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07/06/2006

Exemple

Tho_francosJe vous conseille une lecture pleine de vertus.

Il s’agit de la biographie écrite par Christine Diger, de Théo Francos, jeune engagé volontaire dans les brigades internationales en 36. Ce livre raconte l’histoire d’un homme jeune, militant communiste, parti combattre le fascisme en Espagne. Prisonnier, évadé, évacué en Grande Bretagne puis en engagé dans les Force Françaises libres. Madrid, Tobrouk, Monte Cassino, il finira devant le peloton d’exécution dont la providence ou le hasard, logera la balle qui lui était destinée à quelques millimètres du cœur, sans le tuer. Depuis Théo Francos fait sonner les portiques d’aéroports et ça l’amuse.

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A la tribune de la fête de la rose d’Anglet (64), se tient cet homme de plus de 90 ans qui doit tout juste culminer à 1 m 60 au dessus du sol. Il a les rides souriantes. Il écoute ceux qui autour de lui parlent de la guerre d’Espagne. Il les écoute tirer les leçons de sa propre histoire. Parfois il approuve silencieusement de la tête.

Vient le moment pour lui de tenir un micro qu’il n’a pas demandé. Les autres l’encouragent à raconter un peu de son histoire. Il ne parle pas aussi bien que ses voisins universitaires. Alors il dit des trucs simples. Il parle de l’engagement comme d’une évidence. Il dit l’âpreté des combats et l‘injustice de la guerre. Avec les mots, lui reviennent les images. Soudain, les émotions sont plus fortes. Un sanglot l’étouffe au souvenir des camarades tombés près de lui. Il prend sa tête entre les mains et laisse le micro. Il n’en dira pas plus.

Théo Francos m’a gentiment dédicacé un exemplaire de la biographie qui lui est consacré. Sa plume était hésitante mais l’écriture appliquée. Et la pensée limpide. « A Benoît, l’amitié d’un combattant contre le fascisme international dans l’Espagne républicaine. No pasaran. »

Posted by Benoit Hamon on juin 7, 2006 at 03:58 PM dans Témoignages | Permalink

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Commentaires

Cet article a été référencé sur LePolitoscope.net

Rédigé par : Le Politoscope | 7 juin 2006 22:48:06

A l'attention de Benoît Hamon,

Je viens de lire votre article sur le livre "Un automne pour Madrid" et sur Théo. Je vous en remercie très sincèrement.
Christine Diger

Rédigé par : Diger Christine | 29 juin 2006 10:51:16

Monsieur Hamon,

Je me permets de porter à votre attention copie d'un mail envoyé du journal Le Monde ainsi qu'à Madame Diger suite à l'article consacré à M. Theo Francos.

"Madame, Monsieur,

Je me permets de vous contacter car j'ai pris connaissance de votre article consacré à l'histoire de Theo Francos.

Jeune passionné par l'histoire des Parachutistes SAS de la France Libre et auteur d'un livre qui leur est consacré, je me permets d'émettre de gros doutes quant à la véracité de ce témoignage.

Effectivement, le nom de Theo Francos est complètement inconnu des effectifs SAS français. La trentaine de volontaires a avoir rejoint la Brigade SAS du major Stirling à Kabrit en janvier 1942 est tout à fait identifiée. Ces hommes ont alors formé le french squadron aux ordres du capitaine Bergé:

Theo Francos ne peut donc avoir participé à des missions en 1941 puisque les Français ont rejoint le SAS en janvier 1942.

En juin 1942, au cours d'une mission SAS contre différents aérodromes ennemis près de Derna, le SAS Michel Vidal et quelques camarades ont été fait prisonniers. Certains de ses hommes ont trouvé la mort dans le naufrage du Nino Bixio qui faisait route vers l'Italie. Michel Vidal et Pierre de Bourmont se sont évadés du camp de Bergame en Italie et ont rejoint leur unité en France en octobre 1944. Theo Francos n'a donc pas soulagé son ami grièvement blessé.

Finalement Theo Francos ne traite pas de ces missions en France et il nous épargne l'idée d'avoir été parachuté en Bretagne la veille du débarquement. Par contre, il aurait été parachuté en Hollande en septembre 1944 près d'Arnhem. En fait, à cette date, le 4ème SAS (qui comprenait les anciens de Libye) opérait sur la Loire tandis que le 3ème SAS était disséminé derrière les lignes de la Vendée au Jura. Les deux bataillons de SAS français ont été largués en Hollande au cours de l'opération Amherst en avril 1945. Enfin, Theo Francos reprend à son compte l'histoire de Lucien Neuwirth qui raconte dans son livre "Ma guerre à seize ans" son exécution en Hollande.

En conclusion, cela fait tout de même beaucoup pour un seul homme qui me semble être un usurpateur. Je me permets donc d'informer La Fondation de la France Libre de cet article."

Cordialement

David PORTIER

Rédigé par : Portier David | 11 oct 2006 17:58:56

Le 22 octobre 2006


Christine Diger
Auteur de « Un automne pour Madrid » aux éditions Atlantica

A Monsieur David Portier

J’ai publié le livre sur la vie de Théo Francos après avoir vérifié l’authenticité de son parcours auprès des Services des Armées espagnoles, et françaises, des services de la Croix Rouge, et également après une étude minutieuse des documents personnels de l’intéressé. J’ai donc pu recouper le témoignage de cet homme et les sources avec la plus grande satisfaction car j’ai recueilli 80 % des preuves officielles de son engagement contre le fascisme de 1936 à 1945. A cela, s’ajoutent les témoignages de ses amis de combat en Espagne et en France, le témoignage de sa femme avec qui il a correspondu au cours de ces années de combat et témoin de son absence, des traces de ses courriers, ainsi que des photos des amis de combat et amis des Services Spéciaux. Comme j’en ai informé le lecteur dans mon livre, il manque des documents attestant son parcours dans les Services spéciaux en Angleterre entre 1940 et 1942. Mais en tant qu’historien, vous n’ignorez pas que les premières actions menées d’Angleterre par des agents aéroportés, avant la création des SAS, se déroulaient dans le plus grand secret et qu’il n’en reste que de rares traces. La formation des agents se faisait dans des fermes isolées aux alentours de Manchester comme en témoigne Théo Francos. Et là, vous le savez aussi, nul certificat de parachutisme ou médaille pour couronner les premières opérations. Des historiens des Services Spéciaux de la Défense Nationale et des Archives anglaises des Special Operations et du MI6 s’intéressent de près à ce témoignage qui semble correspondre parfaitement à celui d’un agent du S.O.E. (Special Operation Executive).

Aussi quand bien même la mémoire d’un homme de 92 ans ayant combattu pendant 9 ans contre le fascisme, lui ferait défaut pour se souvenir précisément des noms des unités de l’Intelligence Service auxquelles il a appartenu, et quand bien même Théo Francos aurait été blessé à Ernstein et non à Arnheim, il n’en reste pas moins que le parcours de cet homme est exemplaire. Restent à ceux qui le dénigrent d’apporter les preuves du contraire. La réponse de Théo Francos à cette honteuse cabale est simple : « Moi j’y étais. Eux, ils n’y étaient pas. »

Pour conclure, la dissection obsessionnelle du menu détail de son parcours n’apporte aucun intérêt ni historique, ni politique, et n’est qu’une insulte à la mémoire des combattants que vous prétendez défendre. Les attaques publiques qui ont pour but de détourner le sens du combat de Théo Francos n’ont pas belle figure. Elles s’apparentent à de la diffamation et du harcèlement. Elles entachent l’honneur d’un combattant, de sa famille, par conséquent celui des Institutions qui ont fourni les preuves de ses services.

Votre passion pour les S.A.S. est respectable mais justifie-t-elle pour autant que l'Historien réduise le parcours de Theo Francos à son appartenance ou non à cette section. Je vous encourage à être prudent sur vos insinuations dont vous n'apportez aucune preuve et qui touchent à la dignité de l’être. Les certificats médicaux, les radios apportent eux les preuves tangibles des tortures subies et des blessures reçues.

A moins que votre science du détail militaire puisse nous dire quel est le calibre et le type de munition que Théo Francos porte entre son cœur et l'aorte depuis 60 ans au grand damne de la médecine.


Christine Diger



Rédigé par : Christine Diger | 22 oct 2006 17:28:15

Je viens de découvrir sur votre site et tiens à m'associer aux remerciement que vous avez reçus pour la publication d'un article sur le livre "Un automne pour Madrid" qui retrace une partie de la vie de mon ami Théo FRANCOS.
La lecture des commentaires qui ont suivis m'a laissé un goût amer. Quel est le but poursuivi par l'auteur de cette attaque ?
Théo FRANCOS n'a pas écrit un livre pour se faire applaudir, il ne fait qu'apporter un témoignage pour les générations futures par la plume de Christine DIGER, sans autre prétention que de combattre l'oubli.
Merci Théo, merci Christine.

Roland.

Rédigé par : Giraud-Carrier Roland | 1 mar 2007 17:40:22

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