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28/06/2006

Les socialistes et la Constitution européenne

Projetsocialiste_1 Depuis quelques jours circulent sur le net des réactions au vote par le Parlement européen le 14 juin dernier d’une résolution sur la poursuite du processus d’adoption du traité constitutionnel européen (résolution « Étapes futures de la période de réflexion »). Ces réactions , que l’on trouve sur bellaciao.org notamment, affirment que les députés socialistes français « ont voté pour une résolution exigeant que la France remette la Constitution européenne telle quelle sur les rails de la ratification dès 2007».

Outre le fait que j’ai du mal à comprendre la manière de poser le débat sur l’Europe au sein de la  gauche en cherchant systématiquement à nous opposer, les affirmations de cet article sont fausses.

En premier lieu, les socialistes français n’ont pas voté cette résolution mais se sont abstenus.

En second lieu, sur les deux amendements cités par l’article de Bellaciao (qui ne sont en réalité qu’un seul et même amendement, le n° 13), les députés socialistes français l’ont rejeté en raison du groupe politique qui l'a déposé : "Indépendance et démocratie", dans lequel siège Philippe De Villiers. Nous avons comme règle de ne jamais soutenir les amendements qui émanent de l'extrême droite, ce qui est à mon sens plus une fierté qu’un déshonneur. L’idéologie que sous entendaient ces amendements est souverainiste. En tant que fédéralistes nous ne la partageons pas.

Quelle a alors été la stratégie des socialistes français sur cette résolution ?

Notre ligne a été claire et cohérente : il ne s’agissait pas d’expliquer aux autres députés que les députés français, de par le résultat du référendum, détenaient la vérité révélée, mais plutôt de constituer des alliances les plus larges possibles, mais sans l’extrême droite, en faveur d'une renégociation du texte et reconnaissant le sens politique et juridique du vote français et néerlandais.

Cette stratégie s’est traduite par exemple par le soutien des amendements suivants :

"invite le Conseil européen à reconnaître que la Constitution de 2004 ne peut entrer en vigueur sans modification".(amendement 4)

"invite les institutions à examiner comment prendre en compte les désaccords exprimés en France, aux Pays-Bas et ailleurs". (amendement 5)

A l’adoption de l’amendement 13 « souverainiste » les socialistes on préféré soutenir le suivant :

"la situation créée par le double "non" français et néerlandais concerne tous les Etats membres ainsi que les institutions de l'Union". (amendement 10).

Nous avons voté avec les socialistes néerlandais ainsi que certains verts et libéraux. Si cette stratégie d’alliance est insuffisante à faire trembler le Parti Populaire et une majorité du PSE, elle commence toutefois à porter ses fruits car le front des "le TCE ou la mort" commence à se fissurer, et la voix de la raison à s’entendre de plus en plus.
Quant au vote final d'abstention, il s'explique par plusieurs éléments : c'est d’abord un vote sur l'ensemble du texte, qui contient des bonnes et des mauvaises choses, c'est ensuite la reconnaissance d'un certain progrès au sein du groupe PSE et de son débat interne, et enfin c'est aussi une façon au sein de la gauche de dépasser le clivage "ouistes/nonistes", clivage qui ne permet ni de prendre en compte sereinement le vote du 29 mai 2005, ni à la gauche de s’unir pour 2007.

La division est peut-être la volonté de certains, ce n’est pas la mienne. Pour ceux qui ne se laissent pas enfermer par un débat reposant sur de fausses affirmations, je vous invite à lire et discuter des propositions des socialistes français sur l’Europe dans leur projet de 2007.

Egalement, la résolution votée

Posted by Benoit Hamon on juin 28, 2006 at 10:15 AM dans Interventions au parlement | Permalink | Commentaires (16) | TrackBack

22/06/2006

Zamieski we francji to jest dopiero rozgrzewka

Interview_la_gazeta_1

Posted by Benoit Hamon on juin 22, 2006 at 04:51 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (8) | TrackBack

14/06/2006

Yvelines - 14 juin 07

Yvelines - 10eme circo
Réunion publique

Posted by LeFIL on juin 14, 2006 at 12:29 PM dans Sur le terrain | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

13/06/2006

Bègles - 13 juin 2007

Meeting

Posted by LeFIL on juin 13, 2006 at 11:33 AM dans Sur le terrain | Permalink | Commentaires (5) | TrackBack

12/06/2006

Conférence Europe

Bh_egJ'ai donné ma vision de la relance du projet européen devant une centaine de militants socialistes réunis en formation à la Sorbonne. Ci dessous un résumé des principaux axes de mon intervention.

