59 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Le FMI en crise?

A l'occasion de la réunion de printemps du Fond Monétaire International et de la Banque Mondiale, "New europe" a réalisé un dosssir spécial "le FMI en crise?". Dominique Strauss Kahn, directeur du FMI, Lorenzo Bini Smaghi membre du directoire de la BCE, Alex Wilks diecteur de l'ONG Eurodad à Bruxelles ou moi même, avons été interrogés sur la crise de légitimité du Fond. Le dossier complet : http://www.neurope.eu/focus.php.

Voici mon article (seulement en anglais).

"In the current international debate on the reform of the IMF, it is I believe useful to have a look at the original mandate given to this international financial institution. The articles of agreement of 1944, still in force today, though perhaps forgotten by some, include the following objectives:

- to promote international monetary stability,

- to facilitate the expansion of international trade, and to contribute thereby to the promotion and maintenance of high levels of employment and real income,

- to promote exchange stability and to avoid competitive exchange depreciation,

- to lessen the degree of disequilibrium in balances of payments.

Looking at this mandate and at the disaster of the current financial crisis, at the use and abuse of exchange rates to favour exports, at the trade deficits and surpluses of leading economies, at the threat of a global economic slowdown, it would be logical to conclude that the IMF is exactly what the world needs! Reality is somewhat different. For a lot of historical reasons, the IMF transformed itself into a mixture of a banker, fire fighter and policeman figure. Lender of last resort for many poor countries, it is willing to lend money only in exchange of painful social and economic reforms. As a policeman, the IMF exerts a continuous surveillance on the policies of these countries.
The IMF is also called in by not so poor countries as a fire fighter to extinguish the flames of major financial crisis, and indeed the IMF normally succeeds in this task, though the methods used are often considered too drastic by the beneficiaries. Today, once habitual clients of the IMF in Asia and South America are repaying their IMF debts in advance, and accumulating huge monetary reserves, so as to free themselves from the rule of the IMF. This creates also a very practical problem for the IMF, whose financing depends on the profits of its lending activities. The problem of the IMF is also a governance issue. Based on a baroque system of “constituencies” and on the principle of “one dollar one vote”, the governance of the IMF is criticised on many grounds: transparency, accountability, democratic legitimacy, geographic unbalance.
The challenges facing Dominique Strauss Kahn are numerous and difficult. The proposed reform of the voting rights distribution, the renewed focus on international financial stability (as opposed to focusing on structural adjustment policies of poor countries), the attention given to new issues such as the rising prices of basic foodstuffs, all seem to go in the right direction. Clearly though, the project of restoring the credibility of the IMF as an efficient guardian of international financial stability is a long term one. Much depends of course on the members, especially on European countries, whose cumulated voting rights actually exceed those of the Unites States, the relative majority shareholder.
The European Parliament called on the EU Member States, “to work towards a single voting constituency - possibly starting as a Euro constituency, with a view, in the longer term, to securing consistent European representation, involving the Ecofin Council Presidency and the Commission, subject to the European Parliament’s scrutiny”. Such a move would simplify the governance of the IMF, logically complement internationally the internal competences of the EU and of the Eurozone, and prove the determination of the EU to effectively contribute to a more stable and fair international financial system.

Posted by Benoit Hamon on avril 30, 2008 at 09:36 AM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

28/04/2008

à Washington DC

Dsc00771J'étais de vendredi à dimanche à Washington en compagnie de Jonathan Evans, président de la délégation du Parlement Européen pour les relations avec le Congrès US. En dehors des contacts "classiques" avec les autorités américaines, j'étais curieux de saisir l'humeur des américains à propos des primaires démocrates. Je me suis rendu samedi après midi dans un quartier de Washington à dominante latino où de jeunes volontaires parcourent les rues pour encourager leurs concitoyens à s'inscrire sur les registres électoraux. Cette séance était organisée par le "Congressional Hispanic Caucus Institute" dont un des objets est de détecter et faire émerger la nouvelle génération de leaders hispaniques. Les militants rencontrés sur place ont salué le rôle des Clinton durant le mandat de Bill, mais mes interlocuteurs voteront pour Obama et l'esprit de changement qu'il incarne. C'est ce même état d'esprit que j'ai retrouvé dans les paroles véhémentes d'un chauffeur de taxi, nigérian d'origine et citoyen américain depuis 4 ans, scandalisé  qu'Hillary toujours derrière Obama en nombre de  délégués, puisse proposer à ce dernier d'être son Vice-Président. Mais tous mes contacts comme la lecture de la presse US confirment les inquiétudes des Démocrates sur la durée de ces primaires, les traces qu'elles laisseront dans le camp Démocrate et le risque qu'elles affablissent significativement le vainqueur.

