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04/04/2008

Révision générale des politiques publiques

AusteritePlan de rigueur : volet numéro un

La méthode est connue, depuis son élection, à chaque fois que le président de la République rencontre une difficulté face à l'opinion, il se réfugie dans un discours en forme de programme et franchit une étape supplémentaire dans le démantèlement de notre modèle social..

La présentation ce matin des 166 mesures d'économie dans les dépenses publiques est le premier volet du plan de rigueur préparé par le gouvernement Fillon. Le second volet viendra avec l'augmentation de la TVA à laquelle le gouvernement sera contraint, en raison des prévisions extravagantes de croissance sur lesquelles il a fondé son budget 2008 et en raison des pressions de plus en plus fortes de la Commission Européenne pour que la France respecte ses engagements en matière de déficit public au moment où elle va présider l'Union Européenne.

En attendant Nicolas Sarkozy et François Fillon nous présentent l'équation absurde : moins d'Etat c'est mieux d'Etat. Comment ne pas rappeler que les conséquences du recul des moyens affectés aux politiques d'éducation, de recherche, de sécurité ou de justice toucheront d'abord les conditions de vie et le pouvoir d'achat des français les plus modestes ? En effet, moins de service public gratuit, c'est immédiatement et inéluctablement, plus de dépenses pour les français.

Jusqu'à quand les français devront-ils payer le cadeau fiscal de 15 Milliards d'euros fait par le gouvernement aux plus riches l'été dernier ? Alors que le chef de l'Etat estime pouvoir économiser 9 Milliards d'euros avec ses mesures, il continue en réalité de financer les cadeaux fiscaux qu'il s'apprête à maintenir dans le budget 2009.

La rigueur a commencé, elle s’applique selon la même immuable règle, "sévère avec la majorité des français auxquels on demande le sacrifice de leurs services publics, douce avec la minorité la mieux lotie à laquelle on maintient les privilèges fiscaux." C'est proprement honteux.

Posted by Benoit Hamon on avril 4, 2008 at 08:29 PM dans Médias | Permalink

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Commentaires

On dit souvent résister c'est crer, alors que créé le ps, comme alternative...
Quand on pense à toute les inaugurations, tout les banquets, auquel le ps dit aps non, onse dit qu'il aurait bien de l'argent à économiser.
j'ai pu voir nombres de personnes, responsables, directeur, ministres... payés par l'état, se remplir le ventre, sur les impot des français.
Tou cela n'est certes qu'une, goute d'eau(comme le smic à1500euros proposé apr le ps) dans un système économique globale, bien complexe, dont la gauche devrait démocratiser la compréhension, mais la symbolisque est forte...
Quand on a connaissance aussi de ce qui se passe dans les allées de l'assemblé national, quin e dérange pas beaucoupde député, de tout ces lobbys dont la présence anti democratique, à paris commme a bruxelles, posent de sérisue questions quant à la cohérence des discours sur la démocratie, par les politiques...
Quand on voit aussi que les députés votent dans le silence le quadrupemnet de leur indémnités chomage, on se demande ou sont les beau discours du ps sur la justice social

Rédigé par : Ahmad | 5 avr 2008 12:42:25

URGENT : Salah HAMOURI menacé de 7 ans de prison !


Juste avant un procès qui doit avoir lieu le 10 avril, la "justice" israélienne propose un « marché » à la famille de Salah Hamouri : 7 ans de prison et pas de jugement ! en indiquant : "C’est à prendre ou à laisser, et si vous laissez ce sera pire ». Ci-dessous la lettre de Jean-Claude Lefort à Nicolas Sarkozy. Merci d’intervenir vous aussi auprès du gouvernement français. *

Jean-Claude Lefort

Député honoraire

Paris, le 25 mars 2008

Monsieur Nicolas Sarkozy

Président de la République

Monsieur le Président de la République,

Je m’adresse à vous de manière très solennelle au sujet de la situation que vit l’un de nos compatriotes, le jeune Salah Hamouri, pour lequel vous avez déjà été saisi sans pour autant vous engager personnellement ni vous prononcer sur son cas.

Salah Hamouri est un jeune franco-palestinien de 23 ans qui habite en territoire palestinien occupé, au Nord de Jérusalem-Est. Sa mère est française, née Denise Guidoux. Son père, M. Hamouri, connaît la situation de tous palestiniens qui résident à Jérusalem-Est : il dispose d’une carte d’identité, dite de Jérusalem, mais sa nationalité n’est pas reconnue – il n’est donc légalement ni palestinien, ni israélien. Il est de fait « sans nationalité ».

Salah Hamouri, bien que franco-palestinien, est donc légalement français.

Ce jeune homme, étudiant en sociologie, a été arrêté il y a trois ans, le 13 mars 2005 exactement, à l’occasion d’un contrôle d’identité à l’un des nombreux « chekpoint » existants entre Jérusalem-Est et Ramallah.

Arrêté sans en connaître le motif – c’est ainsi que vivent journellement, sous occupation militaire, tous les palestiniens victimes d’humiliations et d’arbitraires inouïs –, il a été conduit en prison puis ensuite traduit devant le tribunal militaire israélien d’Ofer.

Le motif, notifié ultérieurement de ces décisions, est le suivant : être passé en voiture, trois mois plus tôt, devant le domicile d’un rabbin particulièrement extrémiste, M. Yossef Ovadia, qui est aussi le chef du parti Shass qui soutient le gouvernement de Monsieur Olmert. Ce fait est combiné avec l’accusation qu’il serait membre du FPLP.

Cela a conduit la « justice » militaire à estimer que cette affiliation (supposée) au FPLP était, à elle seule, la preuve accablante qu’il avait nécessairement des intentions « négatives » à l’encontre du rabbin. Pourtant celui-ci n’a été l’objet d’aucun acte attentatoire à sa personne ou à sa vie, à fortiori de la part de Salah.

Après une période de 45 jours d’interrogatoires « spéciaux », en isolement total, Salah Hamouri a, depuis 3 ans, comparu à 25 reprises devant le tribunal militaire qui cherche à établir non pas qu’il est l’auteur d’un délit quelconque (il n’y en a pas eu) mais qu’il est bien membre du FPLP et qu’à ce seul titre il avait donc obligatoirement des « intentions » négatives vis-à-vis de ce rabbin.

Toutes les audiences (25) ont été reportées faute de témoins pouvant accréditer cette appartenance politique attribuée à Salah. Les témoins annoncés n’étant pourtant pas insaisissables : ils étaient tous des prisonniers. Il ne s’en est pas trouvé un seul, en trois ans, pour venir ou être amené à la barre pour confirmer cette « accusation ».

Or samedi 22 mars dernier, j’étais informé que le Procureur du tribunal militaire proposait à la famille, par le biais de l’avocate de Salah, ce qu’il faut bien appeler un « marché » qui a été verbalement ainsi formulé : « 7 ans de prison. C’est à prendre ou à laisser et si vous laissez ce sera pire ».

Monsieur le Président de la République, au nom de la France et de la défense des droits de l’homme, vous ne pouvez pas accepter le sort totalement injuste ainsi infligé à l’un de nos compatriotes.

Vous vous êtes prononcé pour la libération du caporal Shalit, un jeune franco-israélien, dont vous avez reçu les parents. Vous avez aussi plaidé la grâce pour les responsables de l’Arche de Zoé. Pourquoi Salah Hamouri devrait-il, lui, ne pas être secouru alors qu’il n’a commis strictement aucun acte délictueux ?

Salah Hamouri est en vérité deux fois « otage ». Il est l’otage de l’occupation israélienne et de ses conséquences. Et il est l’otage de la politique intérieure israélienne en ce que son long emprisonnement permettrait de donner des gages au parti Shass afin de renforcer son soutien, actuellement fluctuant, à la politique de l’actuel gouvernement israélien.

La France ne peut pas accepter que l’un des ses enfants soit otage pour quelque « raison » que ce soit, fût-ce une raison d’Etat qui n’est, selon Madame Rama Yade, qu’un « certain état de la raison ».

Or force est de constater que, bien qu’alertés à diverses reprises sur cette situation inadmissible, les membres de votre gouvernement en charge plus directement de ce « type » de questions n’ont à aucun moment demandé, et exigé encore moins, la libération de Salah Hamouri.

Relativement aux deux autres cas évoqués on ne peut admettre ce « deux poids, deux mesures ». En l’occurrence il s’agit, ni plus ni moins, du respect des droits de l’Homme, respect et défense dont vous avez estimé qu’ils devaient dominer la politique étrangère de la France.

Dans ce cadre vous avez même déclaré être déterminé à aller « chercher partout dans le monde » tout citoyen français victime de l’arbitraire.

