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09/10/2007

Collusion

20071008t161604z_01_nootr_rtridsp_4« Au-delà de la droite et de la gauche, il y a la République qui doit être irréprochable parce qu'elle est le bien de tous. Il y a l’Etat qui doit être impartial[1] Il n’aura fallu que quelques mois pour que l’actualité financière vienne jeter une ombre sur ces engagements du candidat Nicolas Sarkozy. Le scandale EADS éclaire sous un jour glauque le mélange vicié des genres qui détermine les relations entre le pouvoir politique, l’Etat et les grands intérêts privés.

Il y a d’abord le scandale financier de la vente de stock-options par les dirigeants d’EADS pour 90 millions d’euros, peu de temps avant l’annonce de difficultés industrielles majeures pour l’entreprise, à l’automne 2005. Les conclusions de l’AMF ne laissent planer guère de doute sur le caractère massif du délit d’initié présumé.

Ne prenons pas le risque d’évoquer la morale dans ce dossier. Ici, ce sont l’hypocrisie et le cynisme qui gouvernent…

On peut commencer par s’interroger sur la légitimité que conserve le plan Power 8, bâti par les principaux acteurs de ce scandale, qui fait porter l’essentiel des efforts de la restructuration sur les salariés du groupe? Il y a aussi une fâcheuse coïncidence des agendas, quand la garde des Sceaux annonce cette semaine la mise place du groupe de travail sur la dépénalisation du droit des affaires. Au moment même où l’on durcit les sanctions contre la délinquance ordinaire, le gouvernement se penche sur les moyens d’adoucir les peines à l’égard de la délinquance en col blanc. Les délits économiques et financiers n’engorgent pas les tribunaux, ils représentent moins de 0,5% des condamnations, soit 9.000 condamnations sur 592.000 en France en 2005 mais cette délinquance-là cause des préjudices considérables à l’économie française. Le conseil des prélèvements obligatoire a estimé en mars 2007 dans un rapport que le montant de la fraude fiscale s’évaluait entre 29 et 40 milliards d’euros chaque année. Ce rapport identifie les délits en hausse : travail dissimulé ou partiellement déclaré, internationalisation permettant le choix des pays de déclaration, nouvelles technologies comme le commerce électronique.

Comment ne pas faire le parallèle entre l’extrême sévérité à l’égard du commun des mortels et l’indulgence à l’égard des puissants ? La loi sur les peines plancher expose à un an de prison celui qui vole un CD deux fois dans un supermarché. Le groupe de travail sur la dépénalisation du droit des affaires se propose notamment de soustraire les auteurs d’abus de bien social à une condamnation pénale. Et pourtant celui qui ordonne cette politique pénale à deux vitesses est celui qui déclarait en mars 2007 : « je crois dans l’éthique du capitalisme. Je n’accepte pas que le travail salarié et l’esprit d’entreprise soient bafoués par les rémunérations et les privilèges excessifs que s’octroie une toute petite minorité de patrons.[2]»

Il y a ensuite le scandale d’État de la socialisation des pertes prévues pour Lagardère en autorisant le rachat par la Caisse des dépôts de 1,8 milliards d’euros d’actions, dont un tiers, soit 600 millions d’euros, devait s’envoler en fumée quelques semaines plus tard. 600 millions d’euros perdus, c'est-à-dire le coût des réductions d’effectifs dans la fonction publique.

Rappelons simplement le fil des évènements : Lagardère vend ses actions au printemps 2006 alors que les difficultés du groupe sont connues depuis novembre 2005. Il vend un tiers de ses parts dans EADS à la caisse des dépôts et des consignations. Pourquoi l’Etat a-t-il racheté ces titres au cours le plus élevé quand il était informé de leur dépréciation inévitable, une fois que les retards sur l’A380 seraient rendus publics ? On invoque l’indépendance de la Caisse des dépôts dans ses choix d’investissement. Rappelons que le directeur du Trésor siège à la commission de surveillance de celle-ci. Est-il imaginable qu’une telle décision soit prise sans l’accord du gouvernement quand on connaît la vigilance de Berlin au maintien de la parité franco allemande dans le capital d’EADS et que l’acquisition supplémentaire de 2,25% des parts du groupe par la CDC sera immanquablement dénoncé comme un « moyen déguisé » choisi par l’Etat français pour augmenter sa participation au capital d’EADS ?