Posted by Benoit Hamon on avril 28, 2008 at 01:49 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

23/04/2008

"Mitterrand et Vichy" sur France 2

2213593000_2J’ai visionné hier soir le film réalisé par Hugues Nancy consacré à l’épisode des révélations du livre de Pierre Péan sur la jeunesse de François Mitterrand (*). Le film était précédé d’un docu-fiction réalisé par Serge Moati sur la « guerre » de François Mitterrand, du stalag à la résistance en passant par Vichy. Les deux films complémentaires illustrent la complexité de l’époque et combien le « bouclier » Pétain a pu rallier l’adhésion d’une grande majorité de français déboussolée par la débâcle puis l'occupation. Ils permettent tous les deux de comprendre l’évolution d’hommes, pétainistes mais anti-allemands, de l’administration de Vichy vers la résistance.

Ce que j’ai apprécié par-dessus tout dans le film d’Hugues Nancy, c’est la manière dont il parvient à distinguer ce qui relève de la « cohérence » d’une trajectoire politique et ce qui appartient à ce que j’appellerai pudiquement, la complexité de François Mitterrand.

La cohérence, elle se révèle au fur et à mesure des témoignages et des analyses des historiens dans cette France anéantie par une défaite et un armistice humiliants, déchirée par l’exode de millions de français, coupée en deux par l’occupation et vidée de ses forces vives, prisonnières en Allemagne. On comprend la construction politique de François Mitterrand. Et on approche d'avantage la réalité historique dans ce portrait d’une France « en gris » dépouillée de l’imagerie gaulliste d’une France « vainqueur » de la 2ème guerre mondiale.

La complexité tient principalement en deux épisodes et en un regret. Il y a d’abord la relativisation des lois antijuives votées par Vichy et dont François Mitterrand ne retient que le chapitre concernant les juifs étrangers. Et s’il n’y a aucun doute sur le fait que François Mitterrand n’ait jamais été antisémite, on apprend qu’à l’époque il n’y avait pas – à ses yeux- de spécificité, de singularité à la souffrance des juifs. « Tout le monde souffre » dit il à Irène et George Dayan à Alger en 1943.

Il y a ensuite, cette relation inexplicable après guerre avec René Bousquet, organisateur de la rafle du Vel d’Hiv. Les deux films n’apportent pas plus d’explication à ce lien durable entre le leader de la gauche française et l’ancien chef de la police française durant l’occupation. C’est mon seul regret. Mais je comprends qu'évoquer trop longtemps cette rencontre qui eût lieu "après guerre" pouvait éloigner le documentaire du sujet central : le rôle de François Mitterrand "pendant la guerre" (même si la carrière politique de François Mitterrand doit beaucoup aux amitiés nouées pendant la guerre).

Je me souviens enfin qu’en 1994 au moment de la publication de ce livre, j’étais président du Mouvement des Jeunes Socialistes. J’avais, à l’époque, décidé de m’exprimer publiquement. Dans un communiqué de presse, j’avais exprimé mon indignation à l’égard de cette « amitié durable » avec René Bousquet. J’avais ensuite été happé par la tourmente politique créée par ces révélations et accentuées par les réactions qu’elles suscitaient. Hugues Nancy s’en souvient bien, il était membre du Bureau national du MJS à l’époque. Il se souvient de la sincérité du trouble collectif qu’avait provoqué ce livre. Il se souvient de notre dégoût devant la violence des arguments de quelques vieux grognards du mitterrandisme. Il se souvient de notre malaise devant l’exploitation politique de ces révélations par les adversaires de François Mitterrand dans et hors du PS et l’instrumentalisation de notre réaction. Merci à Hugues, 14 ans plus tard, d’avoir mis de la distance, de la rigueur et de l’analyse au milieu des passions pour proposer cette lecture fiable d’une époque et d’un homme, denses et intenses.

Posted by Benoit Hamon on avril 23, 2008 at 12:19 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (9) | TrackBack

01/04/2008

Nouvelles fonctions et poisson d'avril

Suis content et atterré d'avoir réussi à en abuser quelques-uns, même pas nombreux.

Dg_markt_2Ce qui suit surprendra et constitue sans doute mon dernier message sur ce blog. Peut-être le conserverai-je quelques temps pour vous témoigner de mes premières impressions dans mes nouvelles fonctions.

J’ai en effet décidé d’accepter la proposition que m’a adressée Monsieur Charlie Mac Creevy commissaire européen au Marché Intérieur et aux Services, de rejoindre la DG MARKT à partir de début mai. Je me consacrerai principalement à deux dossiers : la libéralisation des transports ferroviaires et l’achèvement de la libéralisation des postes.

