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20/04/2006

Idée reçue n°1 : La productivité des travailleurs britanniques est supérieure à celle des français.

A destination des déclinologues et des autres.

JoinonlineLe communiqué de presse de Peugeot justifiant sa décision de supprimer 2400  emplois dit ceci: "Ce projet fait suite à une analyse approfondie de l’outil industriel européen du Groupe, conduite début 2006, qui confirme les faiblesses du site de Ryton : des coûts de production et de logistique élevés qui ne permettent pas de justifier les investissements nécessaires à la production d’un nouveau véhicule après la Peugeot 206, actuellement produite sur ce site."

A l'heure où l'on parle beaucoup du modèle danois mais où se chuchote que l'on prépare un rapprochement de notre législation du travail avec celle des britanniques, il est intéressant de regarder outre-manche les qualités supposées du travailleur flexible britannique.

Productivité de la main d'œuvre entre 1993 et 2003

PIB en spa (cad dans une monnaie commune) par heure de travail, par rapport à l'UE 15 (=100)

France

UK

1993

115

87

2003

118

95

Source : Rapport Eurostat 2005

On objectera que le temps de travail a diminué en France et qu'il est logique que le travailleur français soit plus productif à l'heure étant donné qu'il travaille 35 heures. Observons donc la différence entre la France et le Royaume Uni non pas à partir de la durée légale de travail mais à partir du nombre moyen d'heures travaillées dans chacun des pays, à partir donc de la durée de travail hebdomadaire réelle.

Nombre moyen d'heure travaillée en France en 2004: 40.5

Nombre moyen d'heure travaillée au Royaume Uni en 2004 : 43

Source : Rapport Eurostat 2005

Calculons donc la productivité hebdomadaire des travailleurs en 2004 :

Moyenne UE

100 (PIB par heure) * 41,5 (durée hebdomadaire moyenne de travail) = 4150

France

118 * 40,5 = 4779

UK

97*43 = 4171

Cqfd.

Les travailleurs britanniques savent bien en quoi aujourd'hui la législation du travail britannique les menace. A la une du site du syndicat AMICUS qui défend les intérêts des salariés de Peugeot Ryton on peut lire le papier suivant : "ten reasons why it is harder to sack a french worker than a british one".

Pour combien de temps?

http://www.amicustheunion.org/Default.aspx?page=3796

Posted by Benoit Hamon on avril 20, 2006 at 10:46 AM dans Témoignages | Permalink

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» L'enfer, c'est la France. from etiennefillol.org [ le blog ]
Je suis epuise d'entendre ces litanies sans fin sur le declin de la France, la nullite economique et sociale dont nous serions structurellement affubles. A ecouter certains elus, dirigeants ou journalistes, la France serait raciste (affaire... [Lire la suite]

Notifié le 23 avr 2006 07:58:32

» A Tale of Two Countries from www.com-vat.com Commentaires
Les Français sont convaincus que la Grande-Bretagne vit toujours à l’heure de Dickens. Mais si le Zola british reste pertinent, c’est plutôt lorsqu’il s’intéresse à nous. Au téléphone, j’avais oublié de demander à Roger Maddison à quoi je le reconnaîtr... [Lire la suite]

Notifié le 28 avr 2006 15:39:53

Commentaires

Si je lis ton papier avec humour, et bien je dirai que les mesures de RTT répondaient donc à une réelle recherche d'équité et de solidarité avec nos amarades travailleurs européens... Pas de concurrence déloyale !
;-)

Plus sérieusement je trouve l'initiative très bonne. Battre en brèche les idées reçues sur lesquelles la droite fonde ses politiques publiques il n'y a pas meilleure démonstration.
Il ne faut pas oublier tous ces Devedjian et consors qui nous expliquaient que donner du temps pour soi, pour la famille, c'était mettre à bas les entreprises qui allaient immanquablement perdre en productivité.
Preuve par les actes et els chiffres, même si ils sont revenus sur pas mal de choses...

Merci

Rédigé par : korine | 20 avr 2006 12:20:42

Oui, ce sont des chiffres connus, je ne comprends pas pourquoi on a toujours cette idée dans la tête, rabâchée par le patronat et la droite...

Rédigé par : Fred | 26 avr 2006 16:13:51

AUX ARMES LA JEUNESSE !


Quel jeune socialiste aurait pu penser qu’après la crise sans précédent
que vient de traverser le pays, qu’après la mobilisation massive des
jeunes dans la rue tous unis contre le Contrat Première Embauche,
François Hollande, Premier Secrétaire du Parti Socialiste rejette l’idée
d’intégrer « l’allocation Autonomie » dans le programme des socialistes
de 2007 !

Qu’est-ce que l’allocation Autonomie ?

- C’est d’abord une des premières revendications depuis plus de dix ans
du Mouvement des Jeunes Socialistes et de l’UNEF (1er syndicat
étudiant).
- C’est ensuite la possibilité pour tout jeune âgé de plus de 16 ans de
pouvoir mener à bien son projet éducatif et professionnel sans passer
par la case « Mc Do » pour financer ses études.
- C’est une mesure qui avait déjà été intégrée, de manière édulcorée,
par le Parti Socialiste dans le programme du candidat aux
présidentielles en 2002.

Il s’agit en effet grâce à une refonte du système de bourse actuel, des
aides au logement et de l’impôt sur le revenu des ménages, de donner à
chaque jeune une Allocation Autonomie qui lui permette de subvenir à ses
besoins sans avoir à être dépendant de ses parents pendant ses études,
sa formation ou sa recherche d’emploi. Techniquement, il s’agit de
permettre à un jeune de ne plus être considéré à la charge de ses
parents en allouant la ½ part ou part entière accordée à la famille au
financement de cette allocation autonomie. Il n’est pas pensable
aujourd’hui que des jeunes sortent du système scolaire sans
qualifications. Il n’est pas pensable que des étudiants mettent fin à
leurs études parce que l’argent manque.

C’est toute la question de l’autonomie et de l’indépendance des jeunes
qui est en jeu. Nous, Socialistes, jeunes ou moins jeunes n’avons pas le
droit de laisser la jeunesse sur le bord de la route.

La jeunesse c’est l’avenir d’une Nation, ne la gâchons pas !

Nous appelons tous les militants et anciens militants ayant oeuvré dans
la jeunesse à défendre cette proposition, à signer cet appel et à
demander à ce que cette proposition puisse être défendue dans le cadre
du Projet du Parti Socialiste.

vous pouvez signer l'appel à appel.allocation@free.fr et retrouver
l'appel sur http://appel.allocation.free.fr/

Rédigé par : Julie MARTY | 8 mai 2006 10:55:41

Pour être qualifiée d'idée reçue, une notion devrait au minimum avoir été proférée une ou deux fois... Où avez-vous vu que la productivité britannique, notoirement inférieure à celle de la plupart des pays d'Europe continentale, était présumée supérieure à la nôtre ?

C'est un peu comme si je me mettais à expliquer que l'idée reçue selon laquelle les Anglais sont réputés pour leurs vins est absurde, mettant alors en avant la supériorité des Français et, partant, la supériorité de notre modèle. Mais par ailleurs, au pays des 35 heures, on pourrait trouver intéressante l'idée de faire travailler plus de gens moins intensément. Mais ça, ça serait battre en brèche une vraie idée reçue.

Rédigé par : Hugues | 10 mai 2006 16:21:43

Merci pour ces info interessantes. mais il fauit aussi regarder l'évolution.
en 10 ans la France progresse de 2,6 % tandis que le britanniques progressent de 9,2%. Quand on connait les incertitudes liées aux difficultés de mesure, il faut êtere prudent sur les conclusions.
En outre parler de temps de travail hebdo peut être trompeur, il faut mieux raisonner en temps de travail annuel qui prend en compte CP, Férie etc...
Enfin, attention aux conséquences de ce taux de productivité élevé, le taux d'absenteisme, d'AM etc ne cessent de croître en France (je ne sais pas ce qu'iol en est en GB), en même temps que les TMS ( Troubles Musculo squelettiques) et la consommation d'anti dépresseurs...
Faut il travailler moins et plus intensément au risque de se casser ? et de ne pas pouvoir profiter des temps libres....

Rédigé par : Laurel | 11 mai 2006 23:16:38

Vu sur le site
http://www.actuchomage.org

Durée du travail : 32 heures en Angleterre

La durée moyenne du travail, pour l'ensemble des emplois à temps complet et à temps partiel, est de 32 heures par semaine en Grande Bretagne et de 36,28 heures en France.

Ainsi, les français travaillent quatre heures de plus que les anglais chaque semaine.

La durée moyenne du travail en Angleterre est de 32 heures par semaine pour l'ensemble des personnes actives occupées : salariés (employee), indépendants (self-employed), aides familiaux de l'agriculture ou du commerce et autres personnes.

En valeur ajustée des variations saisonnières, la durée hebdomadaire est en moyenne de 32,1 heures pour l'ensemble des travailleurs britanniques, soit :
37,2 heures pour l'emploi à temps complet,
15,7 heures pour l'emploi à temps partiel.

Une proportion non négligeable des emplois anglais ont une durée inférieure à quinze heures par semaine et même à six heures par semaine. Pour le même coût, vous avez six travailleurs au lieu d'un, ce qui améliore les statistiques de l'emploi et diminue, en apparence, l'importance du chômage.
...

Les laudateurs du libéralisme économique voudraient nous faire croire que l'importance du chômage en France est due à la faible durée du travail dans notre pays. Le discours souvent répandu est aussi de faire croire que l'on ne travaille que 35 heures en France contre beaucoup plus dans les pays qui "réussissent" dans la lutte contre le chômage.

La durée du travail n'est pas de 35 heures par semaine en France mais de 39,0 heures pour le travail à temps complet ou de 36,3 heures en moyenne pour l'ensemble des emplois à temps complet et à temps partiel. En effet, la durée moyenne des emplois à temps partiel est de 23,2 heures et ceux-ci représentent 17,2 % de l'emploi total. Le calcul se fait donc en tenant compte de l'importance relative de chaque type d'emploi.
...

Mais, dirons les libéraux, avec tous ces congés payés et ces jours fériés, les français travaillent moins sur l'année entière que les anglais. Et bien non, la différence est seulement d'une semaine de congés payés et de trois jours fériés en moins en Angleterre, lorsque les jours fériés sont en semaine (ni samedi, ni dimanche).

Sur l'année, pour 45,4 et 47,0 semaines respectivement, la durée moyenne est :
- en France : 36,3 h x 45,4 = 1 648 heures annuelles,
- en Angleterre : 31,7 h x 47 = 1 489,9 heures annuelles, soit 10,6 % de moins.

Pour les seuls emplois à temps plein, vision partielle (partiale) de la réalité, nous avons :
- en France : 39,0 h x 45,4 = 1 770,6 heures annuelles,
- en Angleterre : 37,2 h x 47 = 1 748,4 heures annuelles
...

Plus de précisions à cette adresses :

http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/32h.htm

(le texte complet peut être imprimé ... pour en faire bon usage d'ici 2007).

Rédigé par : visiteur | 8 sep 2006 19:47:45

Vu sur le site
http://www.actuchomage.org

Gains de productivité du travail, durée du travail, chômage

Au lieu de réduire la durée du travail, comme dans les années 1970, les gains de productivité du travail ont conduit à un chômage très important, parfois caché en mettant plus de la moitié des chômeurs en invalidité (Pays-Bas, Grande-Bretagne, Danemark).

Les gains de productivité permettraient de réduire à quelques heures par semaine le travail nécessaire pour bien vivre, à condition de changer de modèle de société et de supprimer toutes les productions inutiles (par ailleurs nuisibles à l'avenir de la planète, donc au notre et à celui de nos enfants).

Voir cet article :
Gains de productivité du travail - 1997-2003

http://travail-chomage.site.voila.fr/produc/gain_productiv.htm

En France, la productivité du travail a augmenté de 17,22 % en sept ans, pour l'ensemble de l'activité nationale. Sans rien changer à la production de richesses du pays, le nombre d'emplois aurait pu être augmenté de 17,22 % en réduisant de 14,69 % la durée réelle du travail. En moyenne, avec des transferts d'emplois entre secteurs d'activité, le nombre d'emplois aurait augmenté de 4 284 500. Le chômage réel aurait beaucoup baissé.

D'autres articles intéressants sur le site

http://travail-chomage.site.voila.fr/index2.htm


comme "Des mythes autour de l'emploi",
"Chômage officiel et chômage réel en 2005",
"Le modèle libéral britannique : emploi et chômage" ....

Bonnes lectures, cela aide à réfléchir.

Rédigé par : visiteur | 12 sep 2006 22:42:49

Plus d'emplois créés en France qu'en Angleterre en 15 ans

En quinze ans, de 1990 à 2005, la France a créé davantage d'emplois (2 520 000 : +11,25%) que l'Angleterre (1 520 000 : +5,82%). Le modèle libéral britannique n'est donc pas supérieur au modèle social français.

Les deux pays ont une population totale équivalente (60 millions d'habitants) et une population en âge de travailler voisine (37 millions). La population active (ayant un emploi ou au chômage) est un peu plus importante en Angleterre qu'en France (29 contre 27,6 millions).

De 1990 à 2005, la France a créé 2 520 000 emplois (+11,25%) contre 1 520 000 au Royaume Uni (+5,82%). Dans le même temps, la population en âge de travailler (de 15 à 59 ou à 64 ans) a augmenté d'une valeur équivalente dans les deux pays.
...

Pour résumer, devant une augmentation semblable de la population en âge de travailler dans les deux pays, la population active a beaucoup diminué en Grande Bretagne (1 210 000) du fait d'un retrait massif d'activité (préretraites et surtout invalidité), permettant une diminution du chômage de 580 000 personnes. En France, la population active a davantage augmenté que la population en âge de travailler (690 000) du fait d'une importante demande d'emploi, entraînant une augmentation du chômage de 520 000 personnes.

Ainsi, si la différence dans le nombre de chômeurs a augmenté en quinze ans entre la France et l'Angleterre, cela n'est pas du aux prétendus mérites du modèle libéral britannique mais à la mise à l'écart d'une partie importante de la population active. Les chômeurs ont surtout été transformés en invalides.
...

Un emploi à temps partiel dont la durée moyenne est de 23,2 heures en France et de 15,7 heures en Angleterre n'a pas la même valeur qu'un emploi à temps plein dont la durée moyenne est de 39,0 heures en France et de 37,2 heures en Angleterre.

L'emploi à temps partiel est beaucoup plus développé en Angleterre, avec des salaires réduits en conséquence. En 2005, 25,5 % des emplois anglais sont à temps partiel comparé à 17,2 % des emplois français.
...

Le nombre d'heures travaillées chaque semaine (environ 910 milliards) est identique en France et en Grande Bretagne, malgré un nombre d'emplois différent. Cela s'explique encore mieux en comparant la durée réelle du travail (ensemble des emplois à temps complet et à temps partiel) : 31,72 h en Angleterre et 36,28 h en France (par semaine).

Les statistiques sont plus tenaces que certains discours.

Voir plus de détails, avec tableaux statistiques, à cette adresse :

http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/emploi_15ans.htm

(le texte complet peut être imprimé ... pour en faire bon usage d'ici 2007).


Un autre article est en préparation "Durée du travail : 32 heures en Angleterre" sur le même site :

http://travail-chomage.site.voila.fr/index2.htm

Rédigé par : visiteur | 28 sep 2006 16:04:42

Les Français installés en Grande-Bretagne sont peu nombreux (95 000). Les personnes qui entrent en Grande-Bretagne le font davantage pour leurs études que pour le travail. Celles qui quittent la Grande-Bretagne sont d'âge actif et très peu sont des retraités.

Une désinformation insidieuse veut nous faire croire que les jeunes Français quittent la France pour trouver ailleurs un emploi qu'ils ne trouvent pas chez eux, en particulier pour aller en Angleterre. Dans l'autre sens, seuls les retraités viendraient s'établir en France. Ce discours est bien différent de la réalité.

Comme le montrent les statistiques britanniques, lors du recensement de 2001, les Français ne sont pas très nombreux en Grande-Bretagne : 95 100 (38 100 à Londres). En proportion de la population française pour 2001, seulement 0,16 pour cent des Gaulois se trouvent chez les Grands-Bretons, à comparer avec 0,32 % pour les Goths. Les pays présentés comme des modèles de réussite ont une proportion plus importantes de leurs nationaux en Grande-Bretagne : Danemark (0,35 %), Pays-Bas (0,25 %), Suède (0,25 %), de même que l'Allemagne (0,35 %) qui a longtemps été présentée comme un modèle.
L'Irlande est un cas particulier (14,11 %) et les mérites tant vantés, mais artificiels, de l'économie irlandaise n'incitent guère les Irlandais à retourner dans leur pays.
...
Le principal motif est les études (26,4 %) pour ceux qui vont en Grande-Bretagne et pas le travail (22,3 %), alors que le principal motif est le travail (25,2 %) pour ceux qui quittent la Grande-Bretagne, les études comptant très peu (3,0 %).
...
Si l'on examine l'âge des migrants, ce ne sont pas des cohortes de retraités qui quittent la Grande-Bretagne mais pour l'essentiel des personnes d'âge actif. Les retraités ne sont que 2,6 % parmi ceux qui quittent la Grande-Bretagne (retraite à 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes). La plus grande proportion d'entrées entre 15 et 24 ans provient d'une beaucoup plus grande proportion d'entrées pour les études.

Lire Gaulois et Goths chez les Grands-Bretons
pour plus d'informations, avec tableaux statistiques des migrations.


Rédigé par : Johan | 30 jan 2007 18:12:04

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