La prochaine audience où le jeune Salah est convoqué se tiendra dans la deuxième quinzaine du mois d’avril. Cela risque d’être la dernière avec l’annonce de la sentence : 7 ans de prison. Sept ans alors qu’il n’a rien fait et qu’un délit d’intention supposé est la seule « charge » qui pèse sur lui.

C’est pourquoi je vous demande, solennellement, d’intervenir auprès de qui de droit pour que Salah Hamouri recouvre la liberté et son droit de vivre sa jeunesse comme tout un chacun. Infliger injustement et arbitrairement 7 ans de prison à un jeune de 23 ans qui n’a rien fait, c’est de facto condamner sa liberté et sa jeunesse à une peine de mort.

La France ne peut être complice de tout cela. La France des Droits de l’Homme ne peut accepter l’inacceptable.

Dans l’attente de votre diligente intervention pour la libération de Salah,

Je vous pire de croire, Monsieur le Président de la République, en l’assurance de mes respectueuses salutations.

Jean-Claude Lefort

Député honoraire

*Rappel : Pas besoin d’affranchir le courrier adressé à la présidence de la République :

Président de la République

Palais de l’Elysée

55, rue du faubourg Saint-Honoré

75008 Paris

CAPJPO-EuroPalestine

Rédigé par : Ahmad | 5 avr 2008 15:15:52

Merci pour votre analyse.(J'aurais juste aimé avoir plus de précisions sur les pressions exercées par la commission.)
Quel dommage que ce ne soit pas des gens comme vous, Emmanuelli ou Mélenchon qui imposent leurs points de vue au PS!
Moi, je voulais adhérer au PS après l'élection de NS. Mais le PS est-il un parti d'opposition, offre-t-il un débouché politique à ceux qui sont atterrés par la politique de notre gouvernement? Franchement, je ne crois pas. Je pense que, finalement, je vais plutôt adhérer à PRS. Mais quel dommage pour moi que toute la gauche du PS, que j'aime, dont je me sens proche, ne soit pas rassemblée dans un mouvement du type PRS!

Rédigé par : Suzon | 6 avr 2008 15:54:42

Pour étayer ce qu'indique Benoît - en gros, question de savoir qui va payer les politiques d'austérité que ce gouvernement déduit du résultat des dernières élections municipales et cantonales -, ce point qui pourrait presque passer pour un détail : l'annonce très tranquille par l'Etat, hier, qu'il cesse d'assumer le financement des "tarifs sociaux" de la sncf, tels que la carte Familles nombreuses ou les billets Congés annuels (2,2 millions de familles et 2 millions de salariés par an, respectivement).

Il laisse ce faisant la sncf assumer ces coûts, sncf qui s'empresse alors de préciser qu'elle va mettre en place une nouvelle carte, comme elle en a depuis plusieurs années le secret : promotions uniquement accessibles sur internet et par carte bancaire (salauds de pauvres, ils ont qu'à être un peu plus modernes !), jungle tarifaire et de prestataires (ID-TGV, par exemple, n'est pas vendu par la sncf, mais par un groupe privé, uniquement sur le net et par CB), tarifs imprévisibles et variants selon le degré d'anticipation de l'achat mais aussi le remplissage du train, billets moins chers "ni échangeables ni remboursables", numéro surtaxé (le 3635) pour réserver... Sncf qui est aussi parvenue à délictualiser ce qu'elle qualifie de "fraude d'habitude" : à partir de 10 procès-verbaux annuels pour défaut de titre de transport, elle poursuit automatiquement, avec à la clé jusqu'à 30.000 € et 6 mois ferme, casier judiciaire à la clé... or qui sont là encore les personnes qui ne peuvent payer leurs titres de transport ?? La "délinquance en col bleu", comme ose l'affirmer la sncf ???

Ce qu'il y a de sidérant est que ce type de pratiques émane d'un groupe dont l'Etat reste le principal actionnaire, et qui affirme de manière éhontée son droit à s'asseoir sur ses missions de service public, se payant même le luxe de les moquer publiquement (ainsi Jean Gandois, son ancien pdg auto-proclamé "plutôt de gauche" - toute la nuance est dans le "plutôt"...) que "la sncf n'a pas pour vocation de perdre de l'argent"... Groupe qui supprime des lignes de train estimées non rentables, en les remplaçant par des lignes de car moins nombreux, avec moins de places assises, moins confortables et plus chères... Groupe qui recoure de manière massive à des prestataires privés (personnels de train des ID-TGV, entre autres...)... etc, etc, etc.