Je souhaite que les cheminots et postiers français s’inscrivent dans l’effort indispensable de modernisation de nos services publics. Je n’ai jamais cru que le monopole soit l’allié du service public. On peut et on doit savoir conjuguer dans ces deux grandes entreprises françaises, efficacité et productivité pour le meilleur bénéfice des consommateurs. A ce titre une meilleure concurrence sert l’objectif d’une Europe sociale dont les socialistes avaient fait leur slogan lors des dernières élections européennes.

J’ai accepté d’occuper cette fonction de directeur général adjoint à la DG MARKT quelques semaines avant la Présidence française. Je considère en effet qu’il est primordial que la France réussisse à la tête de l’Europe lors du second semestre 2008. Pour cela toutes les énergies sont nécessaires. J’ai pu le constater, lors de mes entretiens avec les représentants du gouvernement français, qui a soutenu ma nomination à ce poste : les convergences existent entre les grands courants politiques français (principalement les libéraux, la démocratie chrétienne et la sociale démocratie) sur les priorités de l’agenda européen.  En particulier, l’achèvement du marché intérieur exige de la  France qu’elle soit exemplaire dans la libéralisation du chemin de fer et du courrier.

Enfin, pour être complet, je m’occuperai d’un troisième dossier moins stratégique mais qui constituera une nouvelle pierre à la méticuleuse construction de l’Europe. Il s’agit d’un livre vert sur la libéralisation de la magistrature et la mise en concurrence des tribunaux afin de mieux assurer l’égalité de traitement des justiciables.

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Posted by Benoit Hamon on avril 1, 2008 at 05:46 AM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (14) | TrackBack

28/03/2008

Crise financière : Pourquoi ? Quoi faire ?

Pervenche_beresPervenche BERES est Présidente de la commission affaires économiques et monétaires du Parlement Européen. Elle livre ici son analyse des origines et des conséquences de la crise financière et propose des voies pour y répondre dans un long article rédigé pour la revue "Politique".

"La crise financière qui s'est développée depuis l’été 2007 était, sous une forme ou une autre, attendue. Elle part du marché des sub-primes américaines et aurait pu partir d’ailleurs, mais ce qui impressionne  c’est l’amplitude de sa propagation, son impact sur les autres marchés, au premier titre le marché européen, et l’incertitude des conditions de son dénouement.

Comme toute crise financière, elle a une double origine. Elle traduit d’abord une situation économique réelle liée au mode de croissance des Etats-Unis dans le nouvel âge du capitalisme à l’heure de la globalisation, les déséquilibres mondiaux et les besoins d’ajustement massifs qui en résultent. Elle intervient dans un contexte marqué par la hausse du prix des “commodities“[1] à commencer par l’énergie et un taux de change du dollar historiquement bas. Elle est ensuite la matérialisation des dérives nées d’une confiance excessive dans la prise de risques pour stimuler le profit dans un système financier globalisé insuffisamment régulé ou supervisé. Elle sert de révélateur à un système qui avait atteint certaines limites.


[1] Terme anglais désignant un bien de consommation, en général des matières premières (produits agricoles, énergie) mais aussi transformés (électricité) dont la valeur ajoutée d’un producteur à l’autre est peu variable.

Mais comme toute crise financière, elle a ses caractéristiques propres qu’il faut identifier pour agir efficacement. Elle oblige à ré ouvrir des débats pendants entre partisans de l’autorégulation ou d’une attitude “business friendly“ et intervention d’une forme de puissance publique, entre mode d’organisation des pouvoirs et contre-pouvoirs.

Longtemps ce débat était quasiment interdit parce que les partisans d’une régulation des marchés étaient accusés de vouloir brider l’innovation financière utile au financement de l’économie et de prendre le risque de voir les capitaux fuir. En réalité aujourd’hui, chacun reconnaît que l’innovation financière de ces dernières années a permis un développement considérable des mécanismes de financement de l’économie. Mais elle s’est aussi accompagnée d’une financiarisation de l’économie qui dans une période d’argent bon marché n’a pas conduit à une optimisation de l’allocation du capital, celui-ci cherchant d’abord des rendements élevés plus que le financement des investissements à long terme nécessaires à l’adaptation de l’économie aux défis de la mondialisation. Quant au risque de fuite des capitaux, la seule fuite massive que l’on observe c’est celle des conséquences de la crise américaine des sub-primes au-delà de ce pays.

Pourquoi ? Quelles sont les principales caractéristiques de cette crise ?

Cette crise part de la diffusion à l'ensemble de la planète d'un risque américain, lié à une pratique laxiste, développée par des banques, mais aussi par des non banques, c’est à dire des établissements qui ne sont pas soumis au contrôle du superviseur bancaire, de crédits immobiliers sous forme d’hypothèques. En clair, en cas de défaut de paiement, l’établissement préteur récupère le bien immobilier. Ces crédits hypothécaires sont accordés sous forme de prêts à taux variables à des ménages aux revenus faibles affectés d’une prime de risque “sub-prime“. Les établissements qui proposent des crédits de ce type ont pu le faire grâce à une innovation financière, la titrisation. Cette technique permet à celui qui propose le produit à risque de s’en débarrasser et de le revendre par morceaux, par titres. Ceux-ci sont ensuite mélangés, reconditionnés avec des produits plus sûrs et deviennent des produits complexes où le risque est dispersé et donc à priori plus facile à amortir tant que tout va bien mais aussi moins identifiable. Ainsi, une petite banque allemande peut se retrouver exposée au risque de crédit des ménages américains sans être présente aux Etats-Unis. C'est ce qui est arrivé à la banque allemande IKB en août, dont la quasi-faillite a été un des facteurs déclencheurs de la crise.

Cette crise s'est développée du fait de l'incertitude sur le risque réel encouru par les intervenants de marché, fonds d'investissements (« private equity »), fonds alternatifs ("hedge funds") et banques. La complexité des pratiques de titrisation qui conduisent à des prises de risques que ne maîtrisent ni les investisseurs, ni les superviseurs est en cause. Une fois la crise révélée, l’opacité des mécanismes conduit à une rupture totale de la confiance, fondement même du fonctionnement de tout marché. Dans sa diffusion, elle fonctionne un peu comme le SIDA. Tout le monde sait que des agents sont affectés, mais personne ne sait où ils sont et ceux-ci ne veulent pas nécessairement révéler qu’ils sont porteurs du virus, alors qu’ils peuvent le diffuser. La maladie une fois révélée, le bon remède est mal connu et il est parfois trop tard. La solution passe par la découverte de nouveaux médicaments et des changements de comportements.

La baisse des marchés actions alors même que la profitabilité des entreprises atteint des niveaux records est une troisième caractéristique de cette crise. Elle s'explique par une aversion soudaine et accrue à la prise de risque, notamment à l'égard des actions du secteur financier, et à la disparition des perspectives de rapprochement d'entreprises entretenues jusqu'alors par l'activisme des fonds d'investissement, qui depuis cet été ont perdu la capacité d'emprunter auprès des banques devenues, enfin, plus prudentes à leur égard.

Cette crise née sur les marchés américains est en train de se propager à l’ensemble de la planète par deux canaux. Le premier,  direct, est celui des marchés financiers où les établissements financiers qui sont engagés sur des produits complexes ayant permis de reconditionner des sub-primes ou des produits similaires sont affectés. De ce point de vue, il est intéressant de relever que les pays émergeants, y compris les nouveaux Etats membres de l’Union européenne, ne semblent pas affectés. On peut émettre l’hypothèse que pour eux la crise est intervenue à temps, c’est-à-dire avant que la titrisation et le développement de produits sophistiqués à l’excès ne pénètrent leur marché et n’affectent en profondeur la pratique de prise de risque par leur système bancaire et financier. En revanche, le second canal de retransmission affecte l’ensemble de la planète, c’est celui des échanges et des conséquences sur le commerce international de la récession dans laquelle l’économie américaine est entrée.

Cependant, cette crise, puisque c’est bien ce dont il est question même si certains au départ ne voulaient parler que de turbulences ou de “corrections du marché“, n’affectera pas toutes les économies mondiales de la même manière. L’économie américaine est entrée en récession et la question qui se pose est celle de savoir si les autres économies pourront découpler leur croissance, être autonomes de la première puissance économique du monde. Certains rêvent que cette crise conduise les Chinois à réorienter leur modèle de croissance fondé sur l’exportation vers un développement de leur marché intérieur. Beaucoup d’experts imaginent qu’un découplage n’est pourtant pas possible même si la croissance chinoise devrait rester forte en dépit d’un léger ralentissement (8-10%). Pour l’Europe, certains pensent que, parce que les établissements bancaires européens paraissent jusqu’ici moins affectés et au regard du taux d’épargne des ménages ou de leur endettement, les fondamentaux de l’économie  sont meilleurs que ceux de l’économie américaine. Mais elle est affectée par le canal financier de la crise et la contraction des crédits en conséquence, par l’entrée en récession des Etats-Unis et par une dégradation du rapport de change entre l’euro et le dollar aggravée par la politique de baisse des taux d’intérêt engagée par la FED.

Cette crise marque un besoin d'ajustement global du système financier. La financiarisation de l'économie mondiale a produit un système instable, caractérisé par la quête d'une rentabilité toujours plus élevée, obtenue momentanément par des montages financiers complexes, prélude à des crises toujours plus fortes. La finance s'est historiquement caractérisée par des phases de grand optimisme, d'exubérance, auxquelles succèdent des phases soudaines d'aversion pour le risque, du fait de mouvements moutonniers.

Cette crise remet au gout du jour des principes sains que la "planète-finance" oublie régulièrement et que la planète politique n’ose pas toujours rappeler ou imposer, face à la puissance de la première, en particulier qu'une profitabilité élevée ne peut pas être sans risques. Or, la "planète-finance" ignore  de plus en plus fréquemment et dans des proportions de plus en plus fortes ces principes sains : après 30 ans de libéralisation financière à l'échelle mondiale et dix ans d’argent bon marché voulus par les décideurs politiques et promus par les institutions internationales, le système est devenu quasi incontrôlable. Ce ne serait pas si inquiétant si les difficultés du secteur financier demeuraient cantonnées à ce dernier, mais elles ont des répercussions rapides sur la croissance. Il est trop tôt pour tout savoir et certaines données ne seront disponibles que trop tard, mais la situation est trop préoccupante pour ne rien entreprendre dès aujourd’hui. Personne ne veut d’une législation type “Sarbanes-Oxley“[1], trop vite et trop mal ficelée, mais obligeons ceux qui ont trop longtemps plaidé “laissez faire, laissez passer, enrichissez vous“ à tirer les leçons de la situation présente.

Que faire ? Comment mieux réguler le système financier ?

En Europe, dès le 9 août 2007, la Banque centrale européenne a  réagi en injectant d’importantes liquidités sur le marché. En intervenant ainsi elle a permis à l’ensemble des établissements bancaires de se refinancer, sans distinction de passeport. En clair, alors que la Banque d’Angleterre refusait d’intervenir, les grandes banques d’investissement installées à Londres se sont refinancées auprès de la BCE. D’une certaine manière, la BCE a sauvé la City. C’est un élément important pour la suite du débat. La BCE a été critiquée à tort tant outre-manche qu’outre-atlantique alors que ces interventions massives ont permis au marché de continuer à fonctionner ; elle est aujourd’hui moins en première ligne que son homologue américaine, la FED. Mais, compte tenu de la nature de la crise, quelle est l’efficacité de la seule politique monétaire pour rétablir la confiance des marchés et orienter ou relancer l’économie ? Les taux longtemps bas n’ont pas toujours conduit à un financement des investissements à long terme nécessaires et ont alimenté les activités hautement spéculatives des “hedge funds et private equity“. Aujourd’hui les interventions massives de la FED, notamment par la baisse des taux d’intérêt, ne suffisent pas à rétablir la confiance et à empêcher l’entrée en récession de l’économie américaine.

Que faire alors ? Certaines réponses dépendent bien sûr des Etats-Unis et de leur capacité à effacer la dette des ménages et pour le futur à se doter d’une législation plus protectrice des consommateurs. Mais c’est leur problème, nous pouvons le dire, pas le faire à leur place.

Pour l’Europe, des propositions sont sur la table qui fondent la feuille de route adoptée par le Conseil Ecofin d’octobre 2007, que l’on retrouve dans le communiqué de presse des quatre ministres des finances membres du G7 (Allemagne, France, Italie et Royaume-Uni) et du Conseil européen de mars 2008. Quelles sont ces propositions et que faut-il en penser ?

1) Beaucoup plaident aujourd’hui à juste titre pour la transparence et c’est notamment Joseph Ackermann, le président de la Deutsche Bank qui dès le mois de septembre a demandé à ses homologues de rendre publiques leurs pertes. Si l’on veut rétablir les mécanismes de fonctionnement du marché, c’est-à-dire notamment la confiance, c’est indispensable. Simplement, une telle demande se heurte à deux écueils. D’abord dans un monde concurrentiel où les établissements sont  déterminés par leur profit mais aussi par leur réputation, il est peu probable qu’ils divulguent des pertes avant qu’elles ne soient réalisées. Quant à informer sur les risques pris, sur lesquels de plus on ne sait pas comment le marché réagira, il n’y a pas d’incitation à le faire. De plus, certains plaideront qu’une transparence trop grande risque d’accélérer des effets indésirables. Tout ceci explique sans doute que plus de huit mois après les premiers appels à la transparence, on soit toujours dans le brouillard. Cela confirme que si un marché pour bien fonctionner doit être transparent, il ne le fait pas naturellement, bien au contraire, d’où l’importance pour le régulateur de trouver des incitations.

2) Il faut aussi porter plus d'attention au rôle des agences de notation[2], en position d’oligopole. Elles ne peuvent servir de seul bouc émissaire de la crise, on ne peut pas leur reprocher de ne pas avoir évalué les risques de liquidités qui n’étaient pas dans leur mandat. Elles ne sont pas non plus responsables de l’utilisation que les investisseurs ou les superviseurs ont faite de ces notations sans contre-expertise. Mais elles jouent un rôle clé dans l'élaboration des titrisations, vecteur de la crise actuelle qu’elles évaluent par ailleurs. Leur conflit d'intérêt est patent ainsi que le manque de transparence et il est permis d’émettre des doutes sur la pertinence du code de conduite adopté en 2004 qui prétend résoudre le problème dans ce domaine et que certains pensent aujourd’hui suffisant de réviser.

3) Des propositions seront élaborées pour modifier les accords de Bâle 2 qui définissent les conditions dans lesquelles les banques doivent organiser leurs fonds propres pour mettre davantage l’accent sur les risques en termes de liquidités et modifier la façon dont les banques prennent en compte dans leur bilan les produits complexes, titrisés, …Elles sont les bienvenues, mais cela ne peut pas être l’arbre qui cache la forêt.

4) Des initiatives pour revoir les systèmes de dépôt de garantie pour les adapter à la réalité de l’intégration financière et au développement d’établissements financiers intervenant dans plusieurs Etats sont avancées. Nous le demandions avec insistance et jusqu’ici la Commission considérait qu’il était urgent d’attendre.                                                                             

5) Sur les fonds souverains[3], une réflexion est engagée qui pourrait conduire à l’adoption là aussi d’un code de conduite. En attendant, après les inquiétudes manifestées au regard des secteurs stratégiques que ces fonds pourraient détenir, certains oublient la stratégie de conquête des entreprises occidentales dans les  réseaux d’eau ou d’électricité de pays en développement et que les grandes banques d’investissement aux abois les appellent à la rescousse !

6) Il est proposé de renforcer les mécanismes d’alerte précoce d’abord au niveau du FMI mais aussi de la coordination des superviseurs européens (CEBS, CEIOPS et CESR). L’efficacité de tels mécanismes qui reviennent à mettre sur un paquet de cigarettes “fumer tue“ reste limitée. Cela dit, si des progrès peuvent êtres accomplis dans ce domaine, il n’y a pas de raison de les refuser. Pour autant, ces propositions ne doivent pas servir d’alibi à ceux qui ne veulent pas sérieusement traiter le problème là où il doit l’être, c’est-à-dire dans les structures de supervision des marchés que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe. La réalité de ces dernières années c’est que le développement de l’intégration et de la sophistication des marchés financiers ne s’est pas accompagné d’une adaptation parallèle des structures de supervision.

Au-delà de ces pistes qui font aujourd’hui consensus mais dont on vient d’examiner les limites, il est vraisemblable que le marché répondra assez naturellement par un retour à des produits plus standard et à une re-intermédiation, mais d’autres chantiers doivent également être ouverts.

Certains plaident pour un retour à une stricte séparation des banques en fonction de la nature principale de leurs activités, commerciale ou d’investissement. En réalité, le retour à la situation antérieure n’est pas souhaitable car le système a utilement élargi le champ des modes de financement possibles de l’activité non financière. Ce qui doit être réexaminé et corrigé, ce sont les incitations qui existent dans l’utilisation de ces facilités supplémentaires, la façon dont ces entités ont organisé leur contrôle interne, l’équilibre des pouvoirs qui y prévaut et l’intervention des superviseurs.

1) La transparence et la régulation d’entités engagées dans la prise de risque excessive, tels que les fonds alternatifs et les fonds de capital investissement doivent être organisées. Ces fonds peuvent dégager des rentabilités très élevées, durant certaines périodes, grâce à un endettement élevé qui accroît la rentabilité du capital investi. Mais, dans des configurations de marché qui surviennent nécessairement à un moment ou à un autre, l'endettement accentue leurs pertes. Une intervention publique peut même être nécessaire car leur chute pourrait entraîner celle de l'ensemble du système financier (cas de LTCM en 1998).

2) Les normes comptables qui favorisent l'évaluation à la valeur de marché ne doivent pas être généralisées alors même que le marché peut disparaître à tout moment par manque d'acheteurs comme on l'a vu au cours de l’été 2007.

3) La question de politique fiscale d’incitation à l’endettement doit être examinée, de la même manière qu’une action internationale déterminée à l’égard des paradis fiscaux qui servent de refuge aux montages financiers les plus opaques et les plus risqués devrait être engagée. De plus, des actions devront être entreprises à propos des modes de rémunération des intermédiaires qui interviennent aux différents stades du conditionnement de produits financiers ou des gestionnaires de “hedge funds et private equity“.

4) Beaucoup plaident aujourd’hui pour que les citoyens reçoivent une éducation financière leur permettant d’appréhender la complexité des produits offerts par le marché. Personne ne peut nier le besoin d’information des citoyens sur les enjeux de l’épargne, mais cela ne peut pas se substituer à la responsabilité de ceux qui proposent des produits financiers de l’obligation qui devraient être la leur de tenir compte du profil de leur clientèle. Dans le même esprit, il faudrait revenir sur la distinction entretenue ces dernières années entre investisseurs professionnels ou non. La crise récente démontre qu’un produit qui peut momentanément être traité entre professionnels finit par se retrouver dans le portefeuille de monsieur ou madame “tout le monde“.

5) Les enjeux en termes de concurrence doivent également être examinés. Est-il normal que la Commission européenne s’acharne à découpler les activités de grands groupes industriels dont le modèle économique a fait ses preuves, alors que ce découplage désavantagera l’Union vis-à-vis de l’un de ses principaux interlocuteurs, Gazprom, et qu’en revanche, elle refuse d’engager la moindre action à l’égard des agences de notation, des sociétés d’audit ou des grandes banques d’investissement ?

6) L’essentiel réside dans l’organisation de contre-pouvoirs et donc d’une régulation mais aussi d’une supervision adaptées qui permettent notamment une meilleure prévention et gestion des crises. Si l’on regarde pourquoi Goldman Sachs a pu se retirer des segments les plus risqués du marché à temps ou ce qui s’est passé à la Société Générale, la réponse est la même. Chez Goldman Sachs, l’une des plus anciennes et plus importantes banques d’investissement, le responsable des études avait d’abord une vision globale des marchés, disposant de davantage d’information que les superviseurs et surtout de l’oreille du PDG de la banque dont il est très proche. À la Société Générale, au-delà de la fraude, les alertes n’ont pas été assez fortes au regard des enjeux de profit. Dans les éléments, qui, en Europe, sont sur la table, tout ce qui permettra d’avancer doit être pris. Il reste qu’à terme, on imagine mal comment la question du rôle de la BCE en tant que superviseur des grandes banques pour la zone euro pourrait ne pas être posée alors qu’elle intervient de fait comme préteur de dernier ressort mais que ce sont les autorités nationales qui collectent les informations des établissements avec des structures et des exigences totalement variables. En attendant, il faut renforcer les moyens de coordination des superviseurs nationaux, harmoniser les données qui doivent être collectées par eux et donner à leur coordination des pouvoirs autonomes. Il faut aussi progresser pragmatiquement dans la supervision des acteurs trans-frontières en prenant garde de maintenir l’objectif d’une optimisation du dispositif sans attendre la prochaine crise, lorsque la pression de l’urgence liée à la crise actuelle sera retombée et que les principaux acteurs de marché trans-frontières auront obtenu ce dont ils ont besoin, mais qui ne clôturera pas le débat du point de vue de l’intérêt général.

Qui peut agir ?

L’action pour être efficace devrait articuler une maîtrise de la triple dimension des enjeux : macro-économique, de politique monétaire et de fonctionnement des marchés financiers. Elle devra aussi faire intervenir les niveaux tant international, qu’européen ou national. L’autorégulation ayant clairement montré ses limites, et les questions en jeu étant d’intérêt public, rien de tout cela ne sera possible sans un engagement fort des responsables politiques. De ce point de vue, il faut relever les enjeux d’une discussion sur ces questions à l’Eurogroupe alors que la BCE intervient comme préteur de dernier ressort et de la présidence française à venir de l’Union européenne. La question de l’achèvement du marché financier par l’élaboration d’un dispositif de supervision cohérent et adapté à la réalité du développement du marché européen était déjà sur la table avant le déclenchement de la crise de l’été 2007, puisque cela n’avait pas fait parti du mandat du Baron Lamfalussy lorsqu’il avait, en 2000, été chargé d’élaborer le plan d’action des services financiers. La crise rend cet agenda d’autant plus important. Il a des chances d’aboutir que s’il est porté au niveau politique le plus haut comme l’Allemagne a su au cours de sa présidence porter le sujet de l’énergie.

Mais dans un système financier international de libre circulation des capitaux, l'action doit aussi être internationale. Or, en la matière, il y a deux acteurs principaux, l'Union européenne et les Etats-Unis. Traditionnellement rétifs à une meilleure maîtrise de la sphère financière, du fait du lobbying des banques d'investissement de Wall Street, les Etats-Unis vont y être plus sensibles sous la pression de la crise actuelle. Il faut profiter de cette occasion pour les convaincre d'agir. Pour cela, la position européenne doit être claire et forte. Or la réglementation des services financiers est de compétence européenne. Il est temps de mettre sous pression le Commissaire responsable de ces questions et que la Commission européenne, qui a le droit d'initiative, assume ses responsabilités en la matière et fasse évoluer, au-delà de ce qui relève de la responsabilité des Etats, la réglementation selon les axes évoqués ici.