Devant l’ampleur du scandale le gouvernement a choisi de demander à l’inspection générale des finances une enquête sur « l'action des services du ministère en ce qui concerne EADS entre fin 2005 et juin 2006 ». C’est très insuffisant.

Si le délit d’initié était avéré, la CDC qui s’est engagée à acheter sa participation au capital d’EADS à 32,60 euros l’action (contre 22,27 au cours actuel) peut et doit se retourner contre le groupe Lagardère. En effet, le contrat qui lie la CDC à Lagardère prévoit un paiement en trois tranches dont les deux dernières échéances sont en 2008 et 2009. La responsabilité du gouvernement s’impose quand l’argent public a été ainsi dilapidé. Les chefs d’un « Etat en faillite » seraient cohérents s’ils montraient leur détermination à restaurer l’Etat dans ses droits et ses biens là où celui-ci a été selon leur dire, manifestement ignorant des manigances qui se tramaient en coulisse. Le directeur du Trésor qui représente l’Etat à la commission de surveillance de la CDC doit sans attendre, exiger de bloquer l’exécution du contrat et le paiement des deux dernières échéances au groupe Lagardère tant que le soupçon subsistera sur la moralité et la légalité de cette transaction.

Enfin, le citoyen et contribuable français est légitime à demander que toute la transparence soit faite sur ce dossier en confiant à ses représentants au Parlement le soin d’identifier les mécanismes et les responsables de ce scandale. Parce qu’il existe une présomption de collusion entre le pouvoir politique et des intérêts économiques privés, le gouvernement, par souci pour sa propre crédibilité, doit soutenir la création d’une commission d’enquête parlementaire comme une étape indispensable pour faire éclater la vérité.


[1] Extraits du discours prononcé le 14 janvier 2007, porte de Versailles, Paris

[2] Extraits du discours Besançon, le 13 mars 2007, et document « Mon projet ».

Posted by Benoit Hamon on octobre 9, 2007 at 11:01 PM dans Opinions | Permalink

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Commentaires

danger: la droite va dire qu'on ne peut pas virer tout le staff d'airbus d'un seul coup

du coup, cette affaire risque de se regler entre gens "qui comprennent l'interet superieur d'airbus"

oui mais non: ne pas decapiter airbus OK, mais qu'on annule les opérations sur les stock options, qu'ils rendent les plus values et récupérent leurs bons d'achat d'actions s'ils le souhaitent

Rédigé par : Martin P. | 10 oct 2007 15:34:37

Ces affaires sont dramatiques. De telles truanderies nuisent considérablement à l'image de la politique dans son ensemble. De tels actes doivent être élucidés et jugés. Mais pourquoi faut-il autant de temps pour faire émerger ces incivilités d'Etat? Combien y en a t-il encore? Et à venir? Car hélas les objectifs de l'équipe au pouvoir ne sont pas rassurants ni pour la transparence ni pour la gestion des deniers publics.
Bon courage pour aider à mobiliser les forces d'opposition afin d'éclaircir ces affaires.

Rédigé par : baptiste | 11 oct 2007 17:29:37

Très interessant article documenté, clair, engagé. En fait cette question EADS, qui est en très grandes dimensions une illustration de ce qui se passe au quotidien dans notre société confirme le dicton"suivant que vous serez puissant ou misérable.....".
Il est écoeurant de voir que pour une bricole le tout petit peut être, sans scupule, traduit en justice et condamné et ce sans réaction de la population alors que les puissants se permettent tout et n'importe quoi...... Les milieux bien placés, sans vrai problème d'argent, se fondent, souvent sans vraiment réaliser, dans le monde actuel qui leur ôte l'envie, voire la pratique d'une observation sérieuse et humaniste de la société et par là même toute capacité de voir et mesurer les problèmes de l'autre .Bien dans leur bulle qui les protège et aussi les nourrit ils finissent par perdre le sens de la mesure et admettent sans être révoltés des procédés qui sont intolérables. Ils ne se sentent pas directement touchés...ils ne réagissent pas.
Dans ce contexte on ne peut qu'admirer le sens civique de citoyens qui votent en masse, et ce en dépit aussi du manque de discernement, de sérieux, d'honnêteté de bon nombre de ceux qui ont le pouvoir politique.
En attendant plus de moralité dans notre société et plus de justice on vogue de scandales en scandales et d'écoeurements en écoeurements.

Rédigé par : lassabatere | 11 oct 2007 22:31:16


désolé de changer de sujet....
mais je souhaite savoir si le bouquin de V. Peillon est sorti ?
Quelqu'un a mis la main dessus, voire l'a lu ?

merci

Marc

Rédigé par : marc44 | 12 oct 2007 17:22:58

Mosco est candidat
vous devriez vite vous rallier à lui
il n'y a que lui qui pusse sortir du lot
entre jeunes loups aux dents longues... et vieux éléphants

foncez, vous aurez tte votre place

Rédigé par : laplusbelle | 13 oct 2007 18:14:54

La Normandie corrompue

Hier, la Normandie ça sentait bon les pommes, aujourd'hui, ça chlingue

CELA VA FAIRE 3 ANS QUE Les élus POLLUE UNE ZNIEFF à CABOURG VARAVILLE

Plus de 3 ans qu'un préfet, qu'un sous préfet, qu'un président de communauté de communes, que des maires traînent des pieds pour trouver un terrain. Bientôt, ce sera la fin d'une Zone exceptionnelle au point de vue de la faune et de la flore.

Les gens du voyage brûlent des plantes protégées sous les yeux de la DIREN, ils se débarrassent des sacs poubelle en les jetant directement dans les fossés, ils pèchent à l'eau de javel, en septembre je peux vous dire que ça flotte dans la ZNIEFF et les élus nettoient que-dalle, Depuis 3 ans c'est un peut comme si c'était un détail sans importance. Août 2007 c'est du fioul, de l'huile de vidange que l'on retrouve dans l'eau mélangés avec des excréments humains et les égouts de plus de 300 caravanes...

Une préfecture seulement pour certains en Normandie

Le Président de la république, le Premier ministre, la DIREN et des dizaines d'autres m'ont répondu pour me faire plaisir (je transmets votre courrier au préfet du Calvados) le sous préfet de Lisieux ose me réponde, il y a un ramassage des ordures "point" et personne ne s'est plaint "point". C'est honteux pourquoi un sous préfet raconte t'il de tels bobards, des dizaines de personnes se sont rendues à la police de Dives, à la gendarmerie de Troarn ou de Merville et les plaintes, je peux vous dire que ça a défilé. Agriculteurs, riverains, gabionneurs, campings, bars jeux..., tout est démoli, pollué à plusieurs km à la ronde.

Qu'il vienne le voir le ramassage des ordures le sous préfet le voila http://varaville.ifrance.com/

Une justice seulement pour certains en Normandie

Le tribunal administratif ma demandé 900 € pour continuer à défendre ces causes; il a fallu que je face une lettre d'excuses!!!! Le tribunal de grande instance ma répondu (il n'y a pas de pollution avérée). Le médiateur, c'est pas ma faute, l'Europe c'est pas nous que ça regarde... Le comité de soutient de M Borloo ma fait des promesses incroyables, un tel baratin que j'ai cru un moment retrouvé cette znieff comme elle était avant. regardez http://soutienjlborloo.canalblog.com/archives/2007/06/22/5389290.html#comments

ça pue de plus en plus.

la communauté de commune porte plainte contre moi pour le fait de défendre cet endroit mais surtout de dire quelques vérités qui font mal. Pour avoir voulu m'exprimé dans une réunion de cartier, l'adjointe au maire a menacé mon amie (mise à la porte de son travail et de son logement).

Présidente du conseil général, députée, communauté de commune, sous préfecture, et quelques maires sont pour cette installation en zone humide pourquoi ? Ce clan a t'il des projets?

Alors la, ça chlingue tellement que ces Normands vont être obligés de déménager

A 5 mètres de l’entrée du camp une magnifique ferme complètement isolée des villes voisines, avec plus de 11 hectares de terre agricole haaa ! Vous commencez à comprendre. La propriétaire à plus de 90 ans, voilàaaa!, vous avez enfin compris pourquoi ils se foutent de la pollution, aujourd’hui dans les fossés le fioul peut couler à flot, demain se sera le champagne. Pendant ce temps à la ferme les murs, les bâtiments sont démolis, vol du fioul, des légumes, etc. Et les élus rigolent, ils attendent, attendent...

-Dans ce pays, ont nous obligent à respecter des lois, ont nous demandent d’être des citoyens models, à coté de cela, certains hauts responsables ferment les yeux sur le non-respect des droits de l’homme et le non-respect de l’environnement, les DIREN, ont autre chose à faire que de s’occuper des zones naturelles d’intérêts écologiques, faunistiques et floristiques. Aujourd’hui, en plus de la pollution, ont construit dans cette ZNIEFF de type 1 Alors pourquoi des ZNIEFF, pourquoi des DIREN ? En plus complètement sourdes.

Depuis les présidentielles, je crois que je n'ai jamais entendu parlé environnement autant qu'aujourd'hui (développement durable, eau, énergie, j'en passe et des meilleurs). On me parle de réunions, de décisions, avec des gens comme Nicolas Hulot et bien d'autre, je vois le sourire d'un ministre tout nouvellement élus. Un peut comme si tout allait changer d'un seul coup. Franchement, je crois que l'on nous prend vraiment pour des cons.

Aujourd’hui il y en a franchement ras-le-bol, pas de la pollution, puisque à parement c'est normal mais de tous ces discours qui font plus de mal que toute cette merde qui flotte dans les cours d'eau.

Alors messieurs STOPPEZ, arrêtez vos discours hypocrites , le jour ou vous ferez vraiment quelque chose pour l'environnement je crois que l'on sera tous morts. retour à http://perso.orange.fr/varaville.cabourg/ ou http://nativelle.over-blog.com/


Rédigé par : nativelle | 15 oct 2007 11:28:33

Bonjour monsieur le député européen. Une réaction sur les révélations du canard enchainé sur votre ami Hammadi à Orly ? Ca rénove dur, je constate !!!

Rédigé par : Le lambda | 17 oct 2007 11:44:53


La crise de la gauche : le choc avec le libéralisme (3)
Par Roland Hureaux. L'auteur achève son analyse de la crise de la gauche, qui ne s'en sortira qu'en prenant clairement position contre le libéralisme triomphant en Europe comme dans le monde.


Comme ces dynasties fatiguées qui tombent en quenouille, l'histoire du parti socialiste a abouti à Ségolène Royal. Elle qui avait soutenu avec ardeur la candidature ultra-européenne de Jacques Delors en 1995, résumait sur le plan économique les contradictions du socialisme pro-européen et mondialiste : la difficulté de présenter un projet alternatif sur le plan économique. Elle incarnait certes mieux que d'autres, par son image de femme libérée, l'avatar libertaire de la social-démocratie mais elle le faisait à un moment où la gauche perdait sa spécificité dans ce domaine. Faute de pouvoir de manière crédible revenir aux fondamentaux de la gauche historique : la réduction des inégalités, la lutte contre les puissances d'argent, notamment dans la presse, il ne lui restait à se singulariser que par un « plus social », en matière d'aide à l'enfance, d'enseignement, d'allocations et donc de dépenses publiques ignorant la crise profonde de l'Etat-providence. Une crise qui conduit les classes moyennes menacées de prolétarisation et ce qui reste de la classe ouvrière (les « travailleurs pauvres » récemment redécouverts par les statisticiens) à rejeter tout ce qui peut passer pour un excès de social, toute politique trop généreuse en faveur des exclus. Parce qu'ils ressentent confusément que ce sont eux et non les vrais riches qui vont en payer le prix, parce que passé un certain seuil, la redistribution en faveur du bas de l'échelle est vécue comme injuste par ceux qui travaillent. Même sur le terrain social, qui avait été longtemps le sien, la gauche en est venue à exaspérer la classe ouvrière !

Sarkozy a réussi son opération de brouillage
En se présentant comme le candidat de « la France qui travaille », Nicolas Sarkozy a bien perçu la faille d'une surenchère sociale par rapport au sentiment populaire dominant, même si on se demande encore par quoi va se traduire cette prise de position.
Qu'à l'inverse de tous ses prédécesseurs, Mme Royal ait néanmoins pris le pouvoir au PS par la droite, en insistant sur la sécurité et les valeurs patriotiques marque aussi une époque nouvelle. Mais sur ces thèmes, en phase avec les aspirations du peuple réel, la gauche se trouve, à l'évidence, en déficit de crédibilité.
En définitive l'alignement de la gauche sur les politiques économiques de droite et celui de la droite sur les valeurs sociétales de gauche aboutissent à une indifférenciation des valeurs politiques que l'univers des médias, lui-même fondé sur l'équivalence généralisée des valeurs, ne peut que ratifier. Un des objectifs, parfaitement atteint, de Sarkozy quand il a fait appel à des hommes de gauche était de mener à son terme ce travail de subversion du sens, d'indifférenciation droite-gauche. Dans cette nouvelle donne, la compétition pour le pouvoir est devenue un concours de mode dont la presse people est l'arbitre. Si la gauche en tant que classe ou idéologie ne peut être à ce jeu que perdante, la gauche en tant que syndicat d'intérêts électoraux ou faction (au sens que ce mot avait dans les républiques italiennes du Moyen-Age) a encore quelque chance de revanche si d'aventure elle se trouve un leader qui fasse plus « mode » que celui de la droite. Le succès de Tony Blair n'eut pas d'autre base. C'est un peu ce qui se trouvait sous-jacent dans la candidature atypique de Ségolène Royal. C'est le facteur mode qui lui a permis de surclasser aisément à la « primaire » ses rivaux socialistes. Mais à ce jeu, elle s'est trouvée elle-même surclassée en finale.

Fin de partie ?
Que le projet social-démocrate ait perdu largement son sens au sein d'une économie mondialisée, qu'il ne puisse s'accomplir qu'à l'abri d'un sas douanier ou à la rigueur monétaire, c'est ce qu'avaient compris depuis longtemps les amis de Jean-Pierre Chevènement. C'est aussi ce qu'a perçu Laurent Fabius quand il a refusé en 2005 la Constitution européenne au nom d'une Europe sociale bien différente de celle qui est promue aujourd'hui à Bruxelles.
Jean-Pierre Chevènement a échoué en 2002 à accéder au second tour des présidentielles. Laurent Fabius n'est pas allé jusqu'au bout de sa démarche référendaire qui eût été de présenter sa candidature aux présidentielles de 2007 en dehors du Parti socialiste : en rupture avec ce qui avait été la logique doctrinale du parti socialiste depuis 1945, il n'a pas osé l'être avec sa logique d'appareil.
Il est vrai que tout candidat de gauche qui prendrait le risque de remettre en cause la logique mondialiste ferait sans nul doute l'objet d'un tir serré des media, sur le thème de la ringardise, au même titre que ceux qui l'ont tenté à droite. Or, nous l'avons montré, il est désormais mortel de ne pas être fashionable.
Entre l'acceptation du libéralisme international, dont la machine européenne n'est plus que le relais et qui ne laisse guère d'espace à une authentique politique de gauche et les positions de refus radical du libéralisme promues par les chapelles d'extrême gauche, dont la crédibilité est proche de zéro, il n'y a plus guère d'espace.
Il se peut que la gauche française soit comme ces étoiles qui continuent de briller faiblement dans le ciel du fait de la distance et de la force d'inertie mais qui sont en réalité des astres étein




Rédigé par : patrick | 17 oct 2007 12:21:35

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