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26/06/2007

A propos du "traité simplifié" compliqué*

20070607t145944z_01_nootr_rtridsp_2Analyse succincte des résultats du Conseil Européen de Bruxelles des 21 et 22 juin 2007

Les "conclusions de la présidence" de ce Conseil européen, le dernier sous présidence allemande, contiennent un "projet de mandat pour la CIG (conférence intergouvernementale", qui reprend l'accord politique intervenu quant au contenu du prochain Traité.

Remarquons d'emblée donc que ce "projet de mandat" (15 pages sur les 31 des conclusions) ne représente aucunement un document juridiquement contraignant. Le texte qui sera in fine le fruit des travaux de la CIG pourrait donc très bien s'en écarter, cela dépendra de l'attachement des négociateurs aux termes de l'accord politique.

D'ailleurs, un certain nombre d'éléments sont extrêmement précis et déjà pré-rédigés pour être insérés dans le prochain traité, alors que sur d'autres sujets les indications du projet de mandat sont nettement plus vagues et laissent une certaine marge de manœuvre à la CIG.

Cette CIG doit être convoquée dans les plus bref délais, suite à l'accomplissement des formalités nécessaires, dés le mois de juillet. Avant fin 2007 un nouveau projet de Traité devrait donc être soumis à la ratification des Etats membres, et conduire à une entrée en vigueur avant les élections européennes de 2009, le conditionnel est cependant de rigueur par rapport à ce calendrier optimiste.

(*) Jean Claude Juncker, président de l'Eurogroupe.

Le principe, une "Constitution moins"

Le principe qui est à la base de ce texte est celui d'une reprise intégrale du texte du projet de "Traité établissant une Constitution pour l'Europe", sauf modifications (suppressions, remplacements, ajouts) expressément mentionnés.

Intitulé : de la Constitution au "Traité modificatif" ou "Reform Treaty"

Le premier changement est celui de l'abandon du "concept constitutionnel". En lieu et place d'un texte unique remplaçant l'ensemble des traités fondateurs, le prochain Traité, dénommé "traité modificatif" se propose d'amender, tout en les laissant intacts pour l'essentiel, le Traité sur l'Union Européenne, TUE (traité de Maastricht) d'une part, et le Traité instituant la Communauté Européenne, TCE (traité de Rome), d'autre part, désormais intitulé "Traité sur le fonctionnement de l'Union".   

L'abandon du concept constitutionnel emporte non seulement l'abandon des symboles (drapeau et hymne) mais aussi celui d'une hiérarchie de normes plus compréhensible (loi, loi-cadre, acte d'exécution etc.) et un retour à la terminologie communautaire classique (directive, règlement, décision etc.).

Par contre l'Union aura bien une personnalité juridique unique et distincte, et le système des trois piliers est aboli (d'ailleurs, le terme "Union" doit remplacer partout le terme "Communauté").

Inventaire des modifications par rapport au "traité établissant une Constitution pour l'Europe"

Objectifs de l'Union

La "concurrence libre et non faussée" ne figure plus parmi les objectifs de l'Union, et de plus (dans le paragraphe relatif aux relations extérieures), elle "contribue à la protection de ses citoyens".

L'impact de la disparition de la mention de la "concurrence libre et non faussée" doit cependant être relativisé par deux considérations : d'une part les diverses dispositions relatives au droit et à la politique de la concurrence, et aux vastes pouvoirs de la Commission en la matière, ne sont pas touchés, d'autre part un protocole "sur le marché intérieur et la concurrence" est ajouté qui rétablit le rôle fondamental de la concurrence.

La Charte des droits fondamentaux

Ne figure plus in extenso dans les traités, mais une référence à son contenu et à sa force contraignante demeure, moyennant une sorte de "opt out" généralisé au bénéfice du Royaume Uni et d'une réserve polonaise qui semble être destinée à la protéger d'une vision trop progressiste des droits fondamentaux en matière de droit familial et d'intégrité humaine (avortement et mariage des homosexuels ?)

Du Ministre des Affaires Etrangères au "Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité"

L'intitulé de cette fonction change mais son rôle et ses pouvoirs demeurent inchangés, moyennant des protocoles et déclarations visant à pérenniser le caractère "intergouvernemental" de la PESC ainsi que la possibilité pour les Etats Membres de continuer à suivre une politique étrangère autonome, notamment au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Les services publics

Ce qui est certain c'est qu'un nouveau protocole "sur les services d'intérêt général", à la terminologie généreuse mais à la portée juridique concrète douteuse, est rajouté. Par contre la question de savoir si l'amendement à l'ancien article 16  obtenu lors de la Convention créant une base légale pour une directive cadre horizontale sur les services publics est maintenu est controversée. La polémique devra être réglée par la CIG.

Institutions, compétences et fonctionnement

L'essentiel des réformes institutionnelles de la "Constitution" est préservé, notamment quant à la présidence stable du Conseil européen, à la Commission (composition, élection et pouvoirs de son président), à la liste des formations du Conseil, à l'extension des domaines à la majorité qualifié et en codécision avec le Parlement, aux modalités des coopérations renforcées, à l'initiative citoyenne, aux "clauses passerelle". Le rôle des parlements nationaux est renforcé, notamment par une procédure de retardement de la procédure législative afin de protéger la subsidiarité. Notons cependant des nouveaux opt-outs pour les britanniques en matières de JAI, ainsi que le renvoi à une proposition du PE à venir pour la composition future de ce même PE.

La Double Majorité

Le système de majorité qualifiée au Conseil représentant 55% des Etats membres et 65% de la population est préservé mais son application est renvoyé à 2014 voir 2017, de plus une "quasi minorité de blocage" dispose désormais de procédures de retardement d'adoption de législations.

Conclusion

Ayant adopté comme base de travail le projet de "Constitution", l'accord politique intervenu à Bruxelles en reproduit les défauts et les lacunes.

Plusieurs domaines politiques majeurs restent en dehors du processus de "démocratisation" de la prise de décision (fiscal, social, budgétaire, affaires étrangères et défense), rendant impossible ou très improbables une action politique européenne positive dans ces matières. De plus, l'arsenal "libéralisateur" (marché unique et concurrence) demeure intact et puissant.

Avec ce nouveau texte, la possibilité de renverser l'orientation de la politique des institutions européennes dans un sens conforme à nos thèses demeure toujours aussi éloignée.

Convergences des standards sociaux, lutte contre le dumping fiscal, dépassement de la logique du juste retour dans les négociations budgétaires par une véritable capacité d'imposition et d'emprunt pour l'Europe, protection et développement des services publics, tous ces objectifs sortent diminués de cette négociation.

Quant aux prétendus acquis de Nicolas Sarkozy dans la négociation (concurrence, services publics, protection des citoyens), ils sont purement symboliques et n'auront probablement aucune portée effective.

Les autres modifications apportées au projet de Constitution visent essentiellement à ménager des opt-outs, dérogations et autres mise en oeuvre différées au bénéfice de la Grande Bretagne et  de la Pologne. Différentes procédures de "freinage" ont de plus été instaurées au bénéfice des parlements nationaux et de minorités d'Etats Membres qui ne feront que rendre les processus de prise de décision plus long et compliqués.

Au final, selon la formule de Juncker, ce "traité simplifié" est en réalité très compliqué et peu lisible.

En tout état de cause, la vigilance reste une nécessité au moins jusqu'à la conclusion des travaux de la CIG et pendant la phase de la ratification.

Posted by Benoit Hamon on juin 26, 2007 at 03:59 PM dans Témoignages | Permalink

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Commentaires

Rien à voir, mais : Bon anniversaire, chez Benoit !

Rédigé par : Lancelot | 26 juin 2007 16:50:18

D'accord, d'accord, mais qui pense à te souhaiter ton anniversaire sur ce blog ? hein ? Bon et joyeux anniversaire Benoît et surtout continue à porter la bonne parole chez nous et ailleurs....

Rédigé par : jean-luc | 26 juin 2007 22:32:13

alors


BON ANNIF BENOIT !!!

Rédigé par : la fourmi rouge | 27 juin 2007 11:01:27

pour info,

écouter (vidéo) sur le site de Marianne:

"la gauche n'arrive plus à mobiliser l'électorat populaire"

http://www.marianne2007.info/Christophe-Guilluy-La-gauche-n-arrive-plus-a-mobiliser-l-electorat-populaire

Rédigé par : la fourmi rouge | 27 juin 2007 12:13:45

A faire circuler pour information :
http://manularcenet.canalblog.com/archives/2007/06/27/5440222.html#trackbacks

Si ce type de réaction se multiplie il va falloir sérieusement s'inquiéter.

Rédigé par : Emmanuel P. | 27 juin 2007 13:31:05

Merci Benoît pour ce premier décryptage de la position à la sortie du sommet européen et de l'appel à la viligence (toujours de mise lorsqu'on parle d'Europe) à avoir par rapport à la prochaine CIG.
Autre sujet : quelle est ta position concernant la libéralisation de La Poste votée par la commission "Transports" il y a peu avec notamment l'appui des eurodéputés du PSE ? Merci d'avance de ta réponse.

Et sinon, bon anniversaire !


Rédigé par : Jean (11) | 27 juin 2007 14:02:52

@ Emmanuel
lis avant d'être si définitif et lapidaire.

En ce moment, j'ai le temps de fouiner et lire : je fais un tri et dispatche aux amis des textes que j'estime intéressants pour la période qui s'ouvre. Et c'est ainsi que je suis venue lire Benoît aussi.

Celui-ci est à mon sens ESSENTIEL: l'évolution sociologique en France: grandes villes, zones péri-urbaines et campagne , depuis 20 ans.

Naturellement, le PS tout à ses luttes fraticides,n'a pas du tout pris en compte cette réalité. Aprés on entend des ténors vaniteux, ambitieux qui brocardent telle ou telle personnalité.

C'est sûr, il faudra procéder à un inventaire (personnellement j'estime que cela débute à mi 1984, quand Fabius est arrivé aux affaires: la politique économique d'alors et qui a suivi jusqu'en 2002; le tissu industriel que Giscard et Pompidou ont laissé mourrir: textile, sidérurgie...; le rôle néfaste d'Attali; pratiques du pouvoir; etc)avec les fautes de chacun, mais plus pour en extraire les erreurs que pour faire des procés (même s'ils démangent)et en tirer des leçons.
Et entendre ce qui est "senti", vécu par nos concitoyens, surtout ceux dont l'intérêt est que la gauche soit majoritaire.
Alors, on pourra s'attaquer au propositions de fond. Certains domaines ayant été complètement délaissés par la gauche au profit ... de Le Pen et Sarkozy, ce qui est fort de café ! On aura certains déchirements peut-être, mais il ne faut pas hésiter à bouger et faire fonctionner ses neurones !!!


Donc lire ce bouquin de Christophe Guilluy! et on comprendra mieux que Toulouse, Bordeaux, Rouen.... peuvent basculer à Gauche en mars 2008. On confortera des résultats à Paris, Lyon, Montpellier, Lille...Il faut nous en donner les moyens, non ça vaut le coup ?
A+

Rédigé par : la fourmi rouge | 27 juin 2007 23:52:41

Je voudrais juste demander à benoit Hamon qui se fait le parangon de l'intégrité des personnes et du combat pour les idées, ce qu'il pense de l'attaque incessante de ses amis ou soutien comme Bartolone et Fabius contre ségolène Royal.
Estime-t-il que c'est indispensable? ou que Ségolène n'est pas socialiste? Ou que l'avenir c'est Fabius? je ne sais pas moi...
J'aimerai juste avoir son avis. Cordialement.

Rédigé par : asse42 | 28 juin 2007 00:04:58

Merci, Benoît, pour cette analyse pondérée.
Partisan vigoureux du NON au TCE en 2005, j'entends certains socialistes crier au scandale contre l'accord du 22 juin, comme s'ils voulaient rejouer le match d'il y a deux ans. A mon sens, ils se trompent de combat.

En attendant les résultats de la CIG, force est de constater que si "l'arsenal libéralisateur" demeure intact, sa "constitutionnalisation" (qui m'avait fait voter non) n'est plus à l'ordre du jour. Restent quelques avancées institutionnelles non négligeables.

Faudra-t-il bloquer la ratification parlementaire, ne serait-ce que par respect pour le SU ? Faudra-t-il s'opposer au traité sur le fond ? Il est trop tôt pour le dire. Mais attention à ne pas nous tromper de combat. Les socialistes doivent dire comment, en réponse à la mondialisation, ils veulent construire l'Europe sociale (gouvernement économique, harmonisation fiscale et sociale, services publics...) plutôt que de s'opposer par principe à un traité qui ne le méritera peut-être plus.

En attendant, je reprends ton mot d'ordre : vigilance !

Rédigé par : Laurent | 28 juin 2007 12:26:50

Il me semble que chacun est responsable de ce qu'il dit ou fait, et je ne vois donc pas en quoi cette question a un interet quelconque, il faut la poser directement aux perpetrants eux-mêmes...
A moins qu'il s'agisse encore d'amalgamer tout ceux qui ne seraient pas exactement d'accord avec Ségolène sous ce terme merveilleux d'éléphant, quel que soit l'âge ou l'experience. Ségolène était à l'Elysée alors que je n'étais pas encore né : en terme de renouveau, ça peut aussi se poser là. Mais il ne s'agit pas de répondre avec les mêmes arguments absurdes. Il s'agit de défendre notre droit d'inventaire et la démocratie interne. Dès le 17 novembre, je n'ai eu de cesse, en militant respectueux de la discipline, de tout faire pour que notre candidate fasse le meilleur score possible, il me semble que j'ai aujourd'hui le droit de tirer les leçons de cet échec, dans le cadre d'un débat démocratique. Juger l'action des responsables politiques, c'est celà les jurys citoyens, non ?

Rédigé par : Quentin | 28 juin 2007 12:28:52

Le Traité corrigé en effet, ne peut à proprement parler être qualifié de "simple" ; on ne définira ses contenus et perspectives, moins encore, par des formules simplistes.

Je reviens sur sa réalité politique : à ce jour, "feu" la Constitution a tout de même été ratifiée par 18 Etats sur 27, soit 272 millions d'habitants sur 489 ; 7 des 9 Etats qui n'y ont pas dit oui (soit 136,5 millions d'habitants) sont en position d'attente ; sur les 4 Etats qui ont eu le courage politique de passer la Constitution au référendum, 2 y ont dit oui (l'Espagne et le Luxembourg, 42 millions d'habitants), 2 y ont dit non (la France et les Pays-Bas, 80 millions d'habitants).

Manière de dire qu'il ne fallait pas s'attendre à des changements faramineux sur un texte déjà approuvé par 67% des Etats représentant 56% de la population de l'UE, avec respectivement 26 et 28% d'attentistes.

Je reviens aussi sur sa genèse, en l'occurence l'affligeant Traité de Nice de 2001, l'un des fruits les plus pourris de la cohabitation 1997-2002 entre Chirac et Jospin, dont nous continuons à payer le prix. Ce traité a d'une part rompu la parité entre la France et l'Allemagne au Parlement Européen, mais il a surtout concédé un poids politique disproportionné aux petits Etats comme aux moyens, entérinant une paralysie politique de l'UE quasi définitive - de petites Etats au poids surévalué représentent trop d'intérêts divergents pour envisager autre chose qu'une Europe a minima.

La Pologne a jusqu'à il y a quelques semaines considéré le poids que lui accorde Nice comme quasiment non négociable ; c'est donc à Nice puis au double "Non" français et néerlandais que nous devons la date de 2017 comme date d'application définitive (avant la CIG qui peut encore la modifier, dans un sens ou l'autre...) du "Traité sur le fonctionnement de l'Union" - puisqu'il fallait bien accorder des concessions à la Pologne des siamois Kaczyński...

C'est-à-dire qu'entre la CIG lancée en février 2000 pour aboutir au mauvais brouillon qu'est le Traité de Nice, et la CIG instituant le "Traité sur le fonctionnement de l'Union", qui corrige feu la Constitution qui devait déjà corriger Nice, 17 ans se seront écoulés.

Bush avait bien raison de sabler le champagne le soir du non au référendum en France !! Avant la "bravitude" chinoise, il y avait déjà la "nainitude" européenne !...

La modification de la Constitution obtenue grâce à ce "Non" est-elle au moins fructueuse ? La dernière CIG, donc, le dira en détail. Quelques plus, qui tiennent cela étant surtout à des abandons (aucune nouvelle avancée, comme le dit Benoit), et plusieurs moins, dont l'abandon de la référence à l'Euro comme monnaie de l'Union, mais aussi de la symbolique communautaire (hymne, devise, drapeau, lois et lois cadres...), seule productrice de l'indispensable sentiment de vivre ensemble européen.

J'ai voté oui au référendum constitutionnel, au PS comme dans l'isoloir le 29 mai 2004. J'observe aujourd'hui qu'au final, l'aventure qui devait conduire l'Europe de l'après Mur à se rassembler, se conclue sur la perspective longue 1989-2017, par des avancées incontestables sur la période 1989-1995, mais par la victoire des nationalistes depuis (appelons-les par leur nom). J'ajoute que le tandem Brown - Sarkozy, opposés sur presque tout en matière communautaire, ne peut franchement inciter à l'optimisme à moyen terme.

Nous disposons aujourd'hui ou allons disposer, à terme, d'outils incontestables et puissants pour agir (monnaie unique, personnalité juridique, premier marché mondial, système de décision à la double majorité efficace, politiques intégrées, politique étrangère). Ils ne seront pas de trop.

D'immenses enjeux en effet nous attendent : contre Sarkozy, il est vital d'intégrer de plein droit la Turquie à l'UE (ou bien c'en est fini de l'Europe comme modèle de paix pour elle-même et le monde) - c'est un enjeu de civilisation ; d'ailleurs d'autres élargissements (ex-yougoslaves et ex-soviétiques) se poseront ; nous devrons avancer vers des standarts sociaux, une citoyenneté, un aménagement du territoire et un rôle de la puissance publique en Europe ; faire contrepoids enfin au monétarisme triomphant de la BCE.

La nécessité de bâtir une nouvelle dynamique européenne, autour probablement d'un concept d'Europe(s) des cercles, est donc impérieuse - mais aujourd'hui, ses protagonistes et acteurs, outre qu'ils ont la gueule de bois, restent le nez dans le vent...

Rédigé par : Thierry SEVEYRAT | 29 juin 2007 01:52:55

La presse et quelques thuriréfaires crient au génie pour saluer la conclusion du sommet européen de Bruxelles samedi 23 juin 2007, qui aurait vu la victoire sarkozienne sur les forces anglo-polonaises de l'obscurantisme eurosceptiques. Je ne ferai pas la fine bouche, et je concèderai avec d'autres que ce compromis vaut mieux que le blocage dans lequel l'Europe avait été plongé par les bêtises chiraquiennes. Mais il est clair que le principal obstacle que connaissait l'Europe était celui de l'unanimité et d'une pondération des voix rendant toutes décisions sérieuses impossibles dans l'Europe à 27. Or qualifier de victoire le fait que le principe de double majorité sur quelques dossiers intérieurs qui ne concernent pas les principaux problèmes économiques et sociaux de l'Europe soit renvoyé à 2014 à la demande de la Pologne est un peu fort de café... D'autre part, la Grande Bretagne a obtenu de ne pas être soumise à la Charte européenne des droits fondammentaux, ce qui devrait encourager de sa part l'accroissement du dumping social. Enfin deux sujets majeurs restent à l'unanimité quand il eût fallu les faire passer à la majorité pour construire ce gouvernement économique dont l'Union a besoin face à l'indépendance de la BCE : la fiscalité et le social. Silence sur les coopérations renforcées...
Je considère ce bilan comme mitigé, mais ayant le principal mérite de ne plus empêcher les évolutions qu'enterrait le projet de TCE.
Fred

Rédigé par : Frédéric Faravel | 29 juin 2007 14:22:49

@ Fred

Mais croire surtout qu'il s'agit du génial Sarkozy qui en 15 jours aurait débloqué la situation, c'est se mettre le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate !

Regardons plutôt comment fonctionnent ces institutions, et le rôle d'A.Merkel. Le travail en amont date...

Rédigé par : la fourmi rouge | 29 juin 2007 23:19:04

Salut à tous ;


Je me permet une légère intrusion sur le blog de Ben, pour y loger un souhait de prompt rétablissement à ce Michel de Rocard, qui est allé nous faire une petite frayeur en voulant jouer Tintin aux Indes.

Je le place d'autant plus, que Rocard pour Benoit et pour moi, ça ne nous rajeunit pas mais ça nous ramène à la fin des années 80, quand nous avons adhéré au MJS, Ben je crois en 87, moi un an plus tard, en mars 88, dans le mouv' de la présidentielle (j'avais à peine 17 ans, "on n'est pas sérieux quand on a 17 ans"...). Pour moi au moins, Rocard y était pour beaucoup - et Mitterrand aussi d'ailleurs, à l'époque ce n'était pas encore comme d'avoir le typhus ou le zona, on l'appelait même "Dieu" - on a bien appelé l'autre "la Madonne" à un moment (à un moment seulement) !!...

Bref, le Rocky est je pense encore aujourd'hui, pour Benoit comme pour moi, une référence, qui m'a d'ailleurs permis de le connaître, à Avignon en 94, quand le MJS est devenu, grâce à lui et à Rocard justement, statutairement autonome du PS, avec Benoit comme premier président.

Et c'est d'autant plus comique, cette histoire, que j'ai rajouté justement cette précision "historique" sur la fiche Wikipédia de Benoit (http://fr.wikipedia.org/wiki/Beno%C3%AEt_Hamon) jeudi ou vendredi, puisque sa fiche n'en parlait pas !!

C'est qu'on s'amuse sur le net, pendant les heures creuses de boulot ;-)) !...

Croisons quand même les doigts pour que Rocard nous revienne en forme, si l'intelligence en politique, à l'heure de l'achèvement de la démagogie vendue comme "démocratie participative", peut conserver un sens...

Rédigé par : Thierry SEVEYRAT | 2 juil 2007 03:10:02

A propos de l'Europe qui avance, ce conseil de lecture :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-930457@51-912015,0.html
et http://www.railteam.eu/fr/

Parler d'un espace européen partagé commence à se dessiner...

Rédigé par : Thierry SEVEYRAT | 2 juil 2007 16:00:30

C'est pas vraiment le lieu mais...

Trois amis se retrouvent.

Le premier dit :
- Moi, mes parents sont morts et m'ont laissé leur petite
épicerie! Alors, je me suis décarcassé,j'ai tout agrandi, j'ai repeint,
j'ai modernisé, j'ai embauché 3 vendeuses bien mignonnes qui plaisent aux clients, bref, les affaires vont bien et c'est vraiment en pleine expansion. C'est pas encore Carrefour, mais je suis confiant pour l'avenir.

Le second dit :
- Moi aussi, mes parents sont morts, ce qui fait que j'ai récupéré leur petite quincaillerie. C'était vraiment la pagaille, on ne savait plus où trouver les outils, les clous, mais j'ai tout bien classé, tout est rangé par catégorie et j'ai même récemment mis en place un Libre service et mon chiffre d'affaires monte en flèche !

C'est pas encore "Castorama", mais ça va bien.

Le troisième dit :
- Moi aussi, j'ai hérité : mes parents tenaient une petite maison close qui vivotait : les filles étaient plutôt vieilles et moches et n'attiraient plus grand monde. J'ai refait des chambres gaies et pleines de miroirs, j'ai viré les vieilles entraîneuses et j'ai embauché des jolies filles très jolies et de beaux petits gars qui attirent la clientèle et dont les habitués raffolent.

Bref, c'est pas encore le Parti Socialiste mais c'est déjà un joli bordel!

Rédigé par : Ghis | 2 juil 2007 18:30:38

Bonjour Benoît,

Cette réaction d'hier aux propos de DSK... super! trés bien... mais....sous le contrôle et sur les conseils de François Hollande ? ou démarche vraiment perso ?

Attention, à être trop fidèle et respectueux, on perd de sa crédibilité et son originalité, ok ?

Rédigé par : la fourmi rouge | 3 juil 2007 10:49:15

Je n'arrive pas à comprendre pourquoi les socialistes sont favorables à la règle de la majorité en matière fiscale. On peut bien sûr y voir le moyen de lutter contre le dumping fiscal. Mais le risque est qu'on nous oblige à adopter une fiscalité moins juste. Dans une Europe largement gagnée aux idées libérales et dans laquelle les sociaux-démocrates ne constituent pas une vraie force d'opposition, nous avons tout intérêt à conserver la maîtrise de notre fiscalité.

Rédigé par : chatel | 3 juil 2007 11:31:47

Benoit, vous semblez confondre vote d'un calendrier et modalités de la refondation. Ce vote n'était en rien un vote d'immobilisme ou de soutient à François Hollande. Que vous vous abaissiez à le faire croire est assez dommage ...
D'ailleurs votre position n'est pas très lisible ? Virer Hollande, ça on avait compris. Oui, et après ? Vos propositions alternatives sont bien légères, notamment sur un calendrier qui permette à chacun de faire un bilan et de se reconstruire un peu indépendamment des courants.
Que ce calendrier ait été voté à l'unanimité moins 4 voix démontre assez bien que ce vote consensuel n'est pas un vote de soutient à l'actuelle direction. Je ne comprends pas bien comment il est possible d'opposer militants et cadres sur cette question.

Quant à vos attaques contre DSK, franchement ... il a été le seul à publier 3 tribunes pour la refondation de la gauche dans le Nouvel Obs entre les deux élections.

Rédigé par : Alice | 3 juil 2007 11:47:48

Vos commentaires "représailles" concernant DSK etaient parfaitement fondés, je note qu'ils ont été prononcés par le porte parole du parti.
Quant aux 3 pages de DSK dans le nouvel Obs, une fois de plus je suis restée sur ma faim... "Much ado about Nothing", voila ce que ça m'a inspiré....

Sinon, concernant les sifflets qui ont accueillis les propos de Hollande annoncant la relance du programme d'adhesion à 20 euros. Qu'est ce que ça vous inspire?

en tous cas voila mon avis:
http://longuevue.blog.lemonde.fr/2007/07/02/dans-la-peau-dun-militant-a-20-balles/

Rédigé par : Gasper | 3 juil 2007 12:07:45

la réaction strausskahnienne par la voix d'Alice arrive... tatatiiinnnn !

Rédigé par : la fourmi rouge | 3 juil 2007 12:29:22

@ Alice
"(DSK) a été le seul à publier 3 tribunes pour la refondation de la gauche dans le Nouvel Obs entre les deux élections". Soit, mais son « socialisme du réel » y apparaît fort peu socialiste. Il est en effet excessif d’affirmer, comme il le fait, que «la liberté d’entreprendre … (est) créatrice de richesse» car certaines activités économiques génératrices de profit appauvrissent l’humanité plus qu’elles ne l’enrichissent. Promouvoir les promoteurs est irresponsable si cela doit avoir pour effet de les encourager à piller les ressources naturelles de la planète et à polluer inutilement l’environnement. De plus, il faut noter -et ce fait est rarement souligné- qu’il est contradictoire de vouloir moderniser le PS en lui demandant de prendre exemple sur ce que le SPD a fait en Allemagne il y a 50 ans.


Rédigé par : chatel | 3 juil 2007 13:07:50

égal à vous même...
critiquer DSK qui se démene pour reconstruire... c'est excellent
je ne vous félicite pas
quant à votre analyse de l'accord, elle est pleine d'erreurs...

Rédigé par : sasha | 3 juil 2007 14:10:08

@ T. Seveyrat
« Nous devons avancer vers des standards sociaux ». Mais là est le problème. Comment voulez-vous imposer votre conception de l’Europe à des pays qui n’en veulent manifestement pas ? Cet espoir insensé a servi jusqu’à présent de justification à de nombreuses régressions. En votant majoritairement non au référendum, les électeurs de gauche ont monté qu’ils l’avaient parfaitement compris.

Rédigé par : chatel | 3 juil 2007 14:47:17

«la liberté d’entreprendre … (est) créatrice de richesse». Certains trouvent cette affirmation excessive...
Soit critiquons...
Car..."certaines activités économiques génératrices de profit appauvrissent l’humanité plus qu’elles ne l’enrichissent"
J'adore l'humanité tout en noir ou blanc.
Au pilori la liberté d'entreprendre (sous toutes ses formes?....y compris, par exemple, lorsqu'il s'agit d'entreprises de l'économie sociale et solidaire?)
et vive ...mais vive.... quoi donc camarades?....!
Osez, bon sang, je suis particulièrement attentive à toute proposition alternative à la liberté d'entreprendre (sourire).


Rédigé par : antigone | 3 juil 2007 16:11:38

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