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24/01/2007

Entretien avec Guy Birenbaum

Caricature_benVSD publie aujourdhui une interview dont le principe consistait à répondre aux évocations suivantes :

Gauche anti-libérale
Son tort est de refuser de gouverner. Son mérite est de garder la gauche en éveil.

Royal
Présidente !

« Ensemble, tout devient possible »
L’imposture d’une droite qui prétend rassembler quand tout dans son projet oppose les Français les uns aux autres (chômeurs et salariés, privé et public, Français et immigrés, etc.).

Sarkozy
« Napoléon... le petit » (Victor Hugo, cité par lui lors de son discours d’intronisation).

Pouvoir d’achat
Combattre la vie chère, c’est d’abord augmenter les salaires et effacer cette injustice scandaleuse qui veut que notre pays s’enrichisse sans créer d’emplois ni augmenter les salaires. Il est aussi devenu urgent d’encadrer les loyers pour faire reculer la place croissante qu’ils prennent dans les dépenses des familles.

Chirac 3
Il faut plier les gaules. Il a été nommé ministre le 8 avril 1967 (je n’étais pas né), quand Brejnev dirigeait l’Union soviétique et Mao la Chine.

Bové
J’aime bien, mais je préfère Buffet.

Jospin
Parmi nous.

Bayrou
J’ai l’impression qu’il tourne en rond.

Le Pen
Sa fille et la petite fille de Mussolini, aujourd’hui dans le même groupe politique au Parlement européen : la famille est réunie.

Libéralisme
Quand on mesure l’échec des politiques libérales, leur coût social et environnemental, en Afrique, en Amérique latine ou en Europe, on pourrait croire que l’adhésion sans réserve d’une majorité des élites européennes au libéralisme s’apparente à une foi religieuse. Ce dogmatisme m’exaspère.

Blair
La communication n’est pas tout. Cela dit, Blair est parfois injustement caricaturé. On oublie souvent que la majorité des emplois créés en Angleterre sont des emplois publics. On oublie que le bras de fer que la BBC, télévision 100 % publique, a engagé avec lui lors de la guerre en Irak n’a été possible qu’en raison de l’absence d’interventionnisme politique dans les médias. Cependant, une idéologie d’inspiration libérale et un alignement docile sur la politique étrangère américaine noircissent incontestablement son bilan. Bonne chance à Gordon Brown.

Ordre juste
II y a dans notre société des femmes et des hommes si abîmés par le recul de leurs droits et de leur pouvoir d’achat qu’ils sont convaincus que leurs enfants vivront demain moins bien qu’eux. C’est pour eux que les socialistes ont un devoir de victoire. Derrière l’ordre juste, il y a une règle simple : pour éviter le désordre, il faut la justice sociale.

22 avril
Royal - Sarkozy.

Non
Les Français ont eu de multiples occasions de dire « non » depuis cinq ans, à la réforme Fillon sur les retraites, au CPE et au CNE, à l’arbitraire et aux discriminations dans les banlieues, au Traité constitutionnel européen. Cela a dessiné à tort l’image d’un peuple réfractaire au changement et à la modernité. C’est avec cette France-là que Sarkozy veut rompre, cette France rebelle à l’alignement sur le moins-disant social. Derrière ces « non » je vois un « oui » puissant et mobilisateur à la dignité et au respect.

Turquie
Son adhésion à lU.E. est une question importante. Pour ma part et si l’ensemble des conditions politiques et démocratiques est respecté, j’y vois plus d’avantages que d’inconvénients. Je n’aime pas la manière dont Nicolas Sarkozy a fermé la porte à la Turquie sans véritable argument autre que religieux.

Hausse des impôts
Dire qu’il faudra demain engager une réforme globale de la fiscalité, qui comprend une hausse des prélèvements sur les revenus du capital me semble aller de soi.

Nouveau Parti Socialiste
Toujours mille raisons d’exister et, parmi elles, la VI’ République.

Réchauffement climatique
Pour la première fois je me sens vraiment inquiet pour l’avenir de mes enfants. J’ai l’impression que le monde se consume autour de nous et que l’incendie ne cesse de grandir. II faut, dans ce domaine, des actes rapides sans concession face aux appétits destructeurs de ceux qui s’enrichissent sur le dos de la planète.

Posted by Benoit Hamon on janvier 24, 2007 at 03:55 PM dans Médias | Permalink | Commentaires (7) | TrackBack

Vote en commission marché intérieur

AbrAujourd'hui, nous votions l'avis de la Commission du Marché Intérieur sur l'avenir du football professionnel. L'option du rapporteur Toine Manders penchait nettement en faveur d'une libéralisation du secteur.  Depuis que j'ai été désigné par le groupe socialiste pour défendre notre point de vue sur le sujet, j'ai cherché à constituer une majorité favorable à une meilleure régulation du football professionnel qui préserve le modèle sportif européen, améliore la transparence des flux financiers et la gestion des clubs, encadre la profession d'agent de joueurs, protège les jeunes footballeurs en formation et lutte efficacement contre la corruption et le dopage. La difficulté pour bâtir de telles majorités c'est que la gauche est minoritaire en IMCO. ( 14 conservateurs, 7 libéraux, 4 souverainistes, 2 verts, 2 communistes et 14 socialistes).

Heureusement, les clivages sur ce sujet étaient plus atténués que de coutûme. J'ai trouvé un allié occasionnel  dans la personne du "shadow rapporteur" PPE, Christopher Heaton Harris, ex arbitre de football britannique, adversaire d'une approche exclusivement économique de l'avenir du football professionnel eu Europe.

Le résultat forcément contrasté après une séance de vote chahutée, ci dessous.

Résultats positifs

- L'adoption de l'amendement 72 (Hamon), qui soutient, d'une part, la retransmission par télévision gratuite des grandes compétitions sportives, et d'autre part, le principe de la vente collective des droits de télédiffusion, pour assurer solidarité et redistribution.

- Soutien au système actuel de mise à disposition des joueurs aux équipes nationales (amt Hamon 80)

- Clarification des règles d'aides d'Etat en la matière, afin d'assurer le développement du financement public des missions socioculturelles du football (amt Hamon 81)

- Suppression des mentions relatives à une libéralisation des paris sportifs (rejet compromis 5 et amt S Rühle 73)

- Système de contrôle des coûts et des déficits (Compromis 4), sans mention de l'effet de distorsion des aides d'Etat

Résultats négatifs

- Rejet de la proposition d'une directive sur les agents de joueurs (rejet amt Hamon 53 et 70)

- Rejet de la proposition de centralisation des flux financiers liés aux transferts (rejet amt Hamon 53)

- Absence de soutien à la règle "Home Grown Players"(quota de joueurs formés localement) (rejet amt Hamon 82)

- Aucune mention d'une agence européenne ni d'un organe indépendant de régulation et contrôle quelconque (rejet amt Hamon 53)

- Système d'assurance obligatoire pour les joueurs des équipes nationales, à charge des "fédérations" (Compromis 6)

Posted by Benoit Hamon on janvier 24, 2007 at 01:05 PM | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack

23/01/2007

Foot pro ou foot business?

FootbusinessCi dessous l'entretien que j'ai donné au journal l'Humanité à propos de l'avenir du football professionnel à l'occasion d'un débat auquel je participe jeudi prochain à Lille.

Où en est la rédaction du rapport ?

Benoît Hamon. Nous en sommes au vote dans les commissions. Il y a un intense lobbying des partisans d'une libéralisation du foot professionnel, relayé par le G14 qui pense que le foot est une activité économique comme une autre. L’UEFA ayant un monopole (l’organisation de tournoi continentale lui appartient - NDLR), les libéraux estiment qu’il faut le combattre, ainsi que toutes les aides versées par les États. Dans cette logique, l’utilisation par un club de foot d’un stade appartenant à la ville peut être considérée comme une distorsion de concurrence. Tout cela pousse à la libéralisation du secteur, à l’émergence d’une super ligue européenne qui est contraire à l’éthique sportive et au modèle actuel, fondé sur le lien entre la base et l’élite, avec la possibilité pour une équipe de monter ou de descendre de niveau. D’autres sujets sont en discussion. Comme la transparence des transferts, la création d’une agence de centralisation des flux financiers qu’ils génèrent. Comme une directive européenne réglementant la profession d’agent de joueur. Comme la création d’un organe indépendant du sport pro, encadrant ce secteur jusqu’à présent uniquement régi par les avis de la Cour européenne de justice. Enfin, il y a le problème de la libéralisation des paris, souhaitée par la Commission européenne.