En clair, c'en est terminé des cartes Familles nombreuses et des billets Congés annuels, même si ce gouvernement, relayé par la sncf, noie le poisson en jurant la main sur le coeur qu'ils vont mettre en oeuvre des dispositifs "plus adaptés", "plus modernes", "plus individualisés".

Ah, la gloire de l'individu, et de sa liberté !! Liberté du poulailler libre, face à un renard libre. Avec la sncf comme laboratoire ("plutôt", du coup, toute la nuance étant dans le "plutôt"...) social.

Rédigé par : Thierry Seveyrat | 10 avr 2008 05:06:54

Il faut ajouter que cette impotence économique et sociale, théorisée, organisée et assumée, se double d'un populisme législatif et institutionnel nouveau, dont ce gouvernement se veut l'expérimentateur, et le dépositaire.

Aujourd'hui ce gouvernement ne dépose pas de textes législatifs pour qu'ils soient appliqués, ou applicables, mais pour afficher une posture à l'égard de l'opinion, la prendre à partie, et la manipuler. Peu importent les conséquences - et les inconséquences - des textes en question.

Ainsi de la rétroactivité de la loi sur la rétention de sûreté, dont Sarkozy a contesté l'annulation par le Conseil Constitutionnel, en référant directement au Président de la Cour de Cassation pour la faire quand même appliquer. Sarkozy connaissait par avance l'impasse de sa gesticulation : mais elle permettait de prendre l'opinion à partie, en faisant passer le Conseil Constitutionnel pour laxiste et criminogène, car (je cite NS himself) "j'aimerais qu'on ne mette pas ce principe de la rétroactivité au service des criminels les plus dangereux".

Ainsi des centres de rétention pour mineurs, de l'automaticité de peines en cas de récidive, des reconduites à la frontière au chiffre. Entre autres.

Ainsi plus largement de toutes les lois sécuritaires, comme le précise très justement Laurent Mucchielli, sociologue au CNRS, qui évoque une "frénésie sécuritaire. Tout se passe comme si la fonction de la loi était désormais moins réformatrice que symbolique ou déclarative . Tout se passe comme si, paradoxalement, la lutte contre l'insécurité devenait moins un problème qu'une solution pour les pouvoirs publics : le moyen d'afficher leur détermination et de montrer qu'ils agissent".

Il publie ces jours-ci l'éponyme "La Frénésie sécuritaire : retour à l'ordre et nouveau contrôle social" (édition La Découverte, 138 pages, 10 euros), où il pointe précisément l'émergence d'un "nouveau populisme pénal" qui va jusqu'à la militarisation des moyens de la police, notamment en banlieue. Il y stigmatise la "nouvelle culture du contrôle" et son visage tantôt souriant, tantôt autoritaire, que je résume pour ma part sous l'idiome de sarkozo-populisme.

Nous sommes loin d'en avoir vu encore toutes les ficelles, mais il n'est pas trop tôt pour commencer à le détricoter...

Cf. http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=466399&xtor=RSS-96
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/04/08/libertes-publiques-les-abus-securitaires-sous-surveillance_1032099_3224.html

Rédigé par : Thierry Seveyrat | 10 avr 2008 05:07:27

Que pensez vous faire pour empecher que le décret visant a priver de revenus tous fonctionnaires qui aura refusé 3 propositions de postes dans le cas de suppression de services ??? C est purement scandaleux quand on sait que le but c est de casser le service public, et de virer purement et simplement les fonctionnaires (santini l'a carrément dit hier soir !!). et que des propositions il n y en aura pas puisque le gouvenement veut supprimer de nombreux services et remplacer les fonctionnaires par des cdd ou des intérimaires.

Rédigé par : marie | 10 avr 2008 20:07:45


le Tibet, la Chine et les J.O.


article de la rubrique international
date de publication : vendredi 11 avril 2008


Pourquoi sommes-nous capables de projeter nos envies de liberté, d’égalité, de solidarité sur les Tibétains, et dans le même temps incapables de résister à l’effondrement de ces valeurs dans nos propres sociétés ?

Hyères, le 10 avril 2008

Les manifestations de ces dernières semaines pour ou contre les Tibétains traduisent une méconnaissance profonde des réalités tibétaines et chinoises . Elle produit des réactions partisanes, peu étayées, qui ne permettront pas de faire avancer raisonnablement le débat (mais y a-t–il vraiment débat ?) sur la question tibétaine ni sur celle des J.O. qui lui est liée aujourd’hui.

Ainsi s’agit-il une nouvelle fois de désigner le Mal d’une manière toujours caricaturale, comme si nous ne parvenions pas à nous défaire du manichéisme pluriséculaire véhiculé jusqu’à l’écœurement par les Eglises et les idéologies nationalistes ou socialistes.

Il n’est pas juste de sanctifier les Tibétains aujourd’hui et de continuer d’oublier que c’est l’ensemble des populations de Chine qui souffrent de l’absence de libertés fondamentales et de droits sociaux élémentaires.

Il n’est pas juste de dénigrer la lutte des Tibétains au prétexte qu’avant l’intervention militaire chinoise de 1949 le servage existait au Tibet et l’analphabétisme était généralisé dans un territoire arriéré. Ce genre d’arguments sert aujourd’hui aux partisans d’une relecture de l’histoire coloniale de la France par exemple. Or en quoi le fait que les Français aient apporté l’école, le chemin de fer, ou leur conception du droit, aux peuples qu’ils dominaient, change-t-il quoi que ce soit à la tragédie coloniale ?

Il n’est pas juste de rejeter la lutte des Tibétains au prétexte que leur porte-parole est un chef spirituel. C’est ignorer la manière dont peuvent se forger les identités des peuples. C’est aussi croire que spiritualité = religion = fanatisme et théocratie. Depuis vingt ans, la revendication des Tibétains faut-il le rappeler est celle de l’autonomie et de la démocratie.

Il n’est cependant pas juste de faire des Tibétains des apôtres d’une démocratie idéale martyrisés par des Chinois totalitaires. Tout d’abord parce qu’il ne faut pas exclure un certain opportunisme de la part de Tibétains, recherchant des appuis diplomatiques en Occident. Il est possible aussi de se poser des questions sur la montée d’un courant d’opposition radicale au Tibet pouvant déboucher sur un extrémisme politico-religieux peu recommandable. Enfin de quoi parle-t-on en Occident quand on manifeste pour la démocratie ? D’un modèle occidental qui n’en peut plus de patauger dans ses contradictions ? De libertés individuelles menacées dans des sociétés de plus en plus inégalitaires ?

A vrai dire, la question tibétaine devrait être abordée de manière simple et sans passion :
Le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, devenu depuis 1918 un pilier du droit international, doit-il s’appliquer au Tibet ? Oui, mais à condition que les Tibétains, dans leur majorité, aient pour objectif politique l’indépendance. Est-ce le cas aujourd’hui ? Il ne semble pas. Et cela pour quantité de raisons : l’histoire du Tibet est étroitement mêlée à celle de la Chine ; les lois chinoises offrent un cadre juridique à une véritable autonomie du Tibet, il y a donc là un enjeu de combat qui ne passe pas forcément par une rupture sino-tibétaine ; la Chine devient une grande puissance et il est probable que le régime politique actuel sera amené à évoluer, deux facteurs qui peuvent être favorables à un Tibet inséré dans une Chine fédérale ; des Chinois, nombreux, vivent au Tibet, rendant la situation plus complexe et une évolution à la Bosniaque ou à la Tchétchène possible en cas de proclamation d’indépendance ; sur le plan géopolitique, un Tibet indépendant serait l’objet d’une lutte d’influence extrêmement dangereuse entre l’Inde et la Chine.

Tout cela ne veut pas dire que l’on doit cultiver l’indifférence par rapport à la situation du Tibet. Il est juste d’y dénoncer la répression massive, de ne jamais perdre de vue le respect de la dignité humaine et des droits fondamentaux de la personne.

Mais je souhaiterais que toutes celles et ceux qui s’émeuvent du sort des Tibétains, signent des pétitions, manifestent dans la rue, portent aussi leur regard sur d’autres violations des droits, ailleurs dans le monde, et qu’ils se mobilisent également en France, quand les autorités discriminent, fichent, expulsent au mépris des droits les plus élémentaires des étrangers et des exclus sociaux par exemple.