Conclusion

Le dénouement de cette crise n’est pas encore connu. Ce qui paraît pourtant déjà certain, c’est qu’elle marque un nouvel âge de la globalisation où l’inflation, du fait du prix des “commodities“ sera de retour alors qu’au cours des dix ans qui viennent de s’écouler elle a conduit à une baisse des prix. Cela va obliger les banquiers centraux à arbitrer entre taux de change et inflation, rendant leur vie plus difficile. Cela devrait conduire à de vrais ajustements et en particulier à : une baisse de la consommation des ménages américains, question difficile à résoudre sans traiter la question de la pauvreté dans ce pays ; un modèle chinois de consommation qui ne soit pas le modèle américain ; un regain de régulation et de supervision. L’une des questions que nous devons nous poser est celle de savoir si nous sommes capables de susciter l’invention des outils financiers permettant d’utiliser utilement la bulle financière qui est en train de se constituer autour des  « commodities », produits agricoles et énergétiques, au service du plus grand nombre, des emplois et du développement durable, pour lesquels des investissements importants doivent être réalisés. Saurons-nous trouver le niveau de régulation et de supervision adapté pour corriger le marché ? Saurons-nous optimiser cette prochaine bulle financière pour la mettre au service du financement de l’économie non financière ?


[1] Loi votée aux Etats-Unis en 2002 portant réforme, dans l’urgence, de la comptabilité des sociétés cotées et de la responsabilité des investisseurs après différents scandales financiers (Enron, Worldcom,...)

[2] Entreprises chargées de la notation d’entreprises ou de collectivités (Etats,...) en fonction de critères définis par une réglementation ou par les acteurs de marchés. Cette notation est un critère clé dans l’évaluation de la qualité du risque pour l’investisseur. Elles sont rémunérées par ceux qui souhaitent faire évaluer leurs produits pour les vendre sur le marché.

[3] Fonds de placement qui gèrent les biens financiers d’un Etat et les investissent dans des placements variés (actions, obligations, immobilier,...) qui sont en général de long terme.

Posted by Benoit Hamon on mars 28, 2008 at 04:43 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack

20/03/2008

Qui sont ces nouveaux acteurs qui déstabilisent les marchés financiers ?

Hedge_funds_3Le marché financier mondial, dans un contexte de liberté de circulation absolue, de taux d'intérêts bas et d'explosion des liquidités, a vu l'émergence de phénomènes et d'acteurs nouveaux.

1) Hedge Funds (fonds alternatifs), Private equity (fonds de capital investissement), Funds of Funds (FOHFs), fonds souverains, LBO (leveraged buy-outs, rachat par effet de levier ou financement d'acquisition par emprunt) et agences de notation

- Les Hedge funds et Private Equity, sont des fonds d'investissements privés établis à 70% "off-shore", pour minimiser les contraintes fiscales et législatives, qui investissent à court terme sur l'ensemble des places financières mondiales.

- Les LBOs. Ces fonds lèvent par l'emprunt les ressources nécessaires au rachat d'entreprises cotées, avec l'objectif de maximiser leurs bénéfices à très court terme (deux ou trois ans), pour pouvoir à la fois payer les marges des fonds et de leurs managers, satisfaire les investisseurs et rembourser les emprunts, ce qui conduit normalement à la fin de l'entreprise cible.

2) Réglementation lacunaire et inadaptée

Cette nouvelle organisation des marchés financiers apparait nettement moins réglementée que celle qui l'a précédée.

Les places financières off-shore permettent aux opérateurs qui y sont établis d'intervenir sur les autres places financières, tout en se soustrayant à leur régime réglementaire et prudentiel.

Le modèle de surveillance classique, basé sur le rôle de superviseur des banques centrales sur les activités bancaires, sur les règles de transparence boursière et sur le droit des sociétés, est clairement inadapté face à cette nouvelle réalité.

Les fonds échappent à la fois au contrôle des activités bancaires et à la surveillance des marchés boursiers. En Europe, l'euro et le marché unique n'ont pas conduit à une unification de la supervision, qui reste donc fragmentée et inadaptée à la nouvelle réalité.

- Les fonds souverains naissent de la volonté des Etats qui accumulent les surplus commerciaux (pays producteurs de gaz et de pétrole, économies exportatrices asiatiques), de diversifier leurs investissements au delà des réserves monétaires. Ils deviennent alors des investisseurs sur les marchés financiers, ce qui pose des questions en termes notamment d'indépendance stratégique des pays européens.
- Les agences de notation sont un élément essentiel de ce nouveau système financier. Les stratégies d'investissement de l'ensemble des opérateurs sont basées sur les notes attribuées par ces agences. Le problème est que les évaluations de ces agences ne sont pas complètement fiables, elles sont par exemple passées à côté de la crise des "subprimes", notamment pour des raisons de conflits d'intérêts entre leur rôle d'évaluation indépendante et extérieure et leur activité de consultance au bénéfice souvent des entreprises qu'elles sont censées évaluer.

Posted by Benoit Hamon on mars 20, 2008 at 02:18 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (18) | TrackBack