Entre libéraux et défenseurs de la spécificité sportive, qui tient la corde ?

Benoît Hamon. Le Parlement rendra une copie pondérée entre les différents groupes. Mais la volonté est forte de libéraliser le sport professionnel et d’obliger les fédérations à plus de transparence. L’UEFA est d’ail- leurs ambiguë. Elle soutient le modèle sportif européen, donc les opposants aux lois du marché. Mais elle s’inquiète de l’émergence d’un organe de contrôle du sport pro. N’étant pas un modèle de démocratie, elle n’a pas envie de donner des signes de transparence.

Quel impact aura le rapport du Parlement ?

Benoît Hamon. Il s’agit d’un rapport d’initiative, non d’une directive européenne. Mais il va donner le la pour de futures décisions. Tous les acteurs du football européen se sentent concernés. L’UEFA effectue un intense lobbying. La fédération française la suit. Mais je suis frappé par la vacuité du ministère des Sports français. Heureusement que des eurodéputés français participent aux débats. Le ministre des Sports ne m’a jamais répondu lorsque je lui ai demandé sa position dans ce débat. Il ne mesure pas que c’est au niveau européen que tout se joue. La plainte de Charleroi devant la Cour européenne ou la demande de Manchester United de ne plus payer ses joueurs lorsqu’ils sont en sélection peuvent mettre en cause l’existence des équipes nationales.

Pourquoi vous êtes-vous engagé dans ces débats ?

Benoît Hamon. Je combats pour mettre de l’ordre dans les dérives mafieuses du foot pro. Certains clubs ont pour vocation de blanchir de l’argent. Ils présentent des déficits abyssaux. Cela ne dérange pas les libéraux, alors qu’ils sont contre les déficits dans les autres secteurs économiques. Cela ne les dérange pas qu’on autorise le foot à présenter des comptes dont 80 % correspondent à de la masse salariale. Moi, je propose un seuil maximal pour les salaires, ou un "salary cap" à l’américaine, avec un forfait de transfert pour chaque club. D’autre part, je demande un arsenal antidopage renforcé. Il faut aussi lutter contre la corruption liée aux paris sportifs, dont on a vu les effets en Italie ou aux Pays-Bas. Je comprends que le football veuille s’autoréguler. Mais l’UEFA est en position de juge et partie. Les transferts ou les protections des salariés doivent relever de quelqu’un d’autre. Le grand mérite d’une agence européenne du sport professionnel serait de mieux réguler ces secteurs. On doit encadrer les dérives liées à la surenchère économique, préserver le modèle du sport européen. Il y a d’autres aspects, comme la protection du jeune joueur en formation, en obligeant les clubs à aligner un pourcentage de footballeurs formés en interne. Il faut en finir avec ces équipes de mercenaires assemblées par des clubs assis sur un argent qui ne relève pas de sa puissance financière.

Entretien réalisé par Stéphane Guérard

Posted by Benoit Hamon on janvier 23, 2007 at 01:09 PM dans Interventions au parlement | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

21/01/2007

Clichy sous Bois

Comme nous sommes en campagne présidentielle et que parfois on oublie ce qui s'est passé la semaine d'avant. Rappel de ce qui s'est passé il y a un peu plus d'un an et qui a conduit à trois semaines d'un incendie social sans précédent dans notre pays. Quel bilan, quelle leçon, Sarkozy a t'il tiré de ce drame? J'ai peur de dire rien ; Napoléon "le petit" roule toujours des mécaniques.

Voici le clip de l'album RAP qui vient de sortir en hommage à la mort de Zied Bena et Bouna Traore à Clichy sous bois.

N'oubliez pas d'acheter l'album que vous aimiez le rap ou pas, il coûte 10 euros et les bénéfices seront reversés aux famillles. Clip de la chanson extraite de l'album "morts pour rien" (association ADM) en hommage à Bouna et Zied décédés le 27 octobre 2005 dans une centrale EDF à Clichy sous bois. Sortie de l'album le 16 janvier 2007

Posted by Benoit Hamon on janvier 21, 2007 at 08:06 PM dans Off | Permalink | Commentaires (8) | TrackBack

18/01/2007

French attitude*

Cette semaine, l'extrême droite est parvenue à réunir 20 députés pour créer un groupe politique au parlement Européen. La fille Le Pen avec la petite fille Mussolini dans le même groupe. La famille est réunie.

Dédicace

Posted by Benoit Hamon on janvier 18, 2007 at 07:16 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack

17/01/2007

BFM - 17 jan 2008

Benoît Hamon invité de BFM TV face à Yves Jego (UMP) à 19 heures

Posted by LeFIL on janvier 17, 2007 at 02:37 PM dans Sur le terrain | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

15/01/2007

St Ouen - 15 jan 2008

Meeting de campagne Municipales 2008

Posted by LeFIL on janvier 15, 2007 at 02:36 PM dans Sur le terrain | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

10/01/2007

Bilan à mi mandat

Red_goat_1_1 Belle année 2007! Qu'elle soit douce pour chacun et gaie à nous tous en mai 2007 avec l'élection de Ségolène Royal à l'Elysée et l'évènement d'une nouvelle majorité de gauche à l'Assemblée Nationale. Vous trouverez ci joint le fichier électronique de l'abécédaire que j'ai réalisé et imprimé en guise de bilan à mi- mandat. J'essaie d'y revenir sur les petites et grandes choses de la politique européenne au quotidien. On y retrouve plusieurs chroniques publiées sur ce blog.

Abécédaire (version flash) : http://www.designmoiunmouton.com/ben/

Abécédaire (version PDF) : http://www.designmoiunmouton.com/ben/abecedaire.pdf 

Par ailleurs, en ce début d'année propice aux mises au point, je vous confesse ma tendresse immodérée pour cet animal qu'est la chèvre. Sachez qu'elle inspire de nombreux proverbres. Parmi eux, un plus célèbre que les autres, que je citais au tout début de ce blog : "si tu vois la chèvre près de le repaire du lion, tu dois avoir peur de la chèvre" (Amadou Hampaté Ba). (http://lefil.blogs.com/benoithamon/benot_hamon_cv_contacts/index.html)

Je vous livre donc pour l'année 2007 ce nouveau proverbe venu de Martinique :

"La chèvre a mordu les cailloux, les dents du mouton sont tombées".

Posted by Benoit Hamon on janvier 10, 2007 at 05:21 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (22) | TrackBack

08/01/2007

Que faire de la Banque Centrale Européenne?

EcbLe quotidien "les Echos" a publié aujourd'hui la tribune suivante que j'ai consacrée à la Banque Centrale Européenne. (lien vers le site : http://www.lesechos.fr/journal20070108/lec1_idees/4520288.htm)

"Ce n'est plus à M. Trichet de décider de notre avenir, c'est aux dirigeants démocratiquement élus ! » Cette phrase prononcée par Ségolène Royal lors du congrès des socialistes européens à Porto a fait couler beaucoup d'encre. Elle prolonge pourtant l'inquiétude de ceux qui constatent que, loin de se contenter de définir la politique monétaire, la Banque centrale européenne (BCE) outrepasse régulièrement les missions que lui assignent les traités.

Il y a plusieurs raisons à cela.

En premier lieu, les gouvernements ne peuvent plus être de véritables acteurs de la politique macroéconomique européenne. Exclus de la définition de la politique monétaire, ils sont aussi contraints dans leurs politiques budgétaires. Les critères du Pacte de stabilité et de croissance ainsi que les sanctions prévues contre les Etats contrevenants constituent la plus fameuse restriction à leurs marges de manoeuvre. De plus, la concurrence fiscale, la liberté de mouvement des capitaux et des contribuables, et le caractère quasiment intangible du secret fiscal dans le marché intérieur, exercent une pression constante à la baisse des prélèvements obligatoires et contribuent au resserrement des moyens affectés aux dépenses publiques et sociales.

En second lieu, cette inertie budgétaire nationale n'est pas compensée par une capacité d'action collective européenne. Le budget européen, limité à 1,04 % du PIB, est incapable de prendre le relais des moyens budgétaires défaillants des Etats. Il ne finance même pas les objectifs que les Etats membres se sont fixés dans le cadre de la stratégie de Lisbonne. Pis, en n'honorant pas la promesse de solidarité à l'égard des nouveaux Etats membres, ce budget les incite au dumping fiscal pour rattraper le retard de développement qu'aucun des investissements financés par l'Union ne leur permet de combler.

En troisième lieu, depuis le jeune couple qui guette l'évolution des taux pour acheter une maison jusqu'au cadre ou à l'ouvrier qui s'intéresse à la compétitivité de sa production libellée en euros face à la concurrence libellée en dollars, tous partagent avec leurs élus la même impuissance à pouvoir contrôler démocratiquement la politique menée par la BCE dans deux domaines : la fixation de ses taux directeurs et l'évolution du taux de change avec le dollar.

Il n'y a pourtant aucune fatalité. Tout le monde semble avoir oublié qu'en vertu des traités, c'est bien à l'échelon politique du Conseil que doivent se discuter les orientions de la politique de changes en lien avec la BCE chargée de les mettre en oeuvre. Le temps n'est d'ailleurs pas si lointain où les gouvernements décidaient de ne pas laisser faire. En 1995, l'évolution du dollar était corrigée par les Etats-Unis au moyen de simples déclarations coordonnées entre le gouvernement américain, la Réserve fédérale (Fed) et les gouvernements du G7. De même, en septembre 2000, la BCE stoppait la glissade de l'euro face au dollar avec une efficacité qui s'est confirmée dans les mois qui ont suivi. Bref, entre une orientation générale de politique de change et l'inaction, il y a un fossé que les traités permettent de combler.

La deuxième action politique d'importance serait de parvenir à une représentation unifiée de la zone euro dans les institutions financières internationales, le FMI en premier lieu. Cette voix unique pourrait contribuer à défendre efficacement les intérêts européens dans un système financier international instable et menacé par une possible « correction désordonnée des déséquilibres globaux », en clair une crise financière sans précédent qui viendrait compenser en quelques jours les déficits cumulés depuis de nombreuses années entre les Etats-Unis et l'Asie.

Cependant, la relance de la construction européenne a besoin d'être adossée à une croissance durable qui implique que nous nous autorisions à réfléchir au-delà de l'interprétation stricte des traités.

Si l'on accepte de s'affranchir d'une approche strictement juridique pour privilégier une approche plus politique, deux questions méritent d'ouvrir le débat avec nos partenaires : le mandat de la BCE et le contrôle politique de son action.

On présente toute modification des traités concernant la BCE comme une révolution. Soyons sérieux. Les plus radicaux ne proposent pas plus « révolutionnaire » que d'épouser le modèle monétaire des Etats-Unis !

Le mandat de la Fed comprend en effet la recherche du plein-emploi, quand celui de la BCE met au premier plan l'objectif de la stabilité des prix, reléguant au second la croissance et l'emploi.

Quant au contrôle politique qu'exercent le Congrès et l'exécutif des Etats-Unis sur l'action de la Fed, il tient à quatre instruments : les auditions régulières au Congrès, l'intervention du Congrès et du président dans les nominations, le fait que le pouvoir fédéral contrôle un budget équivalent à 20 % du PIB, la capacité du Congrès à modifier le système par le biais d'une simple loi. Ces deux derniers éléments font cruellement défaut dans le système européen.

A partir de ce modèle, de ses résultats et de la souplesse qu'il a montrée dans les périodes de crise, nous devons engager l'évaluation de la BCE en vue d'une révision de son mandat et de son pouvoir. Cela passe d'abord par l'application réelle des traités. Cela supposera plus tard de les modifier.

J'ai entendu que l'on s'émouvait de l'hétérodoxie monétaire de Ségolène Royal. Outre qu'elle est en phase avec son parti et en résonance avec une grande majorité de l'opinion qui mesure dans sa vie quotidienne l'échec des politiques en cours, Ségolène Royal illustre concrètement comment réarmer le politique car sans modification des règles du jeu en Europe, toute rénovation démocratique nationale serait marginale.

Posted by Benoit Hamon on janvier 8, 2007 at 03:19 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack