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10/05/2007

Interview

Images_2 Le Parti socialiste est-il menacé d'explosion ?

Benoît Hamon. Non. Il a déjà connu des moments aussi difficiles, des lendemains de défaite électorale. La question qui lui est posée aujourd'hui, c'est à la fois comment il prépare les élections législatives et comment il s'organise, autour de quelles orientations pour faire face à la victoire culturelle et idéologique de la droite.

Le PS doit-il s'allier avec le centre ?

Toute alliance avec le centre, donc avec la droite, aujourd'hui, supposerait un minimum d'accord programmatique, qui, plutôt que de favoriser la clarté de notre projet, ajouterait à la confusion. Ce n'est pas la meilleure manière de tirer les enseignements de cette élection.

Vous remettez à plus tard l'analyse des raisons de la défaite ?

On hiérarchise les événements. On a aujourd'hui à réussir les législatives pour avoir le contre-pouvoir le plus fort qui soit face à la droite. Après se posera la question de l'organisation de la gauche pour les cinq ans qui viennent. Nous sommes favorables à la constitution d'un grand parti de la gauche, qui irait du centre gauche aux antilibéraux.

Vous avez tout de même quelques explications à cette défaite ?

Là où je me suis senti hier soir (NDLR : avant-hier) en décalage avec mes camarades, c'est quand j'ai vu que la droite présentait le visage du renouveau avec Rama Yade, Rachida Dati ou Laurent Wauquiez, alors que nous avions les mêmes pour expliquer la défaite de 2007 que ceux qui expliquaient la défaite de 2002 et celle de 1995 ! On a aujourd'hui l'électorat le plus divers, le plus jeune, le plus curieux, et pour autant c'est la droite qui donne l'exemple de la diversité, et nous, on donne le sentiment d'être restés scotchés aux années Mitterrand...

Ségolène Royal doit-elle devenir le chef de l'opposition ?

Ségolène Royal n'a pas été désignée pour diriger l'opposition, mais pour être élue présidente de la République. La question du leader se posera en temps et en heure. Moi, je ne suggère pas que le PS fasse de la question du leadership le sujet central. Clarifions d'abord le projet socialiste.

Posted by Benoit Hamon on mai 10, 2007 at 09:16 AM dans Médias | Permalink

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Commentaires

Analyse électorale d'Eric Dupin :
"(Sarkozy), pour sa part, ne devient majoritaire qu’à partir de 50 ans. Avec seulement 40% des suffrages des 18-24 ans, Sarkozy obtient quinze points de moins que Chirac dans cette tranche d’âge. Le candidat de l’UMP renforce, à l’inverse, ses positions chez les électeurs les plus âgés pour culminer à 64% chez les plus 65 ans. On note que les électeurs de plus de 50 ans constituent 52% de son électorat contre seulement 37% de celui de Royal. "

A froid, pas certain que le renouvellement puisse tout expliquer,...

Rédigé par : Yves | 11 mai 2007 20:01:55

je suis tout à fait d'accord avec laurent, il nous faut un grand ps decomplexée d'etre a gauche, un ps avec un 'nous', pourquoi? la societe version sarko , dsk ,SEGO etc...est une societe du 'je' ils mettent de cote les valeurs de la gauche , que veut dire etre de gauche ???, ou est le drapeau de la gauche , sarko a fait campagne sur les themes de la droite , le vote a montré une adhesion a ses idees , il n'a pas cheche a recentré son discours , si le ps avait un projet coherent de gauche ' chivardi , bove , etc ne seraient pas candidat , un plus pour les ps et avec les verts renouveles , la gauche aurait plus de 40 A 45 POURCENT AVEC UN DISCOURS REPUBLICAIN . LAIC. le 6 pourcent pour gagner sans probleme , n'oublions pas que le pen a fait 11 pourcent c'est bcp , (sarko a mobolise la droite) si la gauche se mobilise on est a 49 _49
ALORS je suis d'accord avec l'idee d'un rassemblement pour un grand parti de gauche , une gauche decomplexée

Rédigé par : pkl | 12 mai 2007 17:23:50

Le Parti Socialiste de se reconstruire sur des bases solides, l'idée fait aujourd'hui conscensus. Pourtant le NPS porte cette volonté de rénovation depuis maintenant cinq ans avec une réelle volonté de renouveler la classe politique et le projet du Parti. Le renouveau socialiste doit se faire de façon claire, il doit trouver son ancrage à gauche. Nous avons des valeurs, ne les oublions pas. Solidarité, humanisme, justice sociale doivent guider notre projet. Au travail dès maintenant pour gagner dans cinq ans !

Rédigé par : Rémy RAPHAEL | 13 mai 2007 03:26:51

je suis persuadée que tu as ,benoit , un rôle majeur à jouer pour d'une part recentrer le parti sur ses fondamentaux et d'autre part faire la liaison entre les dirigeants de l 'ex motion 2 et ceux de l'ex motion 5.
C'est à toi de reprendre ce flambeau de la gauche et de réussir cette mission qui permettrait d'éviter la querelle des chefs.
Ceci dit je ne partage pas ton analyse sur le fait que soyons restés scotchés aux années Mitterand .C'est presque l'inverse , Mittérand avait avant tout pris le leadership du parti pour ensuite construire une alliance avec d'autres partis .Il me semble qu'on assisté à l'inverse.Nicole Talence

Rédigé par : mayer | 13 mai 2007 14:57:40

Perso je suis plutôt d'accord avec SR. Si on règle pas tout de suite le problème du leadership, la refondation n,e se fera jamais. On enrestera à des jeux d'appareil, des postures p"lus à gauche que moi tu meurs", "social-démocratie, social-démocratie. blah blah .."
bref que des belles paroles et rien sur le fond, parce qu'aucn n'aura intérêt à avancer sur quoique ce soit, pour surtout ne pas se mettre des adhérents à dos. Qu'est-ce qu'être socialiste à l'heure de la mondialisation ? Quelles sont les valeurs qu'on défend ? Pourqoui veut-on le pouvoir ? Quelle est notre doctrine ? On dit quoi qd des gamins tabassent une petite vieille ? Qd une entreprise vire des gens ? etc ..

Choisissons nous un chef qui sera aussi le chef de l'opposition et permettra l'émergence d'une nouvelle génération à ses côtés. Si elleo u il se plante, on changera. Faisons exploser ce bureau national qui n'est devenu qu'ne tribune pour se placer pour l'élection suivante.

Il est temps de choisir un leader dans cette génération( SR, DSK, Fabius ,Hollande) plutôt que de les laiser tous là, à attendre que leur voisin se plante pour pouvoir prendre sa place. On en choisit une ou un, et les autres basta ! Après place à la nouvelle génération

Rédigé par : Jérémie | 15 mai 2007 22:37:34

Mr Hamon, j'apprécie toujours vos analyses, claires rigoureuses et exigentes. C'est grâce à des personnes comme vous, dont je suis certain que le PS regorge (si si laissez moi esperer), que je suis heureux d'y prendre ma carte ce soir, aprés moulte hésitations. Je suis convaincu que votre voix sera parmis les plus importantes dans les débats à venir. Merci à vous, donc, et bon courage !

Au passage je me permet d'inviter les internautes à lire l'article de la socioloque Annie Collovald dans le "monde diplomatique" de mai...

Rédigé par : Le Medjnoun | 16 mai 2007 11:04:01

le renouveau du parti socialiste ne peut se faire que par un engagement antilibérale.Le projet que defend Mr HAMON,un parti du centre gauche aux antliliberaux est un non sens.Depuis quand le centre est antiliberal.Mr hamon:il y a longtemps que le PS n'est pas scotchés aux années mitterand,qui avait dit"ceux qui ne sont pas d'accord avec la rupture avec le capitalisme,ne peuvent pas étre adhérent du PS".80% des adhérents du PS ont crachés sur cette déclaration,en 1995 lors du référendim sur la constitution au service des banque(donc du capital),et en novembre 2007 en votant pour des candiadts à l'investituire qui ont tout dit,sauf leur oppsition au capitalisme(pardon libéralisme,c'est mieux).Vous en avez eu le résultat le 6 mai et le plus "marrant"c'est max gallo et kouchner.Pour toutes ces raisons comme des millions de français,je met le PS au placard:c'est sa place

Rédigé par : giribaldi daniel | 16 mai 2007 22:38:51

TOUT A FAIT VRAI
« Là où je me suis senti hier soir (NDLR : avant-hier) en décalage avec mes camarades, c'est quand j'ai vu que la droite présentait le visage du renouveau avec Rama Yade, Rachida Dati ou Laurent Wauquiez, alors que nous avions les mêmes pour expliquer la défaite de 2007 que ceux qui expliquaient la défaite de 2002 et celle de 1995 ! On a aujourd'hui l'électorat le plus divers, le plus jeune, le plus curieux, et pour autant c'est la droite qui donne l'exemple de la diversité, et nous, on donne le sentiment d'être restés scotchés aux années Mitterrand...

et à cet égard c'est tout aussi vrai que jamais cette déclaration Antonio Gramsci
« On peut ainsi définir une situation de crise: l'ordre ancien est moribond, et ce qui est nouveau n'arrive pas à venir au monde. Durant cet interrègne, toutes sortes de symptômes de morbidité font leur apparition. »
ne se soit appliquée aussi bien qu’à la gauche (NB : je ne vise pas le seul PS) actuelle, agrégat d’opportunistes de tout poil dont la seule idéologie est de préserver en fait les prés-carrés que leur offrent les institutions obsolètes de la V ème république, comme le prouve les déménagements chez Sarkozy.
Ne serait-il pas temps de trouver une réponse au fond du problème du PS qui semble simple : En 2007 être de gauche c’est quoi ? être au PS c’est quoi ?

Le problème de la gauche me semble en le regroupement de ses forces dans un seul parti capable de démontrer qu’il soit bien capable de présenter une alternative réelle construite sur ses propres valeurs humaines et sociales, à la politique néo-libérale qui sera menée sous la présidence Sarkozy ; et cette alternative devrait commencer par porter sur la réforme de l’Etat et des institutions de la Vème et l'organisation des territoires.
- que fait-on du Sénat
+ de 300 sénateurs alors que 66 suffisent en Allemagne, est-ce ça normal ?

- que fait-on du département
- du trop grand nombre de communes sans moyens financiers réels.
- Que fait-on de l’ENA
- Et aussi que fait-on en interne du cumul des mandats : les cumulards investis seront-ils autorisés à cumuler s’ils sont élus ?
RT Wattignies.

Rédigé par : Raymond Thiebaut | 17 mai 2007 09:02:41

OK je suis d'accord occupons nous du projet d'abord mais c'est ce qu'on a fait.
Malheursement la 5eme République c'est un régime assez présidentiel et pour arriver à une autre République il faut que l'on arrive au pouvoir.

Je pense qu'il faut désigner notre candidat(e) pour 2012 en fonction d'un projet juste après les législatives pour avoir le temps de faire campagne et de présenter vraiment notre projet qui serra cete fois en cohérence avec le candidat.

Vous avez vu les flottements de notre campagne et ben ça vient décalage parti-candidate. Ne refesons pas les meme erreurs cette fois. Désignons un candidat en fonction d'un projet qu'il incarne.

Je voudrais vous poser une question: est ce que vous accepteriez de vous présenter pour 2012? Vous parler de renouvellemtn politique et bien allons y !

Rédigé par : Francois | 17 mai 2007 18:54:50

@ François
D'abord les législatives, puis les élections locales d 2008 pour sauver si qui peut l'être, et enfin un Congrès pour clarifier et renouveller. Et des personnes comme Benoît Hamon, (qui a beaucoup plu aux militants qui ne le connaissant lors de sa venue par chez nous à La Motte-Servolex) Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Najat Belkacem...

Rédigé par : Pierre | 17 mai 2007 21:39:19

En tout cas on vous voit pas mal en ce moment sur la TV: BFM TV, LCP, ...

Ca fait bien pour les législatives ça montre la nouveauté!

Rédigé par : Francois | 18 mai 2007 10:29:48

Le grand charivari de la gauche va commencer pour sauver ce qui peut l'être...Cependant la ligne n'est toujours pas claire, c'est un fait. Tant que ce parti ne saura pas faire la part des choses entre les "anti libéraux" et les "pro économie de marché" il sera encore et toujours au fond du trou électoral...La révolution est en marche mais du mauvais côté de la balance...bien à droite et bien autoritaire avec son lot de discrimination positive mais ordonnées dans le sens de la valeur "travaille mais tais toi!"...Messieurs de la gauche il y a urgence pour sauver le garde meuble et celà va passer par une traversée du désert bien pénible mais qui verra enfin et je l'espère l'emmergence de la génération de votre calibre Monsieur Hamon...Ayez cette audace, virez les vieux éléphants, vous en mourrez d'envies..tous!

Rédigé par : voxx populi | 18 mai 2007 23:08:52

Les 10 et 17 juin, vous aussi faites l'Ouverture, VOTEZ SOCIALISTE !

Rédigé par : Filip | 20 mai 2007 09:46:10

maintenant il faut absolument que Benoît soit invité sur les plateaux TV... et puis il faut dire à Michel Noblecourt que Ben n'a pas 30 mais bientôt 40... et que donc le lait ne lui sort pas du nez quand on le presse et qu'il ne manque pas d'expérience pour éventuellement prendre la direction du Parti (socialiste ou de la gauche progressiste...) : franchement ça aurait de la gueule en attendant 2012 !!!!
Fred

Rédigé par : Frédéric Faravel | 25 mai 2007 12:19:35

Etant données la difficulté et la douleur que les socialistes vont connaître suite aux élections législatives, peut-être faudrait-il penser à une nouvelle organisation de l'opposition ? Je pense notamment à la création d'un "shadow cabinet".

Le cabinet fantôme est un gouvernement virtuel (donc dénué de pouvoirs réels) formé par le principal parti de l'opposition. Les membres du cabinet fantôme sont appelés "porte-paroles" ou "critiques" et dédoublent chaque poste ministériel du gouvernement. Par exemple, le porte-parole de l'opposition pour la Justice devrait être le symétrique de Rachida Dati et le critique du ministre de l'Immigration serait le doublon négatif de Brice Hortefeux. Ainsi, le rôle principal du cabinet fantôme est de critiquer le gouvernement et d'offrir une alternative, ce qui permet d'avoir un gouvernement pré-constitué en cas de victoire électorale.

Cette façon de fonctionner offre également une forme de sécurité aux électeurs : ils peuvent aisément imaginer la forme du "gouvernement de rechange" si le parti d'opposition est élu. Précisons que dans la pratique, il n’est pas rare que les membres du cabinet fantôme ne soient finalement pas tous nommés ministres, ou qu'ils soient nommés à un ministère autre que celui pour lequel ils étaient porte-paroles lorsque le parti prend le pouvoir. Les jeux ne sont donc pas faits 5 ans à l’avance, que les cœurs pusillanimes se rassurent.

Même si la France ne fonctionne pas sous le système de Westminster, s'inspirer d’une construction formelle de l’opposition semble une nécessité vu les impairs de nos pairs pendant la période électorale de 2007. Ceci permettrait qu’un pôle de leaders identifiés, experts sur un certain nombre de dossiers, mène la barque face au rouleau-compresseur de la majorité présidentielle. Afin d’avoir enfin un cap, plutôt que de faire retentir de vaines cornes de brume dans le brouillard des dispersions.

Rédigé par : Triple R™ | 4 juin 2007 15:59:59

Oui, d'accord avec toi Triple R. Mais :

- les secrétariats nationaux étaient faits pour cela, et, malheureusement, ont été déformés pour n'être que des sièges à donner à la proportionnelle des courants. la crédibilité de certains postes de SN est désormais très relative...

- Un cabinet fantôme d'opposition préfigure les nominations en cas de gouvernement socialiste : imagine la guerre interne pour être une Dati PS ou un Hortefeux PS !

Avec l'appareil de notre parti totalement réduit en bouillie actuellement, c'est proprement infaisable. Mais ça reste une idée qu'il faut réussir à mettre en place, évidemment...

Rédigé par : Ariane | 4 juin 2007 19:00:52

Tu as parfaitement raison sur tes motifs de refus des alliances au centre. Le problème des alliance est résolu quand on sait ce que l'on est et ce que l'on veux faire.

Il faut donc au préalable que le Ps débatte en interne de ce qu'il veux faire. De son projet de société. Il y a au PS presque toute la gauche, des sociaux-libéraux aux sociaux-gauchistes. Pratiquement partout en Europe, de tels personnes sont dans des partis différents. Au pire, il y a une majo qui impose ses vus à une minorité qui essai de changer ça.
En France, le PS est l'union de la carpe et du lapin, avec la volonté de toujours faire la synthèse d'opinions contradictoires.
Pourtant, quand on sauras vraiment ce que la majorité veux faire du PS, un projet de société clair devrait apparaître. De ce projet là, les alliances découleront naturellements. Qu'il s'agisse par ailleurs de Bayrou ou de Besancenot.

Malheureusement, j'ai le sentiment que le PS applique à ses débats internes la méthode queuille "Il n'y a pas de problème qu'une absence de solution ne finisse par résoudre."
Si le but est de ramener le PS au niveau de la SFIO en 1969, alors la route est la bonne.

Si le but est d'être le parti qui saura comprendre la société et la faire évoluer pour faire de la France un pays de concorde sociale tourné vers l'avenir...

Rédigé par : Patrice DELGADO | 22 juin 2007 18:55:17

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