Si ce n’est pas le cas, c’est en partie parce que la question tibétaine est liée à celle des J.O. de Pékin. La juxtaposition des Jeux et de la violence politique dérange ; il faudrait que la Chine joue, le temps d’une saison, à ne pas trop montrer qu’elle n’est pas une démocratie. La candeur en ce domaine rejoint l’ignorance. S’agit-il, pour les Occidentaux friands de spiritualité orientale, de se donner un supplément d’âme ? Il aurait fallu une mobilisation des opinions, des gouvernements, du CIO, avant même la désignation de la Chine. Elle n’a pas eu lieu car les J.O. ne sont pas l’affaire des hommes mais celle d’un système.

En 1936, les jeux ont lieu à Berlin, organisés par les nazis, dans une Allemagne totalitaire ayant érigé la discrimination raciale en principe de gouvernement. C’est alors un triomphe pour Hitler. Démonstration est faite que les J.O. ne sont qu’une manifestation politique de la puissance, et d’un rapport de force international.

En 1968, quelques jours avec l’ouverture des jeux de Mexico, l’armée mexicaine fait feu sur les étudiants et laisse 300 morts dans la rue. La fête des jeux a lieu normalement. Démonstration est faite que les J.O. ne sont qu’ une manifestation destinée à légitimer un ordre politique et social.

Aujourd’hui, ni le CIO , ni les gouvernements, ni l’ONU ne sauraient remettre en cause une manifestation qui consacre d’abord la victoire du capitalisme libéral en Chine, offre aux entreprises mondialisées des perspectives de profits gigantesques, légitime un pouvoir qui satisfait les marchés, et colle parfaitement à la trinité nouvelle : marché, sport, communication, autrement dit, fric, fric, fric, ou compétition, compétition, compétition.

En d’autres termes, s’il fallait boycotter les J.O. ce serait bien parce qu’ils se servent de la popularité du sport pour consacrer la déshumanisation du monde.

Les enjeux tibétains ne sauraient donc croiser ceux des Jeux de Pékin. Alors, oui, dénonçons la répression au Tibet , mais au-delà de l’émotion qui passera vite, et des stéréotypes stérilisant, la crise tibétaine peut-être une occasion de penser le monde autrement, notamment de nous demander pourquoi nous sommes capables de projeter nos envies de liberté, d’égalité, de solidarité sur les Tibétains, et dans le même temps incapables de résister à l’effondrement de ces valeurs dans nos propres sociétés.
Gilles Desnots

Rédigé par : Ahmad | 12 avr 2008 11:19:00

Tous les éclairages sur la "RGPP" (restriction généralisée des politiques publiques) ici :
==>

Pourquoi s'en prend on toujours aux mêmes dépenses sociales, aux profs, aux gendarmes et policiers (-9500, au détriment de notre sécurité), à notre armée (-42000 emplois en 7 ans prévus !, pour mieux la remettre dans l'OTAN sous commandement américain) ?

Pourquoi y a t il des dépenses taboues, telles celles induites par les décentralisations ratées, les baronnies locales ? Et aussi par l'Europe de Bruxelles qui chaque année nous coûte 3 milliards d'euros (!) en plus que ce qu'elle nous rapporte. Et ça passera bientôt à 5 milliards par an avec les élargissements qui se profilent !

C'est non politiquement correct d'en parler ?

L'Europe = le veau d'or des médias, et du Système UMPS Modem en général ?

Quelle tristesse, quel esprit antidémocratique.

Changeons, enfin.

www.levraidebat.com

Rédigé par : Alex | 17 avr 2008 10:34:31

Le lien sur la RGPP, à diffuser massivement, ICI :

==> http://www.levraidebat.com/article-18004673.html

Rédigé par : Alex | 17 avr 2008 10:35:14

j'ai honte pour la france, les tibetains par représaille, croyant etre colonisé par l'occident, au début du siecle précédant, ont inventé le nazisme et ses millons de morts et maintenant ?,
ils veulent que nous les vénérons comme dieu, ?
oui ce sont en vérité de trés fort parapsychologues, avec un pouvoir de sugestion réel,
mais pour le reste c'est la plus grosse escroquerie 'spirituelle' du 20° siecle.
et en plus,
1° de quel coté sont-il,
2° ils sont réfugié politique ?,
et ils veulent foutre la merde chez nous,
ils ne parlent meme pas notre langue,
mais ils recupérent notre fric.

quand nous nous arréterons de nous faire avoir par cette bande d'escrot.

Rédigé par : MEYER | 20 avr 2008 12:41:19

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