Conférence de Benoît Hamon, Sorbonne, 26 mai 2006

L'Europe n'est pas en panne

Au préalable, il convient de démentir le discours déjà ancien selon lequel l'Europe serait en panne. Seule notre Europe est en panne. Il existe au contraire une multitude de textes actuellement examinés par le Parlement européen, de réformes mises en oeuvre, qui auront des conséquences à la fois sur l'organisation de nos modèles sociaux nationaux, mais aussi sur nos législations. Le dictat actuel du "better regulation" – mieux légiférer - vient de se traduire par l'annulation par le Commission européenne de 63 textes jugés superflus.

L'objectif est de légiférer le moins possible là où le marché peut prendre en charge les régulations, et de légiférer le plus possible là où l'on juge qu'il y a des entraves à l'expansion du marché. La directive Bolkestein est emblématique de cette stratégie : on libéralise d'un coup le secteur des services tout en refusant de légiférer dans le domaine des services publiques, comme on aurait du le faire en mettant en oeuvre une directive cadre sur les services d'intérêt général. Sous l'impulsion des libéraux, on assiste ainsi à un changement radical de stratégie. Avant, pour mettre en place le marché intérieur, et donc ouvrir les marchés nationaux, on procédait secteur par secteur avec, en contrepartie de la libéralisation du marché, la recherche d'une harmonisation des règles du jeu, de manière à éviter dumping social etc. Ce principe a cessé d'être appliqué avec la directive services, puisqu'on s'est attaqué au plus grand marché de l'Union Européenne (70% de la richesse créée dans l'Union, 70% des emplois) en un seul et unique texte qui englobe tout, y compris la plupart des services publiques, et en rompant avec la logique d'harmonisation avec le principe du pays d'origine.

Non seulement l'Europe n'est pas en panne, mais elle avance, de plus en plus vite, selon un projet résolument ancré à droite.

Une répartition de la richesse en Europe de plus en plus favorable au capital

Dans toute l'Union Européenne, la répartition capital/travail se dégrade au profit du capital et au détriment du travail. Sur la période 2000-2007, en moyenne dans l'Europe des 25, ce seront 172 milliards d'euros en moins distribués en salaire direct et indirect. En France, si on répartissait la richesse produite en 2005 selon la clé capital/travail des années 80, on aurait 140 milliards d'euros de salaire distribués en plus, avec toutes les implications en terme de capacité à financer les politiques publiques, en terme de pouvoir d'achat et de consommation, de soutien à la croissance. Dans les nouveaux états membres, la situation est la plus catastrophique. Si en moyenne dans l'UE à 15, sur 100€ produits, 65 vont à la rémunération du travail, 35 à celle du capital, dans les nouveaux États membre on est sur un rapport de 48 au travail et 52 au capital. On se trouve là dans une situation totalement inédite où plus de la moitié de la richesse crée par le salarié va à la rémunération du capital. Dès lors, on comprend mieux pourquoi en Slovaquie par exemple, malgré un taux de croissance annuel de 5,6%, le chômage ne diminue pas, il est même en légère augmentation, et le pouvoir d'achat n'augmente pas, au contraire de la pauvreté, avec une part de la population sous le seuil de pauvreté qui vient de franchir le seuil des 20%.

Nous sommes donc aujourd'hui dans un marché intérieur européen dans lequel la pression à la baisse du coût du travail n'a jamais été aussi forte, qui engendre la mise en concurrence des systèmes sociaux, et plus largement des salariés entre eux.

Stopper l'élargissement et lutter contre le projet euro-atlantique

Il faut stopper l'élargissement aux pays avec lesquels nous avons commencé à négocier (Croatie, macédoine, Turquie). La gauche doit s'opposer au projet euro-atlantique actuellement à l'oeuvre. Ce projet consiste en premier lieu à constituer une zone de libre échange transatlantique, en deux étapes : un grand marché intérieur européen étendu ensuite au continent nord-américain l'autre pilier de ce projet consiste à adosser la politique étrangère et de défense européenne à l'OTAN et donc à la politique extérieure américaine.

On prône ainsi une Europe la plus large possible, qui s'ouvrirait dans une prochaine étape, au-delà des pays avec lesquels les négociations sont en cours (Bulgarie, Roumanie, Croatie, Macédoine, Turquie, certainement Serbie), à une nouvelle entité, "GUAM" pour Georgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie. Ces pays à la périphérie de la Russie souhaitent adhérer à l'Union Européenne, et y sont encouragés. Même si l'on peut partager un impératif moral à réunifier le continent européen, il est impératif de se doter au préalable de règles du jeu qui rendent cet ensemble politique gouvernable, tout en créant les mécanismes de redistribution qui permettent de lutter contre le dumping social et fiscal. Le slogan "pas d'élargissement avant approfondissement" est donc toujours, et plus que jamais, d'actualité.

Face au projet euro-atlantique, le projet européen que nous soutenons – construction simultanée de l'Europe politique, économique et sociale – est en panne sèche : plus personne n'inscrit l'avenir de l'Europe dans une perspective fédéraliste, plus personne ne réfléchit véritablement à la manière d'organiser la convergence des États-membres du point de vue social, plus personne ou presque ne parle d'harmonisation fiscale. A minima, nous défendons donc l'idée d'une pause dans l'élargissement après l'entrée des pays avec lesquels les négociations sont en cours, même s'il paraît utopique de parvenir à 30 à harmoniser les règles du jeu. A terme, il semble plus réaliste de créer des alliances entre pays qui veulent aller plus loin dans les domaines fiscal et social.

Comment tordre l'actuelle orientation libérale de la commission européenne ?

En dehors du domaine industriel, et des politiques de solidarité qui nous permettraient de reprendre l'initiative en matière de gros travaux d'infrastructure, nous sommes engagés sur quatre champs de bataille : le champ économique, celui de l'intérêt général européen dans le cadre de la concurrence mondiale, le champ de la solidarité entre pays membres et les questions sociales.

Économie

Sur les questions économiques, il faut déjà combattre l'idée reçue selon laquelle la fiscalité européenne pèserait sur la compétitivité des entreprises sur le marché mondial. KPMG, cabinet de consultants anglais vient en effet de présenter une étude qui montre que, du fait de la concurrence fiscale sur le marché intérieur, l'Union européenne est devenue en moyenne la zone la plus compétitive du monde en matière de fiscalité des entreprises, par rapport à ses grands concurrents, Chine et États-unis. Le taux de prélèvement moyen sur les bénéfices des sociétés est de 25% en Europe, contre 33% en Chine et 40% aux États-unis. La situation européenne est évidemment très hétérogène, avec des prélèvements qui vont de l'impôt 0 en Estonie jusqu'à 33% en France, mais la concurrence fiscale travaille à baisser le niveau moyen d'imposition sur les bénéfices des sociétés.

Plus globalement, la politique actuelle de l'Union en matière d'économie est l'application stricto sensu sur le marché intérieur du consensus de Washington, mis en oeuvre par le Fonds monétaire International :

- accélérer la flexibilité du marché du travail ;

- accélérer les réformes structurelles, et notamment la réforme des systèmes sociaux et par répartition parce qu'ils pénalisent la capacité de l'UE à faire de la croissance, en ce sens qu'ils augmentent le niveau d'endettement des États ;

- accélérer la libéralisation du marché intérieur (cf. directive services) ;

- accélérer les privatisations et la réduction du périmètre d'intervention de l'État (cf. pacte de stabilité et de croissance qui incite à la réduction de la dépense publique)

- modération salariale pour lutter contre l'inflation

Ces 5 piliers qui soutiennent la politique de la Commission Européenne, et donc de la Banque Centrale Européenne, sont aussi les recommandation mises en oeuvre par les États membres dans le cadre de la coordination des politiques économiques. En France, le gouvernement Villepin suit d'ailleurs doctement ces conseils : réforme des retraites (réformes structurelles), CPE/CNE (flexibilité du marché du travail), limitation de la progression des salaires de la fonction publique et aucun encouragement à la négociation salariale dans le privé, etc.

La tendance est donc lourde, et, par manque d'instruments, compliquée à inverser. De retour au pouvoir, les socialistes auront donc à répondre à des questions difficiles.

- Faut-il que la France sorte de l'étau du pacte de stabilité et de croissance ? En n'acceptant plus l'objectif des 3% de déficits publiques, on retrouverait la possibilité de mener des politiques de relance contra-cycliques, en vue de soutenir l'investissement et la croissance.

- Comment rompre avec la logique de concurrence fiscale, qui imprime une pression à la baisse de la fiscalité des entreprises, d'où baisses des recettes fiscales et de la capacité des États à mener des politiques de relance ? Autour de cette question, l'enjeu d'harmonisation est fondamental. Un des premiers engagements européen d'un gouvernement de gauche doit être de proposer à la zone euro d'être adossée à un projet fiscal, à un mouvement de convergence, sur l'assiette et sur les taux, afin qu'il n'y ait à terme qu'un seul impôt sur les bénéfices des sociétés.

- Faut-il remettre en cause de l'indépendance de la Banque Centrale Européenne ? Tout en étant pour, il faut toutefois noter que cela nécessiterait un changement des traités, que la France a signé.

Intérêt général européen

Aujourd'hui, hormis sur les questions agricoles, l'Union Européenne est l'acteur le plus "libre-échangiste" dans les négociations à l'OMC. Au-delà des interrogations sur la nature du mandat que l'on donne aux commissaires pour défendre l'Union Européenne dans le cadre de l'OMC, est-il souhaitable de poursuivre sur cette voie ? Comment se protège-t-on d'une concurrence qui se fonde sur l'existence d'un coût du travail si faible qu'il permet l'OPA de Mittal sur Arcelor, qu'il encourage les délocalisations, etc. ? Le recours à certains instruments de type protectionniste ne doit plus être exclu. L'enjeu est de construire des instruments qui protègent, et qui évitent que la logique de concurrence sur le marché mondial fondée sur la pression à la baisse du coût du travail, n'induise dans nos pays l'étranglement des salaires, sous couvert de compétitivité. Dans ce contexte, les instruments de protection, et notamment le tarif extérieur commun, sont devenus incontournables.

Solidarité

Pour aborder les questions de solidarité, il faut revenir sur le budget de l'Union Européenne. Négocié à 1,04% du PIB de l'Union (soit le tiers du budget de la France pour toute l'Union Européenne), ce budget permet à peine de financer les politiques existantes. Il est en tous cas largement insuffisant pour financer l'élargissement. Dès lors, le projet européen n'est plus un projet structurant, dans lequel les choix politiques gouvernent et inspirent les politiques publiques, mais un projet qui ne repose que sur des textes et des directives qui organisent la libéralisation du marché intérieur. On est aujourd'hui dans l'incapacité budgétaire de mettre en place les solidarités nécessaires, notamment à l'égard des nouveaux États membres. Or le choix qui vient d'être fait, de ne pas se donner les moyens de financer l'entrée des nouveaux pays à la hauteur des moyens consacrés à l'entrée de l'Espagne, de la Grèce et du Portugal, est lourd de conséquences. Pour rattraper leur retard de développement, et parce qu'ils ne peuvent pas compter sur la solidarité européenne, ces pays sont condamnés à miser sur leurs avantages compétitifs, à savoir coût du travail et fiscalité sur les bénéfices des sociétés inférieurs aux nôtres. C'est pour l'essentiel le pari qu'ils font, y compris les socio-démocrates, qui sont au sein du PSE les plus fervents défenseurs de la mise en concurrence des systèmes sociaux et des systèmes fiscaux. Simplement parce qu'ils n'ont pas d'alternative, s'ils veulent soutenir la croissance dans leur pays.

Nous plaidons donc pour un budget plus conséquent, à 2% du PIB, sans illusion sur les chances qu'une telle proposition soit acceptée. Trois autres pistes sont à explorer, et à mettre en débat :

- augmenter la contribution des États les plus riches, tout en modifiant la répartition budgétaire. Cela suppose l'augmentation de la contribution française, tout en assumant la réforme de la Politique Agricole Commune. La PAC absorbe aujourd'hui 40% du budget de l'Union Européenne, ce ne sera plus possible demain.

- donner à l'Union Européenne la capacité de lever l'emprunt : cela n'existe pas aujourd'hui puisque l'Union n'a pas le droit de s'endetter ;

- mettre en place un impôt européen, qui pourrait prendre la forme d'une taxe additionnelle européenne sur le bénéfice des sociétés, surtout en cas d'harmonisation de la fiscalité.

