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23/05/2007

Course de vitesse

HommesablierRapporteur pour avis sur les aspects extérieurs de la compétitivité de l'Union Européenne, j'ai eu le droit à 60 secondes d'intervention pour résumer l'avis voté par la commission économique du parlement Européen. Glaçant d'effroi l'hémicycle, j'ai mordu de 36 secondes sur le temps imparti pour souligner l'inquiétude de ma commission vis à vis de l'appréciation continue de l'Euro par rapport aux devises concurrentes (Dollar, Yuan ou Yen). J'ai réussi dans une ultime phrase à évoquer la proposition retenue par la commission économique de créer une taxe carbone sur les produits importés dans des conditions irrespectueuses des exigences de Kyoto. Top départ pour 96 secondes de concentré d'intervention ...

Téléchargement Hamon20070522.wmv

Et le rapport pour mémoire :

Téléchargement avis_hamon_sur_caspary.doc

Posted by Benoit Hamon on mai 23, 2007 at 04:38 PM dans Interventions au parlement | Permalink

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Commentaires

Trop chiant et en plus ya personne autour de toi.

Rédigé par : jean-Luc | 23 mai 2007 22:00:02

Et oui l'économie c'est chiant. Et ça aurait été tellement mieux avec plein de monde au milieu de la croisette. Pendant ce temps là, TF1 et F2 ouvrent leur JT sur la nouvelle "hier le président a fait caca en lisant le journal!" Ca c'est tellement mieux, tellement plus moderne, plus glamour!

Rédigé par : Tatoutcompris | 24 mai 2007 09:01:02

Encore du bon boulot Monsieur le Député !
Et oui, c'est tellement moderne, glamour et mieux de parler du people que de parler de politique... Nos élus n'y sont pas pour rien si votre travail de députés européens est renvoyé aux oubliettes. Je viens de faire un petit décompte : 8 eurodéputés sur 31 seront candidats aux législatives nationales. Et parmi, des camarades qui se disent européens convaincus. Alors, à quand un poste d'eurodéputé qui ne soit pas un lot de consolation des oubliés de la politique nationale.
Heureusement que quelques-uns y vont parce qu'ils y croient.
Encore bravo Benoît !

Rédigé par : Jean | 24 mai 2007 11:30:45

Seulement 8 députés européens candidats aux législatives ? J'aurais imaginé plus. Y aurait-il du progrès dans notre parti ?

Quand Benoît dit qu'il a plongé l'hémicycle dans l'effroi en osant parler 36 secondes de plus que le temps qui lui était imparti, je me demande si on peut vraiment faire de la politique dans un parlement comme celui-ci et si l'hémycicle sert vraiment à quelquechose.

Quel débat ou proposition peut avancer en 1'36 dans l'hémicycle ? Non pas que cela soit inutile, mais... Comment on gère cette frustration de devoir être aussi lapidaire ?

Rédigé par : Ariane | 24 mai 2007 12:01:12

Je me suis permis (en espérant, bien sûr, que Benoît Hamon me le permette) de transferer cette intervention sur Dailymotion :
http://www.dailymotion.com/nomiros/video/3482506

Rédigé par : No | 25 mai 2007 10:50:22

Benoît, Ariane a posé une très bonne question : comment ça se passe le travail législatif au Parlement ? J'imagine que c'est en commission que tout se passe, comme ici, mais ton intervention peut-elle avoir un rôle ?

En tout cas, merci de nous montrer que la politique n'est pas qu'une affaire de stratégie, et, tu as raison, faisons comme les Etats-Unis ! :)

Rédigé par : Emmanuel | 25 mai 2007 11:16:50

Bravo

Rédigé par : jérémie | 25 mai 2007 20:35:53

Le pragmatisme est une chose, l'UE s'en dope, mais nos concitoyens européenns n'y trouvent guère leur compte. 96 secondes pour rapporter un avis assez important !
En effet, la question de la compétitivité est essentielle, voire centrale. Je me demande comment tu fais pour t'épanouir dans ce flot de réductions idéologique et intellectuel. Une habitude, je n'espère pas ! Une bataille culturelle ? Plutôt !

Rédigé par : Marco | 25 mai 2007 22:50:40

96 secondes à entendre, mais 180 à télécharger le son... Bon courage et à bientôt pour le Congrès de la rénovation (qui incluera le protectionnisme européen)

Rédigé par : Pierre | 27 mai 2007 10:10:53

SPIDER-MAN EST SOCIAL-DEMOCRATE

SPIDER-MAN 3 une chronique cinema du
http://republicoin.blogspot.com

Et dire que j’ai failli rater ce superbe film que tout mon entourage comme la critique assassinait. Soi-disant que c’est vraiment n’importe quoi, ce Peter Parker qui pleure, ce bouffon vert cyclothymique et cette Mary-Jane un peu gourdasse sur les bords alors qu’elle est plutôt du genre coriace dans le Comics.

Du coup j’envisageai d’aller voir chez un pote une version pirate de « Sicko », le dernier docu-fiction du mythomentaliste Michael Moore, traitant du système de santé américain, avant de me raviser. Tiens, cela dit en passant, c’est marrant comment quasiment personne ne parle de « Manufacturing Dissent » alors que la tête de Moore est invitée à Cannes. Il s’agit d’un documentaire canadien, où Debbie Melnyk et Rick Caine, déçus par ce qu’ils ont découvert sur Moore après en avoir été des admirateurs, y montrent les procédés « discutables », mensongers voir manipulatoires que Moore utilise dans ces documentaires à lui.

Tout ça pour dire qu’au final, j’ai bien fait d’être honnête en allant voir Spider-man 3. La question de l’assurance maladie y est bien mieux traitée. Comment ça ?!? Attendez voir, vous allez comprendre.

Comprendre enfin puisque bande de mauvais, de toute évidence vous avez pipé que dalle à ce très grand film politique. Et oui mon cher Sam Raimi (le réalisateur), je suis le seul qui a compris ton génie. Or comme il est toujours en salle et que je tiens absolument à ce qu’il devienne le film culte des sociaux-démocrates du monde entier, voici la grille de lecture qui vous permettra d’apprécier enfin, ce film à sa juste valeur.

En effet Spider-man est Social-Democrate et ce film était en fait un documentaire prophétique annonçant la défaite Ségolaniste du 6 mai 2007, la mort du Bayrouisme et la victoire à terme des idées sociales-démocrates. Il pourra également être facilement transformé en un brillant clip de campagne pour mon Barack Obama adoré mais ne nous égarons point et revenons à l’explication qui s’impose en observant les personnages.

Commençons par le plus important d’entre eux puisque bien des choses en découlent. L’homme de Sable. Celui-ci qui n’a pas un « mauvais fond » comme il est dit dans le film verse dans le crime pour une seule raison. Parce que sa petite fille est malade et qu’il a besoin d’argent pour la soigner. Du coup, une conclusion s’impose. Si les EUA disposaient d’une assurance-maladie comme la nôtre, rien de tout ça ne serait arrivé. Chose que le gentil social-démocrate de Peter Parker comprend à la fin du film.

Peter Parker. Fasciné un temps par le culte de la popularité, les sondages, l’opinion, le matérialisme spirituel, le goût d’un pouvoir personnel sans limites, symbolisés par cette matière « brune » capable de transformer l’homme en bête, nous assistons à une phase où Pet se la pète. Il connaît alors la solitude du pouvoir. Toutefois lucide et sensible, il finira par redevenir social-démocrate et par s’allier avec un personnage qui se découvrira centriste.

Ce personnage est le Bouffon-vert. Déchiré entre l’arrogance et la générosité, le désir de vengeance et celui de justice, l’égoïsme et la solidarité, l’héritage et le mérite, regardant à droite et à gauche, le bouffon-vert ne sait pas trop où se situer jusqu’au moment où une déflagration lui crame le côté droit du visage, ce qui le pousse à s’allier sur sa gauche avec Peter afin de sauver Mary-Jane.

Mary-Jane, peu sûre d’elle même, versatile, en quête de reconnaissance, aux talents faiblards, jalouse de la notoriété de son compagnon et de la blonde qui lui tourne autour, attirée par un bouffon-vert centriste et enfin, se mettant dans un pétrin nécessitant l’alliance de toutes les forces de progrès pour la sortir de là, nous fait penser à une candidate de Gauche devenue célèbre par sa chute finale. La même chute que dans le film.

En conclusion on peut dire que Spider-man est le super héros de la 3e voie, celle de la Social-démocratie. Ça tombe bien puisque le Spider-Iman que je suis, le héros qui jette ses toiles sur la Toile, l’est également. Merci encore mon cher Sam Raimi. Il paraîtrait que tu travailles à la suite du « Seigneur des anneaux ». J’attends ça aussi avec impatience. Namarië.

Le chef du SIL, la Super I-heros League.

Rédigé par : sil | 30 mai 2007 23:16:26

je suis sidérée par votre post
vous contribuez alors même que vous êtes élu européen, à discréditer le fonctionnement de l'UE
que celui ci soit criticable et largement criticable, c'est sur...d'ailleurs, on est en marche vers un micro traité grâce aux nonistes qui nous promettaient le plan B...
mais toute criticable qu'elle soit, je trouve indécent de discréditer ainsi
vous avez été malheureux d'avoir un si faible temps de parole
mais au fait? vous connaissez le processus de décision européen? on ne dirait pas
décidément, chaque fois que je viens sur ce blog, je repars déçue
c'est pas comme ça que le PS va repartir

Rédigé par : sasha | 1 juin 2007 22:03:32

Je sais pas que ce n'est pas le sujet du post, mais très bonne "intervention" hier dans Arrêt sur Images. Félicitations

Rédigé par : | 4 juin 2007 09:55:07

Sur le fond : pas bête l'utilisation de l'antidumping, mais je ne suis pas sûr que Mendelson l'intègre dans sa réforme...

Rédigé par : V. | 5 juin 2007 20:49:03

@sasha : c'est pas en taisant les dysfonctionnements qu'on redore le blason de l'UE.
En revanche c'est en dénoncant ces dysfonctionnement qu'on comprend l'utilité des élus.

Rédigé par : Emmanuel | 6 juin 2007 16:40:10

Sasha ne parle d'Europe, il récite son catéchisme.

Rédigé par : BH | 7 juin 2007 10:53:38

à lire et à commenter Monsieur le député européen pour connaître votre avis sur la note publiée à l'url ci-dessous sur la défense européenne :
http://resistances95.over-blog.com/article-10738731.html

Rédigé par : Frédéric Faravel | 7 juin 2007 11:15:27

Très bon travail de Benoît Hamon. Malheureusement, la réalité du pouvoir n'est pas au parlement européen même s'il est important d'y mener une bataille idéologique pour résister au rouleau compresseur.

Rédigé par : emir | 7 juin 2007 11:45:28

Laurent Fabius a l'air de rien peut-être réussi un joli coup dimanche soir sur le plateau de France 2. En demandant au ministre de l'économie Jean-Louis Borloo s'il était en mesure de promettre une non augmentation de la TVA, le socialiste a donné un bel argument de campagne à la gauche.
Borloo a botté en touche avec peu d'adresse,expliquant qu'en effet l'idée d'une TVA sociale n'était pas à exclure et que le candidat Nicolas Sarkozy ne s'en était jamais caché. Borloo a raison mais l'augmentation potentielle de la TVA pour compenser les allégements fiscaux n'a pas été un thème de campagne claironné et il n'est pas sur que les électeurs aient imaginé une augmentation jusqu'ici.
Julien Dray dès hier soir, Ségolène Royal de nouveau ce matin ont donc martelé l'injustice qui consistait à faire casquer à tout le monde les cadeaux faits à quelques-uns. S'ils parviennent à articuler un discours clair et non pleurnichard autour de la justice sociale plutôt que de conspuer la concentration des pouvoirs, les socialistes peuvent peut-être améliorer leur score au second tour.

La majorité n'est d'ailleurs pas sur ce point plus à l'aise ce matin qu'elle ne l'était hier soir. Eric Woerth a indiqué qu'elle n'était pas à l'ordre du jour mais c'est aussi lui qui avait indiqué avant d'être démenti par le président lui-même que la déduction des intérêts d'emprunts ne couraient que pour les prêts réalisés après le 06 mai 2007. Alain Juppé a lui été un peu moins clair " Nicolas Sarkozy se dit ouvert à une réflexion sur ce qu'on appelle la TVA sociale. Comment alléger un certain nombre de cotisations qui pèsent sur le travail et les transférer éventuellement, je dis bien éventuellement, sur une TVA sociale".


Rédigé par : pkl | 11 juin 2007 14:24:39


Fabius piège Borloo sur la TVA « anti-sociale » (ou « anti-délocalisations », c’est selon) : ah… si les éléphants du Parti socialiste avaient été aussi volontaires et pugnaces durant la campagne présidentielle !

Qu’on aime ou non Laurent Fabius, il faut reconnaître une chose : il connaît son métier, il maîtrise parfaitement la « technique » politique.

Dimanche soir, devant des millions de téléspectateurs, l’ancien Premier Ministre de François Mitterrand, le plus jeune qu’ait connu la France, a piégé le Ministre de l’économie comme un bleu. Un cas d’école à étudier désormais par les postulants à la plus haute fonction de l’Etat.

Face à des élus UMP pétris d’arrogance non verbale, Fabius commence par apostropher Borloo sur un ton fortuit ; genre « Monsieur Borloo, pendant que je vous tiens, juste une petite question comme ça… ». Puis il embraie sur la TVA sociale, en demandant à Borloo – avec une voix subitement rentrée, comme un môme qui a quelque chose à se faire pardonner - de lui faire (pour une fois) le petit plaisir de ne pas esquiver la question : le nouveau gouvernement, va-t-il appliquer ce nouvel impôt (bienfaiteur et régénérateur, comme tous les impôts à destination des pauvres), oui ou non ? Et l’autre, à la surprise générale… il lui fait le petit plaisir ! Face à l’enfant retrouvé en Fabius, Borloo lui lâche le morceau sur la TVA anti-sociale pour le consoler. Ou alors, pour énerver "bien involontairement" Monsieur Fillon, dont il brigue la succession avec la même gourmandise que MAM (Michèle Alliot-Marie), selon une information parue il y a quelques semaines dans Le Canard Enchaîné ?

Quoi qu'il en soit, c'est du grand art politique.

En football, cela équivaut au coup du sombrero ; sauf que Borloo se demande encore aujourd’hui où est le ballon… On pourrait appeler ce geste une « Fabiusade », comme on a honoré notre JiPéPé national en appelant le retourné acrobatique une « Papinade ». Après coup, Fillon a dû tellement remonter les bretelles à son Ministre de l’Economie qu’il peut faire du saut à l’élastique avec celles-ci tant elles sont détendues !

Devant cette nouvelle expression du talent politique de Fabius, on se demande tout de même si nous ne possédons pas en France la gauche la plus bête du monde ; et s’il ne faudra pas que des dizaines de cars d’adhérents socialistes se déversent dans Lourdes pour prier et espérer qu’un jour – ô miracle ! – les leaders du PS, aux qualités pourtant complémentaires, cessent de se foutre sur la gueule, comme s’ils s’étaient lancés mutuellement dans un concours malsain de « happy slapping » en public.

Si Fabius et DSK avaient fait corps avec Royal, Monsieur Sarkozy serait aujourd’hui retiré dans un monastère. Et l’île de Malte ne serait connue que pour son Ordre de Chevalier.

Fabius a dégoté le seul fil qui dépassait de l’armure taillé sur mesure par Sarkozy pour s’emparer du pouvoir. Tout le pull est en train de venir… L’armure est certes toujours intacte, mais en attendant, les preux chevaliers UMP vont devoir aller se rhabiller à un moment ou à un autre. Fillon sort même déjà une arme de réserve avec le « revenu de solidarité active » - ah, l’Art Nouveau de l’emploi de l’adjectif, déjà évoqué sur ce blog…-.

Quel dommage que la puissance de feu des éléphants du PS ait malheureusement tourné à plein rendement que lorsqu’elle était retournée contre les socialistes eux-mêmes ! Comme les Français n’ont pas majoritairement une tendance suicidaire, les électeurs ont préféré donner leur voix à ceux qui paraissent s’aimer en public…

Aujourd’hui, le contentieux est tel entre Delanoë, Royal, Hollande, DSK et Fabius que je me demande même, au regard des haines ouvertement étalées, si la Gauche serait capable d’unir à nouveau leur force. Ils ont oublié cette célèbre maxime de François Mitterrand (approximativement restituée ici) : « Il suffit de cent hommes, bien décidés et unis de manière indéfectible, pour prendre le pouvoir. » Sarkozy, lui, a les trouvés.

Et vous qu’en pensez-vous ?



Rédigé par : pkl | 14 juin 2007 18:01:31

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