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30/04/2008
1er Mai
Depuis de nombreuses années, je participe aux défilés du 1er Mai. Cette année, l'importance des attaques du gouvernement contre les intérêts des salariés justifie une mobilisation importante. Je serai donc sur le pavé parisien à leurs côtés, à partir de 14h30, Boulevard Voltaire près du métro St Ambroise.
Bonne manif à tous !
Posted by Benoit Hamon on avril 30, 2008 at 02:59 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Banquet de "Gauche avenir"
Lundi 5 mai, Benoît Hamon participera au Banquet Républicain de Gauche Avenir à Choisy-le-Roi.
Plus d'informations sur le site de Gauche Avenir.
Posted by Benoit Hamon on avril 30, 2008 at 02:54 PM dans Sur le terrain | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack
Le FMI en crise?
A l'occasion de la réunion de printemps du Fond Monétaire International et de la Banque Mondiale, "New europe" a réalisé un dosssir spécial "le FMI en crise?". Dominique Strauss Kahn, directeur du FMI, Lorenzo Bini Smaghi membre du directoire de la BCE, Alex Wilks diecteur de l'ONG Eurodad à Bruxelles ou moi même, avons été interrogés sur la crise de légitimité du Fond. Le dossier complet : http://www.neurope.eu/focus.php.
Voici mon article (seulement en anglais).
"In the current international debate on the reform of the IMF, it is I believe useful to have a look at the original mandate given to this international financial institution. The articles of agreement of 1944, still in force today, though perhaps forgotten by some, include the following objectives:
- to promote international monetary stability,
- to facilitate the expansion of international trade, and to contribute thereby to the promotion and maintenance of high levels of employment and real income,
- to promote exchange stability and to avoid competitive exchange depreciation,
- to lessen the degree of disequilibrium in balances of payments.
Looking at this mandate and at the disaster of the current financial crisis, at the use and abuse of exchange rates to favour exports, at the trade deficits and surpluses of leading economies, at the threat of a global economic slowdown, it would be logical to conclude that the IMF is exactly what the world needs! Reality is somewhat different. For a lot of historical reasons, the IMF transformed itself into a mixture of a banker, fire fighter and policeman figure. Lender of last resort for many poor countries, it is willing to lend money only in exchange of painful social and economic reforms. As a policeman, the IMF exerts a continuous surveillance on the policies of these countries.
The IMF is also called in by not so poor countries as a fire fighter to extinguish the flames of major financial crisis, and indeed the IMF normally succeeds in this task, though the methods used are often considered too drastic by the beneficiaries. Today, once habitual clients of the IMF in Asia and South America are repaying their IMF debts in advance, and accumulating huge monetary reserves, so as to free themselves from the rule of the IMF. This creates also a very practical problem for the IMF, whose financing depends on the profits of its lending activities. The problem of the IMF is also a governance issue. Based on a baroque system of “constituencies” and on the principle of “one dollar one vote”, the governance of the IMF is criticised on many grounds: transparency, accountability, democratic legitimacy, geographic unbalance.
The challenges facing Dominique Strauss Kahn are numerous and difficult. The proposed reform of the voting rights distribution, the renewed focus on international financial stability (as opposed to focusing on structural adjustment policies of poor countries), the attention given to new issues such as the rising prices of basic foodstuffs, all seem to go in the right direction. Clearly though, the project of restoring the credibility of the IMF as an efficient guardian of international financial stability is a long term one. Much depends of course on the members, especially on European countries, whose cumulated voting rights actually exceed those of the Unites States, the relative majority shareholder.
The European Parliament called on the EU Member States, “to work towards a single voting constituency - possibly starting as a Euro constituency, with a view, in the longer term, to securing consistent European representation, involving the Ecofin Council Presidency and the Commission, subject to the European Parliament’s scrutiny”. Such a move would simplify the governance of the IMF, logically complement internationally the internal competences of the EU and of the Eurozone, and prove the determination of the EU to effectively contribute to a more stable and fair international financial system.
Posted by Benoit Hamon on avril 30, 2008 at 09:36 AM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
28/04/2008
à Washington DC
J'étais de vendredi à dimanche à Washington en compagnie de Jonathan Evans, président de la délégation du Parlement Européen pour les relations avec le Congrès US. En dehors des contacts "classiques" avec les autorités américaines, j'étais curieux de saisir l'humeur des américains à propos des primaires démocrates. Je me suis rendu samedi après midi dans un quartier de Washington à dominante latino où de jeunes volontaires parcourent les rues pour encourager leurs concitoyens à s'inscrire sur les registres électoraux. Cette séance était organisée par le "Congressional Hispanic Caucus Institute" dont un des objets est de détecter et faire émerger la nouvelle génération de leaders hispaniques. Les militants rencontrés sur place ont salué le rôle des Clinton durant le mandat de Bill, mais mes interlocuteurs voteront pour Obama et l'esprit de changement qu'il incarne. C'est ce même état d'esprit que j'ai retrouvé dans les paroles véhémentes d'un chauffeur de taxi, nigérian d'origine et citoyen américain depuis 4 ans, scandalisé qu'Hillary toujours derrière Obama en nombre de délégués, puisse proposer à ce dernier d'être son Vice-Président. Mais tous mes contacts comme la lecture de la presse US confirment les inquiétudes des Démocrates sur la durée de ces primaires, les traces qu'elles laisseront dans le camp Démocrate et le risque qu'elles affablissent significativement le vainqueur.
Posted by Benoit Hamon on avril 28, 2008 at 01:49 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack
Travaux de la Forge
Deux nouvelles notes de la Forge accompagnées des vidéos des auditions
- Serge Portelli, Magistrat, 1er vice président du Tribunal de Paris et auteur de "récidivistes, chroniques de l'humanité ordinaire". Introduction à l'audition : Nouvelles punitions, nouvelles surveillances, la thématique de l’insécurité a pris une force particulière aux dernières élections françaises cependant que la recherche sociologique démontre l’écart entre l’obsession sécuritaire et les menaces objectives pesant sur les biens et les personnes dans notre société (1). Robert Castel rappelle toutefois que cette thématique traduit un rapport à l’Etat intrinsèquement contradictoire : « l’Etat de droit ne peut que décevoir cette demande de protection totale car la sécurité totale n’est pas compatible avec le respect absolu des formes légales » ; « Un Etat démocratique ne peut être protecteur à tout prix parce que ce prix serait celui de l’absolutisme du pouvoir d’Etat »(2) .
- Nasser Mansouri, membre du Comité Economique et Social auteur du rapport "dynamiser l'investissement productif". Voir la vidéo de l'auditition.
Posted by Benoit Hamon on avril 28, 2008 at 10:23 AM dans Invités | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
26/04/2008
De Strasbourg à Washington
De retour de session au Parlement Européen à Strasbourg, et à la veille de mon départ pour Washington, j'ai enregistré une série de vidéos que vous retrouverez ces prochains jours sur le site.
Dans celle ci, je reviens sur le contenu de ce séjour qui aura pour but de préparer la visite des représentants du Congrès américain à Ljubljana en juin dans le cadre de la présidence slovène. Nous traiterons notamment du sujet du réchauffement climatique. Je rencontrerai également ce week-end les syndicalistes américains de l'AFL/CIO et je participerai à un meeting de mobilisation de la communauté hispanique en faveur de Barack Obama à Washington.
N'hésitez pas à réagir aux derniers développements des primaires aux USA, je vous ferai part de mes impressions sur ce voyage à mon retour.
Posted by Benoit Hamon on avril 26, 2008 at 09:26 AM dans Opinions | Permalink | Commentaires (4) | TrackBack
Sur Public Sénat jeudi 24 avril
Benoît Hamon était hier invité de "Bouge la France" sur Public Sénat pour réagir à l'interview télévisée de Nicolas Sarkozy.
Retrouvez ses interventions dans la deuxième partie des débats à partir de la 41ème minute.
Posted by Benoit Hamon on avril 26, 2008 at 09:19 AM dans Médias | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
23/04/2008
"Mitterrand et Vichy" sur France 2
J’ai visionné hier soir le film réalisé par Hugues Nancy consacré à l’épisode des révélations du livre de Pierre Péan sur la jeunesse de François Mitterrand (*). Le film était précédé d’un docu-fiction réalisé par Serge Moati sur la « guerre » de François Mitterrand, du stalag à la résistance en passant par Vichy. Les deux films complémentaires illustrent la complexité de l’époque et combien le « bouclier » Pétain a pu rallier l’adhésion d’une grande majorité de français déboussolée par la débâcle puis l'occupation. Ils permettent tous les deux de comprendre l’évolution d’hommes, pétainistes mais anti-allemands, de l’administration de Vichy vers la résistance.
Ce que j’ai apprécié par-dessus tout dans le film d’Hugues Nancy, c’est la manière dont il parvient à distinguer ce qui relève de la « cohérence » d’une trajectoire politique et ce qui appartient à ce que j’appellerai pudiquement, la complexité de François Mitterrand.
La cohérence, elle se révèle au fur et à mesure des témoignages et des analyses des historiens dans cette France anéantie par une défaite et un armistice humiliants, déchirée par l’exode de millions de français, coupée en deux par l’occupation et vidée de ses forces vives, prisonnières en Allemagne. On comprend la construction politique de François Mitterrand. Et on approche d'avantage la réalité historique dans ce portrait d’une France « en gris » dépouillée de l’imagerie gaulliste d’une France « vainqueur » de la 2ème guerre mondiale.
La complexité tient principalement en deux épisodes et en un regret. Il y a d’abord la relativisation des lois antijuives votées par Vichy et dont François Mitterrand ne retient que le chapitre concernant les juifs étrangers. Et s’il n’y a aucun doute sur le fait que François Mitterrand n’ait jamais été antisémite, on apprend qu’à l’époque il n’y avait pas – à ses yeux- de spécificité, de singularité à la souffrance des juifs. « Tout le monde souffre » dit il à Irène et George Dayan à Alger en 1943.
Il y a ensuite, cette relation inexplicable après guerre avec René Bousquet, organisateur de la rafle du Vel d’Hiv. Les deux films n’apportent pas plus d’explication à ce lien durable entre le leader de la gauche française et l’ancien chef de la police française durant l’occupation. C’est mon seul regret. Mais je comprends qu'évoquer trop longtemps cette rencontre qui eût lieu "après guerre" pouvait éloigner le documentaire du sujet central : le rôle de François Mitterrand "pendant la guerre" (même si la carrière politique de François Mitterrand doit beaucoup aux amitiés nouées pendant la guerre).
Je me souviens enfin qu’en 1994 au moment de la publication de ce livre, j’étais président du Mouvement des Jeunes Socialistes. J’avais, à l’époque, décidé de m’exprimer publiquement. Dans un communiqué de presse, j’avais exprimé mon indignation à l’égard de cette « amitié durable » avec René Bousquet. J’avais ensuite été happé par la tourmente politique créée par ces révélations et accentuées par les réactions qu’elles suscitaient. Hugues Nancy s’en souvient bien, il était membre du Bureau national du MJS à l’époque. Il se souvient de la sincérité du trouble collectif qu’avait provoqué ce livre. Il se souvient de notre dégoût devant la violence des arguments de quelques vieux grognards du mitterrandisme. Il se souvient de notre malaise devant l’exploitation politique de ces révélations par les adversaires de François Mitterrand dans et hors du PS et l’instrumentalisation de notre réaction. Merci à Hugues, 14 ans plus tard, d’avoir mis de la distance, de la rigueur et de l’analyse au milieu des passions pour proposer cette lecture fiable d’une époque et d’un homme, denses et intenses.
Posted by Benoit Hamon on avril 23, 2008 at 12:19 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (9) | TrackBack
Invité de "Bouge la France" sur Public Sénat le 24/04 à 22H15
Posted by Philippe Hubert on avril 23, 2008 at 10:15 AM dans Sur le terrain | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
21/04/2008
France Info : invité le 19 Avril
Posted by Philippe Hubert on avril 21, 2008 at 03:34 PM dans Médias | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack
Débat : l'avenir de la gauche
J’ai participé à un débat pour le journal l’Humanité sur la question de l’avenir de la gauche, avec Marie-Pierre Vieu, membre du Comité exécutif national du PCF, vice-présidente de la région Midi-Pyrénées.
Vous trouverez ci-dessous son intégralité.
L'expérience italienne
Benoît Hamon. Les résultats des élections italiennes sont une mauvaise nouvelle pour les Italiens et pas une bonne nouvelle pour la gauche européenne. Berlusconi après Sarkozy, ça fleure bon le retour d'une droite dure sur les questions sociales et d'immigration. D'une droite très idéologique. C'est la onzième défaite des sociaux-démocrates à une élection nationale depuis novembre 2006 : l'Estonie, Malte, l'Irlande, le Danemark, la Suède, la France, l'Italie, les Pays-Bas et j'en oublie... On peut toujours se cacher derrière le grand « Z » de Zapatero pour penser que la social-démocratie se porte bien en Europe. En vérité elle se porte très mal. Elle est en crise et l'origine de cette crise est assez simple : c'est la crise des modèles sociaux nationaux. Il n'y a pas d'Europe sociale, mais il y a des phénomènes économiques mondiaux, la mondialisation qui percute les modèles sociaux et encourage les politiques de modération salariale. Aujourd'hui, aucun modèle social d'un pays européen n'est en capacité de résister seul à cette remise en cause systématique des protections des salariés. Et, comme la gauche dans son ensemble est associée à la construction de ces modèles sociaux et que tout le monde constate que les droits des salariés et les droits sociaux s'amenuisent, qu'on fait de la croissance mais qu'on ne redistribue pas sous forme de salaire, que le pouvoir d'achat se dégrade, on a aujourd'hui une vraie crise de la vocation ou de l'utilité de la gauche. Ça produit les résultats électoraux qu'on connaît. Pour ce qui concerne ma famille politique, c'est une question lourde : faut-il poursuivre avec une offre politique de centre gauche ? J'observe que ça fait trois fois successivement en France depuis 1995 qu'on perd avec une telle offre. Est-ce que la social-démocratie européenne doit continuer d'être la compagne du camp libéral et conservateur, et de ne faire que gagner du temps pour conserver la Sécu, les services publics, sans conquérir aucun droit supplémentaire, alors que le contexte plaide plutôt pour la régulation avec la crise des subprimes et la crise alimentaire ?
Marie-Pierre Vieu. La victoire de Berlusconi c'est d'abord l'échec du gouvernement Prodi. Il faut revenir aux sources de ce qui est en débat dans toute la gauche - et j'insiste sur cette notion : « toute la gauche ». On a une droite dure qui s'installe sur toute l'Europe, il y a des similitudes grandes entre Sarkozy et Berlusconi. Je prends pour preuves ses premières déclarations en matière de privatisation, de réforme judiciaire, de discriminations et d'immigration. L'échec de Veltroni m'interpelle, mais plus généralement l'échec de la gauche. Il n'y a plus aucune représentation des communistes ni de la gauche de transformation. Je constate que quand la social-démocratie a tendance à aller vers le centre, vers la droite, à « se social-libéraliser », ça n'ouvre pas un espace pour une gauche alternative, antilibérale ou plus musclée. Ignorer la question de la gauche tout entière, d'une politique de gauche à vocation majoritaire, ne conduit qu'à une crise plus aiguë de la gauche dans toutes ses composantes. Plus généralement, tu viens de poser des questions lourdes. Il y a la question de la crise de la social-démocratie. Nous, communistes, ressentons qu'il y a une dérive libérale, une social-libéralisation de la gauche. Il y a aussi la crise existentielle du communisme, qu'on n'a pas réglée depuis plusieurs congrès, qui porte à la fois sur ce qu'est le communisme et son parti. Il y a donc une crise plus générale de la gauche. Qu'est-ce qu'elle est au XXIe siècle ?
Les communistes veulent toujours transformer la société et pensent que la lutte des classes est toujours d'actualité. Mais tout cela est à retravailler, et il faut également se rénover. C'est aujourd'hui ce débat qui m'intéresse parce qu'il peut ouvrir un espace qui soit autre chose qu'une recomposition politique, et qui permette de battre durablement la droite. Dernière chose, à propos de l'Italie : il ne faut pas se livrer à des conclusions hâtives. Mais additionner simplement les forces à la gauche du PS ne permettra pas d'ouvrir une perspective politique ni de résoudre les problèmes. La perspective politique ne naîtra pas de la dérive à droite du PS, ni de son exclusion, mais d'une rénovation idéologique et politique, de débats de fond.
Archaïsme et modernité
Benoît Hamon. Il faut se convaincre que nous incarnons la modernité de la gauche. La modernité, c'est la rupture avec le cadre de pensée traditionnel. L'offre politique de la social-démocratie est une offre de centre-gauche : extrêmement modérée sur les questions économiques, relativement raisonnable sur les questions sociales, assez offensive sur les questions sociétales. On s'est présentés avec cette offre politique à trois présidentielles successives. On a perdu trois fois. Sur quoi sommes-nous attendus ? La crise des subprimes pose avec urgence la question des régulations dans des secteurs qui s'opposent à toute forme de réglementation. Aux États-Unis, quand il s'agit de savoir s'il faut protéger tel ou tel secteur stratégique parce qu'il y a des emplois à conserver, de la croissance ou du business à faire, les Américains posent des barrières au libre-échange. On fait de même en Amérique du Sud. Aujourd'hui, en Europe, on est dans un carcan. Dès lors qu'on pose les questions de la restriction au libre-échange, on est caractérisé comme protectionniste ou dangereux gauchiste. Je pense qu'on est capable de démontrer que les réponses de gauche en matière économique, celle de la relance de la demande et de l'investissement, celle d'un équilibre entre ouverture des marchés et protection des secteurs industriels, celle de la nécessité de fixer d'autres objectifs à la banque centrale que la stabilité des prix qui conduit à la modération salariale, sont plus efficaces économiquement. Oui, il y a de l'espérance dans les solutions de gauche parce que ce qui nous intéresse, ce n'est pas seulement l'efficacité économique mais sa destination. Nos solutions sont plus efficaces économiquement et plus justes socialement. Et en s'emparant des questions d'environnement, on peut justifier de l'urgence à remettre de la règle, de l'intervention publique, de la planification pour maîtriser la croissance de l'économie mondiale. La modernité est là, et les archaïques sont ceux qui nous proposent de réexpérimenter les solutions qui ont échoué depuis maintenant dix ans. C'est pourquoi il y a la place pour un dialogue nouveau à gauche et il va falloir ouvrir grand les portes et les fenêtres.
Marie-Pierre Vieu. Je partage ce que tu as dit. Mais sur la question de la modernité, le débat n'appartient pas uniquement à la gauche. La victoire de Sarkozy sur le mot d'ordre de « travailler plus pour gagner plus » et la politique qu'il mène montrent qu'on est sous le coup d'une bataille politique et idéologique. Les combats dont tu as parlé sont évidemment ceux qu'il faut mener. Tant qu'on n'aura pas changé le rapport des forces à ce niveau idéologique, on sera confronté à des questions lourdes. Une partie de la gauche a renoncé à transformer la société comme tu l'as dit, et elle dérive vers une gauche « morale » mais qui est sur le fond en difficulté. La modernité c'est nous, je suis d'accord, mais nous ne sommes pas perçus comme tels. La question est posée au Parti communiste aussi. Il y a des choses qui avancent. Pour autant, on reste en difficulté sur l'ensemble de nos réponses. Et un parti comme le nôtre ne pourra pas être perçu comme un parti d'avenir, utile pour l'alternative, sans la solution de ces problèmes. Il y a, oui, cette campagne sur les archaïques et la modernité que tu dénonçais, mais il y a aussi un gros effort à faire sur nous-mêmes. La droite a fait ces dernières années un travail immense. Sarkozy a su remettre au goût du jour un projet de société très libéral, il mène une vraie politique de classe. Et il a su traduire ce projet en mesures concrètes et se doter d'un instrument politique avec l'UMP. Même si la dernière séquence électorale met Sarkozy à mal, la gauche n'a pas gagné le débat de l'alternative. Il faut donc refonder notre offre politique, en termes de stratégie, mais aussi en termes d'offre structurelle qui corresponde à la période d'aujourd'hui.
La gauche face aux défis
Benoît Hamon. Il y a une chose à laquelle nous devons travailler, vous comme nous. Si nous nous fixons l'objectif de revenir au pouvoir, il faut préparer dès maintenant « la France d'après », anticiper sur la situation qu'on aura dans 4 ans et penser les solutions, les instruments de transformation sociale qu'on mettra en oeuvre à ce moment, au niveau européen comme au niveau national. D'ici 4 ans, la situation sociale se sera considérablement dégradée, les violences dans la société seront encore plus vives qu'aujourd'hui et, simultanément, l'ensemble des instruments auxquels on peut faire appel pour éduquer, préparer l'avenir, redistribuer la richesse, se seront dégradés parce que la politique de rigueur réduit le périmètre de l'intervention de l'État. Il y aura donc un paysage plus dur et des instruments plus faibles. Et cela dans un environnement européen - il peut changer d'ici là -, avec un pacte de stabilité et de croissance qui contraindra nos marges de manoeuvre. Il faut dire maintenant que si on ne change pas d'instruments, ça ne marchera pas.
Quel est le problème de la gauche ? On est les meilleurs de la classe pour gouverner. Mais sur le coeur du projet de la gauche - la transformation de la société pour la rendre plus juste, plus égale -, nos instruments sont appauvris et dégradés. Il faudra poser les coordinations des politiques européennes, la question de l'harmonisation fiscale, la question de l'harmonisation sociale, et surtout la question du pacte de stabilité et de croissance qu'il faut remettre en cause parce qu'on a besoin aujourd'hui d'investir. On n'est pas des gauchistes en disant cela, même le patron de la Banque fédérale américaine, même Romano Prodi disent que le pacte de stabilité est une stupidité. Il faudra ensuite d'avantage de progressivité dans l'impôt : je suis pour la fusion de la CSG dans l'impôt sur le revenu, ça fera des débats entre nous, mais il faudra réhabiliter l'impôt et sa progressivité ! Prenons les retraites. Il y a de plus en plus d'inactifs et de moins en moins d'actifs. Tout plaide pour dire que si on veut garder un système de retraites, il faut transférer une part du financement sur les individus et non plus sur la solidarité. Et malheureusement beaucoup de salariés en sont convaincus. Je pense qu'il faut être imaginatif et revenir à des solutions simples. Les exonérations de cotisation sociale au patronat, c'est 28 milliards d'euros. Philippe Séguin, le président de la Cour des comptes, dit qu'on pourrait mettre à contribution les revenus tels que les stock-options : il y a là 4 milliards de cotisations supplémentaires à dégager. Faut-il continuer à transférer 7 milliards du régime général vers les régimes des commerçants et artisans ou agriculteurs ? Enfin, nous sommes le pays où il y a le plus fort taux d'épargne : 16 % du PIB. Il y a 1 000 milliards d'euros dans l'assurance vie ! Est-ce que 1 % de ces revenus pourraient être mis à contribution pour la solidarité ? Voilà, j'ai évoqué 4 solutions. Aucune n'est une aberration économique ni ne provoquera de fuite de capitaux... Mettons en débat les solutions de la gauche au lieu d'être défensifs sur celles de la droite. Le problème est que cela fait vingt ans qu'on cultive la trouille, dans la gauche.
Marie-Pierre Vieu. Depuis sa première expérience gouvernementale, la gauche, en arrivant aux affaires, est restée scotchée dans un creuset. Cela l'empêche de prendre en compte les changements de la société et donc les changements à opérer. Je partage la description de la société telle qu'elle sera dans quatre ans, sur le social, la violence... Être aussi très attentif à ce que vont être la politique internationale de la France et sa place dans le monde. Je pense aussi, tu l'as évoqué, au démantèlement de tout ce qui est lpublic, y compris à ce qui est de la compétence des collectivités territoriales avec la décentralisation, et la politique de la droite en matière de destruction d'emplois publics. On n'est pas seulement face à des reculs sociaux. Il s'agit de reculs culturels. Je suis aussi très inquiète pour l'état de la société avec la politique communautariste du gouvernement et les politiques locales menées par la droite. Or, la gauche a perdu sa capacité de ne pas banaliser l'urgence sociale, la pauvreté, l. C'est pourtant cette capacité qui l'aidait aussi à trouver des solutions au diapason des attaques qui étaient portées. La gauche est aujourd'hui inaudible. Elle n'est pas à la hauteur des attentes, des exigences. Mais nous n'avons pas relevé le défi d'ouvrir en grand tous les débats. Par exemple sur la question de la répartition des richesses. Quand on explique que l'on peut utiliser autrement les profits, ou quand on développe l'idée simple selon laquelle une entreprise qui fait des bénéfices ne doit pas licencier, on n'est pas pris au sérieux. Il faut ouvrir des débats publics, par exemple encore sur la question du marché, de sa régulation, de son encadrement. Débats à avoir aussi sur le service public, le climat, l'énergie, les rapports des forces internationaux, la France et l'Europe... L'échéance à quatre ans est importante. Raison de plus pour commencer sans attendre, tout en menant des débats au sein de chaque formation de gauche. La perspective devrait être la création des conditions pour que nos partis respectifs confrontent leurs idées. Un projet commun ? Du moins des objectifs communs qui permettraient éventuellement de gouverner ensemble. Mais ne cachons pas que les communistes sont très interrogatifs sur ce que va devenir le Parti socialiste. En ce qui me concerne, je ne me réjouirais pas d'une droitisation du PS. Pas plus que je me réjouirais d'un pôle de radicalité : on ne peut pas faire une politique à vocation majoritaire à partir de la seule somme des contestations. Je ne fais pas non plus partie de ceux qui pensent que la crise que traverse le PS et les éventuelles recherches de solutions dans des alliances au centre seraient de nature à régler la propre crise du PCF. Les problèmes du PCF, sa difficulté à construire une offre alternative, ne sont pas imputables au PS mais à son propre rapport aux Français. Ce qui s'est passé en Allemagne avec la création de Die Linke par des communistes et des sociodémocrates de l'Est et de l'Ouest m'intéresse. Tout en étant convaincue que ce n'est pas une solution pour la France. J'avoue qu'il y a quelque chose de très décevant chez nous depuis une dizaine d'années. Je me suis très investie dans le mouvement social de 1995. J'ai vu une réponse politique à cela dans l'avènement de la gauche plurielle. Mais force est de constater que la dialectique politique/mouvement social n'a pas pris. Je ne me satisfais pas du débat politique à gauche des dernières années. J'ai trouvé intéressante l'expérience des collectifs antilibéraux après le référendum sur le traité européen, dans la mesure où on n'en faisait pas une gauche de la gauche... Bref : tout cela doit nous conduire à une obligation de faire du neuf à gauche. Y compris au sein du PCF dont, si rien ne change, l'horizon est compté en termes d'années. S'il n'évolue pas, ne se transforme pas en autre chose que ce qu'il est aujourd'hui, le mauvais score de la présidentielle ne sera pas le dernier. C'est ma famille politique, j'y tiens. Mais, au-delà, c'est le courant que l'on incarne dans la société, pour sa transformation réelle, qui en pâtirait. Ce débat est pertinent. Encore faut-il décider de l'avoir. Cela ne réduit en rien mon inquiétude sur l'évolution du PS. Avec, par exemple, la place qui est donnée médiatiquement aux idées défendues par Ségolène Royal. Et l'écho qu'elles trouvent chez une partie des militants socialistes. Je pense notamment à tout le débat autour du Modem. Au chapitre de mes inquiétudes, si je suis pour une bipolarisation droite-gauche de la vie politique je pense qu'il faut faire échec au bipartisme.
Un nouveau rassemblement à inventer
Benoît Hamon. Il m'arrive aussi parfois d'être inquiet sur l'évolution du PCF, car le PS ne s'en sortira pas seul et il n'y a pas de reconquête du pouvoir possible sans rassemblement de la gauche. Notre responsabilité est de donner à ce rassemblement un contenu différent de ce qu'il a été. Nous avons à imaginer la France que l'on va trouver, préparer les solutions que l'on mettra en oeuvre et commencer à reconstruire la stratégie de reconquête. Celle-ci, à mes yeux, passe par la création de formes nouvelles et originales de dialogue, de travail, et par la préparation du nouveau programme commun de la gauche. Mais je veux revenir aux questions européennes. Il n'est jamais facile, quand on est de gauche, de dire qu'il faut une nouvelle répartition des richesses : on ne fait pas que de la politique hexagonale. Essayer de produire des démonstrations sur l'absurdité d'un système est intéressant, car cela rend plus facile ensuite de convaincre sur les solutions. Quelques exemples. Les politiques européennes sont particulièrement dangereuses : le choix actuel est de dire que pour améliorer la compétitivité européenne par rapport à ses rivaux, il faut à la fois augmenter la productivité, comme l'envisage la stratégie de Lisbonne, et jouer sur la baisse des prix en améliorant la concurrence dans le marché intérieur. Mais si l'on ne fait que cela, on transforme le consommateur - dont le salaire n'augmente pas - en instrument de la remise en cause de ses propres droits, du modèle social et des protections. Plus il est poussé à acheter moins cher, en recourant au hard discount, plus on pousse l'entreprise à réduire ses coûts de production, et tout particulièrement les coûts du travail. C'est-à-dire le salaire et les cotisations sociales. La folie du système est là. À partir de là, on peut être audible sur des solutions. En Europe, ne peut-on pas bloquer et interdire les flux de la totalité des transactions financières dont l'origine est un paradis fiscal ? On bloque ainsi 70 % des fonds alternatifs et on les pousse à être hébergés dans des lieux où existe une réglementation. On peut le faire au niveau français. Autre démonstration : dans les années 1970, 25 % des profits réalisés par les entreprises allaient à la redistribution sous forme de capital. Aujourd'hui, 65 % vont à la rémunération du capital. Cela explique pourquoi il n'y a plus d'investissements, plus de créations d'emplois, et encore moins de redistribution sous forme de salaires. C'est dans le malheur de masse des gens - je pense aussi à la crise alimentaire - que l'on va construire des réponses.
À propos du rassemblement de la gauche, je suis favorable à une fédération mais je ne suis pas fermé sur les formes : il faut que le PS se dépasse sans tabou. Parti de toute la gauche ? fédération ? coalition ?.... Je suis prêt à tous les débats, à condition qu'ils soient efficaces, même si j'aime bien celui sur la pureté idéologique. Mais je peux faire la démonstration qu'avec les Verts ou le PCF on peut gagner les élections, et qu'avec le Modem on les perd. Une certitude : pour bâtir un contrat de gouvernement, il faut travailler. Il va y avoir une coïncidence de dates entre le congrès du PS et celui du PCF : cela mériterait des adresses respectives. Cela suppose bien sûr que, dans l'intervalle, le PS ne vire pas vers un parti démocrate à l'italienne. Je n'y crois pas une seconde. D'abord parce que le PS est sensible à l'opinion. Ensuite parce que la séquence historique est, au retour des réponses politiques, moins en phase avec une orientation sociale-libérale. Soyons concrets : le vieillissement de la population française génère automatiquement un vote plus conservateur. L'utilité de la gauche est-elle dans la construction de réponses politiques de gauche ou bien dans le fait de prendre acte qu'en l'absence de ces réponses, des hommes et des femmes se tournent vers des solutions individuelles ? Je reviens à l'alternative politique. Je n'ai jamais cru aux effets générationnels. Mais si je ne crois pas qu'à quarante ans on serait forcément meilleur qu'à cinquante ans, je ne crois pas non plus qu'il soit juste que ceux qui avaient quarante ans il y a quarante ans continuent à faire le débat politique. J'avoue que parfois je me crispe un peu sur ce que j'appelle la prime aux redoublants...
Marie-Pierre Vieu. La question européenne doit faire partie intégrante de la réflexion sur l'alternative à gauche. La gauche française a une partition à jouer qui est unique avec le « non » qui a été majoritaire. Lors des élections européennes l'an prochain, nous aurons sans doute des stratégies et des choix de liste différents entre nous. Mais cela ne nous empêche pas de travailler ensemble la question. Quoi qu'il advienne, les partis de gauche - de toute la gauche - sont appelés à travailler ensemble. Depuis deux ans, c'est un peu le vide. Pouvoir d'achat, autre utilisation de l'argent, services publics... : on n'a pas été à la hauteur. Les partis vont devoir évoluer. Changer de matrice, de nature, voire d'enveloppe. Pour ma part, je ne renonce pas au communisme. C'est d'ailleurs ce qui m'amène à m'interroger sur le Parti communiste actuel. Au-delà, je me pose une question : comment associer l'ensemble des forces sociales au débat sur l'avenir de la gauche ? On ne pourra pas résoudre le problème par le seul débat entre les seuls partis de gauche. Je constate que notre réflexion par le bout politique, d'autres l'ont par le bout syndical. Je pense aux luttes dans les supermarchés, ou celles des sans-papiers portées pour la première fois par la CGT. C'est-à-dire par un syndicat de classe qui converge avec des luttes dites sociétales pour des remises en cause de politiques de droite. Comment va-t-on faire vivre une dynamique globale de la gauche qui, à terme, sera fondatrice d'autre chose ? Personnellement, je suis une fan de l'union de la gauche. Il faut s'y employer à nouveau. Cela ne règle pas les problèmes respectifs du PCF et du PS. Mais je suis convaincue d'une chose : la gauche a un avenir.
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Posted by Philippe Hubert on avril 21, 2008 at 02:51 PM dans Médias | Permalink | Commentaires (9) | TrackBack
RMC "les grandes gueules" le 2 mai à 13H
Posted by Philippe Hubert on avril 21, 2008 at 12:29 PM dans Sur le terrain | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
18/04/2008
France Info le 19 avril à 8H45
Posted by Philippe Hubert on avril 18, 2008 at 05:37 PM dans Sur le terrain | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
17/04/2008
Club d'Europe 1 le 18/04 à 18H30
Posted by Philippe Hubert on avril 17, 2008 at 08:58 AM dans Sur le terrain | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
16/04/2008
Débat avec Frédéric Lefebvre sur BFMTV sur les jeux olympiques et le mouvement lycéen
Posted by Benoit Hamon on avril 16, 2008 at 03:03 PM dans Médias | Permalink | Commentaires (4) | TrackBack
04/04/2008
Révision générale des politiques publiques
Plan de rigueur : volet numéro un
La méthode est connue, depuis son élection, à chaque fois que le président de la République rencontre une difficulté face à l'opinion, il se réfugie dans un discours en forme de programme et franchit une étape supplémentaire dans le démantèlement de notre modèle social..
La présentation ce matin des 166 mesures d'économie dans les dépenses publiques est le premier volet du plan de rigueur préparé par le gouvernement Fillon. Le second volet viendra avec l'augmentation de la TVA à laquelle le gouvernement sera contraint, en raison des prévisions extravagantes de croissance sur lesquelles il a fondé son budget 2008 et en raison des pressions de plus en plus fortes de la Commission Européenne pour que la France respecte ses engagements en matière de déficit public au moment où elle va présider l'Union Européenne.
En attendant Nicolas Sarkozy et François Fillon nous présentent l'équation absurde : moins d'Etat c'est mieux d'Etat. Comment ne pas rappeler que les conséquences du recul des moyens affectés aux politiques d'éducation, de recherche, de sécurité ou de justice toucheront d'abord les conditions de vie et le pouvoir d'achat des français les plus modestes ? En effet, moins de service public gratuit, c'est immédiatement et inéluctablement, plus de dépenses pour les français.
Jusqu'à quand les français devront-ils payer le cadeau fiscal de 15 Milliards d'euros fait par le gouvernement aux plus riches l'été dernier ? Alors que le chef de l'Etat estime pouvoir économiser 9 Milliards d'euros avec ses mesures, il continue en réalité de financer les cadeaux fiscaux qu'il s'apprête à maintenir dans le budget 2009.
La rigueur a commencé, elle s’applique selon la même immuable règle, "sévère avec la majorité des français auxquels on demande le sacrifice de leurs services publics, douce avec la minorité la mieux lotie à laquelle on maintient les privilèges fiscaux." C'est proprement honteux.
Posted by Benoit Hamon on avril 4, 2008 at 08:29 PM dans Médias | Permalink | Commentaires (10) | TrackBack
02/04/2008
BFM TV "les grands débats" le 15 Avril
Posted by Philippe Hubert on avril 2, 2008 at 09:26 AM dans Sur le terrain | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
01/04/2008
Bouge La France, la 500éme
Posted by Philippe Hubert on avril 1, 2008 at 10:09 AM dans Médias | Permalink | Commentaires (4) | TrackBack
Nouvelles fonctions et poisson d'avril
Suis content et atterré d'avoir réussi à en abuser quelques-uns, même pas nombreux.
Ce qui suit surprendra et constitue sans doute mon dernier message sur ce blog. Peut-être le conserverai-je quelques temps pour vous témoigner de mes premières impressions dans mes nouvelles fonctions.
J’ai en effet décidé d’accepter la proposition que m’a adressée Monsieur Charlie Mac Creevy commissaire européen au Marché Intérieur et aux Services, de rejoindre la DG MARKT à partir de début mai. Je me consacrerai principalement à deux dossiers : la libéralisation des transports ferroviaires et l’achèvement de la libéralisation des postes.
Je souhaite que les cheminots et postiers français s’inscrivent dans l’effort indispensable de modernisation de nos services publics. Je n’ai jamais cru que le monopole soit l’allié du service public. On peut et on doit savoir conjuguer dans ces deux grandes entreprises françaises, efficacité et productivité pour le meilleur bénéfice des consommateurs. A ce titre une meilleure concurrence sert l’objectif d’une Europe sociale dont les socialistes avaient fait leur slogan lors des dernières élections européennes.
J’ai accepté d’occuper cette fonction de directeur général adjoint à la DG MARKT quelques semaines avant la Présidence française. Je considère en effet qu’il est primordial que la France réussisse à la tête de l’Europe lors du second semestre 2008. Pour cela toutes les énergies sont nécessaires. J’ai pu le constater, lors de mes entretiens avec les représentants du gouvernement français, qui a soutenu ma nomination à ce poste : les convergences existent entre les grands courants politiques français (principalement les libéraux, la démocratie chrétienne et la sociale démocratie) sur les priorités de l’agenda européen. En particulier, l’achèvement du marché intérieur exige de la France qu’elle soit exemplaire dans la libéralisation du chemin de fer et du courrier.
Enfin, pour être complet, je m’occuperai d’un troisième dossier moins stratégique mais qui constituera une nouvelle pierre à la méticuleuse construction de l’Europe. Il s’agit d’un livre vert sur la libéralisation de la magistrature et la mise en concurrence des tribunaux afin de mieux assurer l’égalité de traitement des justiciables.
Posted by Benoit Hamon on avril 1, 2008 at 05:46 AM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (14) | TrackBack