Questions sociales

En l'état des lieux, il semblerait dangereux de transférer des compétences sociales à l'Union Européenne. Aujourd'hui, la question est davantage d'organiser la convergence des États membres sur des standards sociaux. Dans le domaine du salaire minimum, du revenu minimum, des protections contre le licenciement, du droit à la protection contre la maladie et du droit à la retraite, nous souhaitons fixer des objectifs de manière à ce que, étape après étape, les pays convergent vers des standards qui s'élèvent et progressent. Il faut d'ailleurs que nous ayons les moyens de juger, comme pour les critères de Maastricht, la convergence des États membres dans le domaine social. Cela pourrait reposer sur un traité social, qui n'a aucune chance de naître dans le cadre de l'UE à 25, à 27 ou à 30. On peut en revanche l'imaginer dans le cadre de coopérations renforcées entre États membres volontaires ; comme pour le domaine fiscal, la zone euro paraît pertinente.

Quels outils, quelles alliances ?

Dans une Europe dominée par les libéraux (Parlement, Commission, Conseil), comment relancer un processus qui s'intéresse davantage au sort des gens et aux conséquences dans la vie quotidienne des grandes politiques macroéconomiques, plutôt que de laisser ce processus de dérégulation et de libéralisation se poursuivre ?

A l'évidence, l'axe franco-allemand est incontournable. Au-delà du gouvernement de coalition au pouvoir actuellement, les caractéristiques du modèle social allemand, notamment les politiques industrielles, et la demande de l'opinion publique outre-rhin, la demande sociale des salariés, justifient que l'on travaille de manière privilégiée avec eux.

Il faut se battre au sein du PSE. Même si les idées y sont très hétérogènes, et que celles des socio-démocrates des nouveaux États membres semblent pour l'heure très éloignées des nôtres, la dégradation du rapport capital/travail a au moins pour conséquence d'harmoniser de plus en plus la demande sociale dans l'Union. D'où qu'ils soient, tous les salariés se trouvent dans une situation où la part de la richesse qu'ils créent et qui leur revient diminue. Logiquement la demande sociale est donc entrain de s'homogénéiser, de s'uniformiser. Une nouvelle demande de pouvoir d'achat, de salaire, et moins de consommation immédiate modifie leurs prises de position. A partir de ces réalités économiques et sociales, le PS français essaie de discuter, de négocier avec les nouveaux États membres, en vue de modifier leur offre politique. Même si effectivement aujourd'hui, ils en sont à défendre l'application rapide et brutale de la directive Bolkestein, cette situation doit et peut changer. Grâce à une assiduité nouvelle aux réunions, et la production de textes qui concrétisent par des contenus le slogan "l'Europe sociale", le PS français cherche peser à nouveau au sein du PSE. Il faut savoir qu'il n'existe encore aujourd'hui aucun texte réellement structurant définissant le type d'Europe sociale que nous voulons (à l'exception de la question des services publiques). Autour de trois axes -politique d'emploi, en insistant sur la qualité des emplois créés, politique de lutte contre la pauvreté et l'exclusion, politique sociale de l'Union Européenne- et en mettant l'accent sur les nouveaux États membres, le PS français travaille à définir une ligne politique à partager avec les membres du PSE. Alors que, grâce au travail de fond réalisé par leurs fondations, les Anglais et les Allemands ont depuis longtemps des alliés parmi les nouveaux États membres, le PS français est aujourd'hui beaucoup trop isolé, ces soutiens se résumant à un axe franco-belge, qui reçoit éventuellement l'appui des Grecs et parfois des Autrichiens. Pour peser dans l'UE à 25, notre réseau doit grandir.

En revanche, les questions institutionnelles ne doivent pas faire figure de préalable à la relance de la construction européenne. La plupart des chefs d'États européens entretiennent l'espoir que 2007 change la donne en France, et qu'un nouveau gouvernement soumette à nouveau la constitution à ratification du parlement ; Angela Merkel a proposé d'annexer au texte existant un protocole social, pour rendre le traité acceptable aux Français. D'ores et déjà le Parti socialiste a refusé toute proposition de cet ordre. Il n'est pas question de soumettre à nouveau le traité constitutionnel à ratification. Nous nous engageons par ailleurs à ce que la prochaine réforme majeure des institutions et des traités soit soumise à référendum : selon nous, il n'y a pas d'autre possibilité d'arrimer le peuple français à une relan,ce de la construction européenne.

Aujourd'hui le traité est donc mort. S'il fallait reprendre comme base de discussion le traité existant, tout le monde en Europe s'accorde sur la déconstitutionnalisation du titre III comme première étape. Le PS français insiste aussi sur la révision du titre II dans la portée de la charte des droits fondamentaux, ainsi qu'un certain nombre d'articles du titre I.

