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05/01/2006

Les quatre couleurs du Parlement Européen

Pict_peArthur Rimbaud a colorié les voyelles. Les députés, eux, ont habillé en coloris différents les semaines parlementaires. Mais détrompez-vous : ce n'est pas l'Ars poetica qui les a inspirés mais tout simplement l'esprit pratique. Chacune des quatre couleurs du calendrier correspond à une activité parlementaire spécifique. (extrait du site du PE)

Explication:

Rouge

Les douze semaines de sessions plénières mensuelles s'inscrivent en rouge sur le calendrier. Durant ces sessions, l'ensemble des députés se réunissent en public, dans l'hémicycle de Strasbourg. Puisque le Parlement cesse pratiquement son activité en août, une session supplémentaire est organisée en septembre.
Environ six sessions additionnelles de deux jours se tiennent aussi à Bruxelles chaque année. C'est pendant les sessions plénières que les députés prennent les décisions les plus importantes. Le vote en plénière achève, en règle générale, la procédure législative d'un dossier (directive, règlement, résolution).

Rose

Mais avant d'être présenté, délibéré et voté en séance plénière, tout projet législatif est d'abord débattu par les députés répartis en commissions parlementaires permanentes. Ils examinent et amendent les propositions de la Commission et du Conseil et, s'il y a lieu, ils rédigent un rapport qui sera présenté à la séance plénière. Les présidents des commissions coordonnent leurs travaux au sein de la Conférence des présidents des commissions. Les commissions parlementaires sont au nombre de 20 et chacune est spécialisée dans un domaine particulier : environnement, marché intérieur, transport ou encore agriculture. Elles se réunissent une ou deux fois par mois à Bruxelles. Ces réunions sont marquées en rose sur le calendrier du Parlement.

Bleu

Les taches bleues sur le calendrier symbolisent les semaines consacrées aux réunions des groupes politiques. Les députés européens se regroupent non par nationalité mais en fonction de leurs affinités politiques. Il est interdit d'adhérer à plusieurs groupes politiques mais il est possible qu'un député n'appartienne à aucun groupe et, dans ce cas, il fait partie des "non inscrits". Les parlementaires se réunissent au sein des groupes tous les mois notamment pour débattre des projets législatifs qui sont soumis à la plénière. Les semaines bleues précèdent généralement les semaines rouges. C'est alors que les groupes politiques définissent leurs priorités et leurs positions sur les grands sujets à l'ordre du jour.

Jaune

Finalement, viennent les semaines dites "jaunes". Aucune activité politique ne se déroule alors au PE. Durant ces périodes, en général quatre fois dans l'année, les députés peuvent concentrer davantage leurs activités sur le travail dans leurs circonscriptions pour rencontrer plus librement leurs électeurs, sans obligations à remplir à Strasbourg ou Bruxelles.

Posted by Benoit Hamon on janvier 5, 2006 at 05:14 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (9) | TrackBack

C'était l'année dernière, France Europe Express

Le 13 décembre dernier, j'étais un des invités de l'émission France Europe Express sur France 3. Je confesse un peu de nervosité (et même un p...... de trac) avant cette émission consacrée à l'avenir de l'Europe quelques jours avant la réunion du Conseil consacrée aux perspectives financières de l'Union. Catherine Colonna, Ministre des Affaires Européennes était la principale invitée de cette soirée dont les "euro-addicted" et les oisifs peuvent trouver l'enregistrement au lien suivant : http://info.france3.fr/emissions/4443892-fr.php

Posted by Benoit Hamon on janvier 5, 2006 at 12:56 PM dans Médias | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

Douste-Blazy dans l'espace

SpaceRentrée en pente douce au Parlement Européen. Les choses sérieuses reprendront la semaine prochaine. Et pour ce qui me concerne, le menu sera copieux. Fin janvier, la Commission des Affaires Economiques et Monétaires examinera les 114 amendements à mon rapport sur le Fonds Monétaire International. Les libéraux et conservateurs s'en sont donnés à cœur joie dans un registre "là où la politique s'immisce, le FMI échoue". En effet, la plupart des amendements libéraux suppriment toute critique du consensus de Washington (cf. note "l'équation, du bonheur" - octobre 2005) et limitent toute forme de contrôle démocratique des décisions du FMI.  Plus tard en février, nous poursuivrons en plénière la discussion sur la directive Bolkestein.

Celle ci devrait être votée en Mars. Parallèlement, le Parlement se saisira de la question du budget de l'Europe pour la période 2007-2013 après l'accord au rabais du Conseil en décembre sur un montant équivalent à 1.045% du PIB de l'Union. Les socialistes ont d'ores et déjà dit qu'ils refuseraient d'approuver ce mauvais accord qui enterre notamment toute ambition en matière économique et sociale.

Mais cette rentrée "tranquille" me permet de rattraper mon retard dans la lecture de la pile instable de dossiers et tribunes que je mets régulièrement de côté pour examen ultérieur et dont l'épaisseur ne cessait de croître.

S'apprêtait à sommeiller au sommet de cette pile, si je n'avais pas décidé une mise à jour urgente de mes neurones européens, une tribune de notre Ministre des Affaires Etrangères, Philippe Douste-Blazy. Elle s'intitule : "Galileo, une réponse au 29 mai" publiée dans le monde datée d'hier 3 janvier.

Pour commencer, Galileo c'est quoi : un  projet industriel piloté par l'agence spatiale européenne qui propose un système de positionnement et de navigation par satellite plus performant que le GPS Américain. Et c'est vrai qu'il faut se réjouir de la prouesse technologique permise par la mise en commun des savoir-faire des grands noms de l'industrie Européenne. Mais les vertus que lui prête notre Ministre des Affaires Etrangères dépassent les espérances de ses concepteurs.

Dites aux ingénieurs de l'ESA que, sans le savoir ils ont inventé l'antidote à la névrose à laquelle les opposants au Traité constitutionnel ont condamné l'Europe. En effet, il faut lire notre Ministre qui affirme : Galileo est la réponse à ceux qui "ont douté de la capacité de l'Europe à déterminer son avenir". Il est la réponse "aux pourfendeurs de l'Union qui ont dénoncé une Europe technocratique". Il est une réponse concrète "à ceux qui doutent encore de l'Europe et de ses apports dans notre vie quotidienne."

Parmi tous ces bienfaits collatéraux du projet Galileo, prenons la plus savoureuse affirmation du Ministre. Galileo est la réponse à ceux qui "ont douté de la capacité de l'Europe à déterminer son avenir".

Celui qui vous dit cela est celui qui se tenait juste derrière celui qui a signé un accord sur le budget européen qui sacrifie les dépenses de recherche et les dépenses d'éducation, et donc une bonne partie des crédits nécessaires à la poursuite des ambitions de l'agence spatiale européenne.

Celui qui vous dit cela est celui qui se tenait juste derrière celui qui a signé un accord sur un budget qui ne permet pas le financement de l'élargissement et condamne les nouveaux Etats membre à pratiquer un dumping fiscal et social sans vergogne pour rattraper leur retard de développement.

Celui qui vous dit cela est celui qui se tenait juste derrière celui qui prétendait remettre à plat la directive Bolkestein et pourtant prépare le soutien de la France à un texte qui tourne le dos à toute ambition d'harmonisation des règles du jeu économiques et sociales en Europe pour lui préférer le principe du pays d'origine.

Celui qui vous dit cela est enfin un parfait inconnu sur la scène politique européenne. La poursuite de la lecture de sa tribune en donne une première explication. En effet, Douste-Blazy, jamais très loin de sa petite cuisine personnelle, vante dans le dernier tiers de son plaidoyer les mérites de ce projet dont le siège vient d'élire domicile dans l'agglomération toulousaine qu'il préside. On comprend que l'essentiel de sa motivation tient dans cette publicité là. Hélas, le "miracle toulousain" ne cache pas le désert des zones où l'emploi disparait à force de prises de bénéfices sauvages ou de délocalisations brutales.

Ceux qui "doutent aujourd'hui de la capacité de l'Europe à déterminer son avenir" sont à chercher dans les rangs des partisans du oui comme du non. Leurs doutes s'épaississent à mesure qu'ils constatent la transparence sidérale des ambitions françaises pour la construction européenne.

Quand il était Maire de Lourdes, Douste-Blazy avait Bernadette Soubirou pour éclairer les voies impénétrables de l'Au-delà et de son avenir. Bientôt, grâce au système Galileo, notre Ministre pourra connaitre instantanément au volant de son 4*4 l'endroit où il se trouve. J'adresse donc, cette supplique aux ingénieurs de l'ESA. En plus de tous ses mérites réels et des vertus supplémentaires que lui confère notre Ministre, est-il possible que Galileo montre à celui-ci le raccourci le plus rapide vers la sortie.

Posted by Benoit Hamon on janvier 5, 2006 at 11:54 AM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack