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23/05/2007

Course de vitesse

HommesablierRapporteur pour avis sur les aspects extérieurs de la compétitivité de l'Union Européenne, j'ai eu le droit à 60 secondes d'intervention pour résumer l'avis voté par la commission économique du parlement Européen. Glaçant d'effroi l'hémicycle, j'ai mordu de 36 secondes sur le temps imparti pour souligner l'inquiétude de ma commission vis à vis de l'appréciation continue de l'Euro par rapport aux devises concurrentes (Dollar, Yuan ou Yen). J'ai réussi dans une ultime phrase à évoquer la proposition retenue par la commission économique de créer une taxe carbone sur les produits importés dans des conditions irrespectueuses des exigences de Kyoto. Top départ pour 96 secondes de concentré d'intervention ...

Téléchargement Hamon20070522.wmv

Et le rapport pour mémoire :

Téléchargement avis_hamon_sur_caspary.doc

Posted by Benoit Hamon on mai 23, 2007 at 04:38 PM dans Interventions au parlement | Permalink | Commentaires (19) | TrackBack

10/05/2007

Interview

Images_2 Le Parti socialiste est-il menacé d'explosion ?

Benoît Hamon. Non. Il a déjà connu des moments aussi difficiles, des lendemains de défaite électorale. La question qui lui est posée aujourd'hui, c'est à la fois comment il prépare les élections législatives et comment il s'organise, autour de quelles orientations pour faire face à la victoire culturelle et idéologique de la droite.

Le PS doit-il s'allier avec le centre ?

Toute alliance avec le centre, donc avec la droite, aujourd'hui, supposerait un minimum d'accord programmatique, qui, plutôt que de favoriser la clarté de notre projet, ajouterait à la confusion. Ce n'est pas la meilleure manière de tirer les enseignements de cette élection.

Vous remettez à plus tard l'analyse des raisons de la défaite ?

On hiérarchise les événements. On a aujourd'hui à réussir les législatives pour avoir le contre-pouvoir le plus fort qui soit face à la droite. Après se posera la question de l'organisation de la gauche pour les cinq ans qui viennent. Nous sommes favorables à la constitution d'un grand parti de la gauche, qui irait du centre gauche aux antilibéraux.

Vous avez tout de même quelques explications à cette défaite ?

Là où je me suis senti hier soir (NDLR : avant-hier) en décalage avec mes camarades, c'est quand j'ai vu que la droite présentait le visage du renouveau avec Rama Yade, Rachida Dati ou Laurent Wauquiez, alors que nous avions les mêmes pour expliquer la défaite de 2007 que ceux qui expliquaient la défaite de 2002 et celle de 1995 ! On a aujourd'hui l'électorat le plus divers, le plus jeune, le plus curieux, et pour autant c'est la droite qui donne l'exemple de la diversité, et nous, on donne le sentiment d'être restés scotchés aux années Mitterrand...

Ségolène Royal doit-elle devenir le chef de l'opposition ?

Ségolène Royal n'a pas été désignée pour diriger l'opposition, mais pour être élue présidente de la République. La question du leader se posera en temps et en heure. Moi, je ne suggère pas que le PS fasse de la question du leadership le sujet central. Clarifions d'abord le projet socialiste.

Posted by Benoit Hamon on mai 10, 2007 at 09:16 AM dans Médias | Permalink | Commentaires (17) | TrackBack

07/05/2007

reconstruire

20Inutile de le cacher, le coup est dur et la déception immense. Ci dessous l'interview donnée à chaud au quotidien 20 mn hier soir.

Benoît Hamon, dirigeant de l’ancien courant Nouveau parti socialiste (NPS), accuse le coup et livre son analyse du scrutin…

Quel est votre sentiment à la lecture des résultats?
On ne s’attendait pas à une défaite aussi nette. C’est une grosse déception, surtout si on se retourne sur le scénario «successful» qui aurait dû être le notre. Victoire aux régionales, mouvements sociaux d’importance, crises gouvernementales, CPE… Si on ajoute Le Pen et Bayrou pour troubler le jeu, on aurait quand même dû être favori. Mais on s’est heurté aux conséquences, qu’on a peut-être sous-estimées, d’un travail très ancien de la droite sur la société française. Un combat gagné sur la dialectique, qui a imposé des définitions au peuple sur des mots tels que mérite, travail, sécurité, immigration, et qui a rendu nos réponses infructueuses.

Quel avenir désormais pour le PS?
Il faut nous inscrire dans la construction d’un grand parti de gauche avec une base électorale à 30/35%. La tâche qui est la nôtre, c’est de ne pas tomber dans l’euphorie des 47%, ni dans la déprime post-47%. Pour cela, on doit s’adresser à ceux qui font vivre la gauche, du PCF à la LCR en passant par les Verts. Il nous faut mettre de la clarté dans tout ça, dans nos débats et relancer les bases d’un grand projet de gauche.

Que pensez-vous de l’attitude de Ségolène Royal et de son discours d’après-résultat, à l’opposé de Jospin en 2002.
Jospin avait permis une chose en se retirant: il réglait de fait la question de la responsabilité de la défaite. Là, on doit se poser la question du diagnostic et se demander qu’est-ce qui justifie la défaite? On ne peut pas demander à Ségolène Royal de sortir de la campagne dès ce soir, mais le Premier secrétaire va devoir prendre ses responsabilités et rebondir tous ensemble, collectivement. Il faut se faire à l’idée que le parti pour lequel on militait n’existe plus.

Quelle stratégie adopter pour les législatives?
Il faut défendre l’idée que les Français doivent donner des contre-pouvoirs puissants pour éviter que Sarkozy puisse tomber dans les excès que l’on redoute. Sincèrement, on ne va pas chercher la grande révolution démocratique en cinq semaines. J’espère qu’il n’y aura pas de confusion avec un éventuel renversement d’alliance.

L’ouverture au centre ne vous semble pas crédible?
Si on avait gagné, on pouvait se poser la question. Dès lors qu’on a paumé… Franchement, si nos candidats doivent se traîner un débat sur les alliances avec l’UDF durant toute la campagne, on ne s’en sortira pas. Je n’imagine pas DSK vouloir faire émerger un centre fort, car il sait comme moi que le parti de Bayrou n’a comme seul objectif d’être présent au second tour en 2012 face à Sarkozy. On va quand même pas lui donner un coup de pouce pour ça…

Propos recueillis par Stéphane ALLIES

Posted by Benoit Hamon on mai 7, 2007 at 11:05 AM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (11)

02/05/2007

"Coincés dehors"

CharletyHier je suis resté à la porte. Pas en raison du fait que ma tête ne revenait pas au physionomiste à l’entrée. Pas en raison de mon retard. Il était le milieu de l’après midi quand la foule se massait à l’extérieur de Charlety sans pouvoir entrer. Le portable vibrait, vrombissait, des appels ou messages des copains, « coincés dehors » aussi, à la recherche d’un « plan » pour entrer. On ne s’est pas séparés, on est restés ensemble. On a finalement rebroussé chemin. Heureux de la promesse d’une telle déferlante. On s’est attablé à une terrasse. On a commandé des bières. Le bruit des clameurs dans le stade nous parvenait distinctement. On a trinqué et bu sous le soleil à la santé de Ségolène et de la gauche vivante et rassemblée.

Posted by Benoit Hamon on mai 2, 2007 at 09:17 AM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (4)