Cela dit, il n'est pas obligatoire d'attendre une réforme institutionnelle pour avancer. En l'état des instruments existants, on peut bâtir des coopérations renforcées qui permettent d'avancer sur les questions fiscales et sociales, avec les pays volontaires. Cette solution est d'ailleurs à privilégier.

Posted by Benoit Hamon on juin 12, 2006 at 08:47 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (10) | TrackBack

Dans la peau de Raymond

Coach Quoi que j’y fasse, je sens qu’on y est ; la tension s’immisce par tous les pores et coule dans mes veines. Maintenant que Domenech a repris - à Coupet près - l’équipe de France idéale que je proposais le 06 mars dernier, me voilà dans la peau du coach. Je suis mis devant mes responsabilités. Demain donc, je viendrai faire ma conférence d’après match...

En attendant, voilà mes commentaires sur l’ambiance à J-1 : « les joueurs sont bien, la concentration sur le match de demain a commencé. Mon travail, c’est de trouver la meilleure équipe à l’instant T. Celle que je viens de communiquer est la meilleure équipe de France le 13 juin 2006. Il n’y a pas 11 titulaires et 12 remplaçants mais un  bloc de 23 joueurs solidaires. Pour les retardataires qui n’ont pas pris connaissance des 11 titulaires, voyez ça avec SFR ou le site www.benoithamon.com. A ceux qui me demandent si Ribery n’est pas mieux dans la peau d’un joker, je répond, demandez à Thierry Rolland s’il se voit commenter les trente dernières minutes du match sur M6...!.. !?!...On pense tous à Djib. ».

Putain, ça fout une méchante pression ce truc…

Posted by Benoit Hamon on juin 12, 2006 at 05:43 PM dans Off | Permalink | Commentaires (4) | TrackBack

08/06/2006

Essonne - 8 juin 07

Essonne - 3eme circo
Réunion publique avec Brigitte Zins

Posted by LeFIL on juin 8, 2006 at 12:27 PM dans Sur le terrain | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

07/06/2006

Isère - 7 juin 07

Soirée - Réunion publique avec Elyette Croset.

Posted by LeFIL on juin 7, 2006 at 07:17 PM dans Sur le terrain | Permalink | Commentaires (0)

Exemple

Tho_francosJe vous conseille une lecture pleine de vertus.

Il s’agit de la biographie écrite par Christine Diger, de Théo Francos, jeune engagé volontaire dans les brigades internationales en 36. Ce livre raconte l’histoire d’un homme jeune, militant communiste, parti combattre le fascisme en Espagne. Prisonnier, évadé, évacué en Grande Bretagne puis en engagé dans les Force Françaises libres. Madrid, Tobrouk, Monte Cassino, il finira devant le peloton d’exécution dont la providence ou le hasard, logera la balle qui lui était destinée à quelques millimètres du cœur, sans le tuer. Depuis Théo Francos fait sonner les portiques d’aéroports et ça l’amuse.

http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2843948282/403-1773721-0128405

A la tribune de la fête de la rose d’Anglet (64), se tient cet homme de plus de 90 ans qui doit tout juste culminer à 1 m 60 au dessus du sol. Il a les rides souriantes. Il écoute ceux qui autour de lui parlent de la guerre d’Espagne. Il les écoute tirer les leçons de sa propre histoire. Parfois il approuve silencieusement de la tête.

Vient le moment pour lui de tenir un micro qu’il n’a pas demandé. Les autres l’encouragent à raconter un peu de son histoire. Il ne parle pas aussi bien que ses voisins universitaires. Alors il dit des trucs simples. Il parle de l’engagement comme d’une évidence. Il dit l’âpreté des combats et l‘injustice de la guerre. Avec les mots, lui reviennent les images. Soudain, les émotions sont plus fortes. Un sanglot l’étouffe au souvenir des camarades tombés près de lui. Il prend sa tête entre les mains et laisse le micro. Il n’en dira pas plus.

Théo Francos m’a gentiment dédicacé un exemplaire de la biographie qui lui est consacré. Sa plume était hésitante mais l’écriture appliquée. Et la pensée limpide. « A Benoît, l’amitié d’un combattant contre le fascisme international dans l’Espagne républicaine. No pasaran. »

Posted by Benoit Hamon on juin 7, 2006 at 03:58 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (5) | TrackBack

05/06/2006

Loire - 5 juin 07

Réunion publique avec R.Juanico

Posted by LeFIL on juin 5, 2006 at 12:24 PM dans Sur le terrain | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack