« Débat : l'avenir de la gauche | Accueil | Invité de "Bouge la France" sur Public Sénat le 24/04 à 22H15 »

21/04/2008

France Info : invité le 19 Avril

Posted by LeFIL on avril 21, 2008 at 03:34 PM dans Médias | Permalink

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341ca12653ef00e551f05a868833

Listed below are links to weblogs that reference France Info : invité le 19 Avril:

Commentaires

Liberté d'expression vous disiez?


Réponse de Bruno Guigue à ses détracteurs
Ma faute ? Avoir heurté de plein fouet la doxa occidentale
lundi 21 avril 2008

Dans les jours qui ont suivi mon "limogeage", les éditorialistes Jean Daniel, Bernard-Henri Lévy et quelques autres se sont empressés de me prendre pour cible. Prenant courageusement le parti du pouvoir contre un homme seul, ils ont caricaturé mes propos et stigmatisé ma personne. Point commun de ces commentaires peu amènes ? Sous une avalanche de procès d’intention, un pesant silence à propos des faits que j’avais mentionnés dans ma tribune. Sans toujours réitérer l’accusation grotesque d’antisémitisme proférée par Luc Rosenzweig, ils insinuent que je me serais condamné moi-même par l’outrance de mes propos.

Mais qu’en est-il, effectivement, des tirs de snipers israéliens sur les enfants et de la pratique de la torture dans les prisons ? Rien. Vrai ou faux ? À lire leur prose, nous n’en saurons pas plus. On préfère évoquer à mon encontre « les protocoles des sages de Sion », comme l’a fait Pierre Assouline. À croire que la coalition de ceux qui ne veulent pas savoir et de ceux qui ne veulent pas que l’on sache est majoritaire. Et au lieu de réfuter mes affirmations de manière factuelle, mes détracteurs préfèrent ainsi jeter l’anathème.

Mais, précisément, parlons plutôt des faits. Deux phrases inlassablement reprises en boucle, tirées de leur contexte, en effet, ont alimenté mon lynchage médiatique. « L’Etat d’Israël est le seul où des snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles ». Cette affirmation visait à répliquer aux signataires d’une violente charge contre l’Iran, pays où la peine de mort est cruellement appliquée. Une phrase choquante ? Sans nul doute. Mais les tirs de soldats israéliens contre des enfants, hélas, sont des faits avérés, évoqués par le quotidien israélien Haaretz depuis 2000. Des tirs délibérés, dont le journaliste britannique Chris MacGreal, pour l’hebdomadaire The Guardian, a notamment fait le récit détaillé dans un article paru le 29 juin 2005.

Une triste réalité dont Christophe Oberlin, professeur de chirurgie à l’hôpital Bichat, a lui aussi publiquement témoigné au terme de nombreuses missions médicales en Palestine. Il vient d’ailleurs d’écrire au gouvernement une lettre où il lui demande si, lui aussi, il sera limogé pour avoir confirmé mes dires. Livrée en pâture à l’opinion comme une énormité, la phrase que j’ai écrite avait quelque chose de monstrueux, en effet : elle était vraie. Et parce qu’elle disait la vérité, elle heurtait le formidable déni de réalité qui entoure, dans les médias dominants, la politique israélienne.

La deuxième phrase litigieuse est celle où j’évoque « les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on interrompt la torture durant le shabbat ». Choquant, là encore ? Le propos renvoyait à leur propre contradiction ces fervents partisans de l’État d’Israël qu’indigne, curieusement, l’inclination de certains pays à la défense de la religion. Mais le fait mentionné, lui, ne fait pas l’ombre d’un doute : il suffit de consulter le dossier établi par l’association israélienne de défense des droits de l’homme Bet’Selem.

Lorsque la Cour suprême israélienne tenta de limiter l’usage de la torture pratiquée sur les prisonniers palestiniens, en 1999, les services secrets ont argué de l’urgence pour la justifier. Les plaignants ont alors fait observer que du vendredi midi au samedi soir, cette pratique était interrompue, ce qui relativisait singulièrement l’argument de l’urgence. Cette affaire est parfaitement résumée par Sylvain Cypel, ex-rédacteur en chef du quotidien Le Monde, dans son livre « Les emmurés », paru aux éditions La Découverte en 2005, p. 94, note 17. Chacun peut s’y référer et vérifier la véracité de mes propos.

Reste un troisième grief, tout aussi paradoxal. Dans la tribune violemment antionusienne dont je faisais la critique, les signataires crurent bon de citer Goebbels, lequel invoquait face à la Société des Nations le fameux adage : « charbonnier est maître chez soi ». Cette citation visait la majorité des pays membres du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, dont le tort était d’avoir dénoncé la violation du droit international par Israël. Les pays musulmans se voyaient ainsi "nazifiés", purement et simplement, par les auteurs du pamphlet que je passais au crible. « Analogie pour analogie », ai-je fait observer, il y avait plutôt ressemblance entre le Reich qui s’asseyait sur la SDN et l’Etat d’Israël qui bafouait l’ONU.

Mea culpa : j’avais oublié que les comparaisons les plus désobligeantes, aux yeux de l’establishment hexagonal, sont interdites à propos d’Israël mais vivement recommandées à l’égard des pays du « Tiers Monde ». Mon principal tort, plus que d’avoir enfreint le devoir de réserve, n’est-il pas d’avoir heurté de plein fouet la doxa occidentale ? Après avoir mis en lumière le déni de réalité dont le discours dominant entoure les exactions israéliennes, il faut croire que c’en était trop. À mes dépens, j’ai fait la démonstration que la frontière entre ce qu’il est licite de dire et ce qui ne l’est pas, dans notre pays, n’a rien à voir avec le vrai et le faux.

Bruno Guigue

Rédigé par : Ahmad | 22 avr 2008 10:05:14

22 avril 2008
Avant tout, le refus israélien

par Alain Gresh

Table des matières

* Assassinat de Moughniyeh

Aaron David Miller est un diplomate américain qui a joué un rôle important sous l’administration du président Clinton, notamment comme adjoint de Denis Ross (responsable du processus de paix au Proche-Orient). Il vient de publier un livre, The Much Too Promised Land : America’s Elusive Search for Arab-Israeli Peace (Random House, 2008, 416 pp. $26.00).

Akiva Eldar, journaliste au quotidien Haaretz en fait un compte-rendu intitulé « Dear Diplomat, whose side are you really on ? »

Akiva Eldar écrit : « Il y a quelques années, Ross a publié un livre sur la politique étrangère américaine au Proche-Orient sans faire aucune référence à l’influence de la politique intérieure en général et de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), en particulier. Ross affirmait qu’il ne pouvait se rappeler une occasion où la communauté juive avait imposé à l’administration de faire (ou de ne pas faire) quelque chose concernant le processus de paix. Bien que confirmant pour l’essentiel ce propos, Miller le nuance :»

« Ceux d’entre nous qui conseillaient le secrétaire d’Etat et le président étaient très sensible à ce que la communauté pro-israélienne pensait et, quand nous étudiions des idées qu’Israël n’aimait pas, trop souvent nous nous appliquions une sorte d’autocensure préalable. Que plusieurs d’entre nous étaient juifs était moins important que le climat général pro-israélien qui s’est affirmé avec Bill Clinton et une nouvelle administration déterminée à éviter ce qu’elle considérait comme la vision beaucoup trop critique d’Israël de ses prédécesseurs (il fait référence à l’administration de Bush père). L’accession au pouvoir d’Itzhak Rabin, les relations spéciale de Clinton avec lui, avec Israël et les juifs américains ont contribué à une grande sensibilité à l’égard d’Israël. Ces affinités et l’empathie personnelle du président (il était aussi particulièrement sensible aux Palestiniens aussi) ont sapé notre volonté d’être ferme avec Israël sur la question des colonies et nous ont empêché de refuser les mauvaises idées d’Israël ou d’adopter des idées de notre propre cru, notamment durant la négociation sur le statut final, et cela jusqu’à ce qu’il soit trop tard... » (p. 123)

L’International Herald Tribune revient sur ce livre le 17 avril : « The Much Too Promised Land. Advice after two decades of Arab-Israeli diplomacy », sous la plume d’Ethan Bronner.

« Contrairement à Ross et Bill Clinton, qui ont abordé le sujet dans leur Mémoire, Miller affirme que les Etats-Unis dont donné à Israël beaucoup trop de liberté d’action et ont échoué à pousser ce pays à respecter ses engagements et à faire des choix douloureux. Il dit que Clinton était beaucoup trop impressionné par le premier ministre Itzhak Rabin (...) et il ajoute : "ainsi, nous n’avons jamais eu une conversation dure ou même honnête avec les Israéliens sur leur activité de colonisation.". »

Mais, de fait, Miller ne va pas au bout de son raisonnement. En revanche, Henry Siegman, un ancien dirigeant de American Jewish Committee résume bien la raison principale de l’impasse actuelle dans un article du Nation du17 avril , intitulé « Tough love for Israel »

« Le scandale de l’impuissance de la communauté internationale à résoudre un des conflits les plus longs et les plus sanglants de l’histoire est simple : elle connaît le problème mais n’a pas le courage de dire la vérité, encore moins de l’affronter. La conférence de Berlin (que Merkel a convoqué pour juin) va souffrir du même manque de courage qui a marqué tous les efforts précédents. Elle va aborder tous les problèmes sauf la cause principale de l’impasse. Quoique l’on pense de tous les péchés attribués aux Palestiniens – et ils sont nombreux, y compris une direction inefficace et corrompue, l’échec dans la construction d’institutions étatiques, la violence meurtrière des groupes du refus –, il n’y a aucune perspective de créer un Etat palestinien viable et souverain d’abord et avant tout parce que les différents gouvernements israéliens depuis 1967 n’ont jamais eu l’intention de permettre l’émergence d’un tel Etat. »

Nous connaîtrons, dans le sillage de la conférence d’Annapolis, d’autres réunions, déclarations, engagements concernant le conflit israélo-palestinien. Mais on peut assurer, avec Siegman, sans crainte d’être démenti par les faits, que tout cela n’aboutira à rien tant que la communauté internationale ne s’attaquera pas au refus israélien.
Assassinat de Moughniyeh Retour à la table des matières

L’assassinat du dirigeant militaire du Hezbollah Imad Moughniyeh (le 12 février à Damas) reste non résolu. Les autorités syriennes ont annoncé, à plusieurs reprises, qu’elles allaient rendre publiques les résultats de l’enquête, mais n’ont rien fait pour l’instant. Répondant aux rumeurs d’implication des Saoudiens, le ministre de l’intérieur du royaume a affirmé que cette accusations étaient « risibles » (Al-Watan, 20 avril).

Rédigé par : Ahmad | 22 avr 2008 19:23:41

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.