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13/06/2005

Petits meutres entre amis

Images_12C’était mardi dernier. Réunion du groupe socialiste entre 18H30 et 20H30. A l’ordre du jour, pas la constitution européenne (prévue pour le lendemain) mais  la résolution du parlement européen consacrée aux perspectives financières de l’Union Européenne pour la période 2007-2013.

Enjeux, le financement de l’élargissement, le soutien aux régions les plus en retard économiquement et les ressources affectées aux objectifs unanimement retenus par les pays de l’Union dans ce qu’ils ont baptisé eux-mêmes la « stratégie de Lisbonne ». « Faire d’ici 2010 de l‘Union européenne l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde au service d’une augmentation quantitative et qualitative de l’emploi, en faveur de la cohésion sociale et du développement durable »... Arrrgh !!!! Fin de citation. Reste donc cinq ans pour y arriver.

Découvrons donc les orientations budgétaires arrêtées pour fiancer cette stratégie ambitieuse. Aïe ! 6 pays parmi les principaux contributeurs au budget de l’Union, dont la France, l’Angleterre et l’Allemagne tonnent que le budget ne doit pas dépasser1% du PIB de l’Union. La Commission implore de franchir le cap des 1,2% du PIB, le Parlement soutient.

Attentif à ces suppliques le Conseil s’apprête dans sa grande bonté à trouver un compromis autour de 1, 06% du PIB de l’UE. Les Etats membres se préparent donc à décider de ne pas financer les priorités qu’ils ont eux-mêmes fixées pour la croissance et le développement en Europe.

A ce stade, il est donc intéressant de revenir à la réunion du groupe socialiste européen. Quel est le message des socialistes européens, militants pionniers de la construction Européenne dans ce débat ? L’urgence d’une augmentation des ressources de l’Union  par la création d‘un impôt européen voté par le Parlement ? Pas même évoqué. Le recours à l’emprunt pour financer l’élargissement et la stratégie de Lisbonne ? Pas un mot.

Pire. Le seul débat tranché par un vote de notre groupe a porté sur un amendement proposé à l’initiative de la coordinatrice du dossier budgétaire européen, la française Catherine Guy Quint. Elle proposait une formule, imparfaite sans doute mais au combien méritoire qui combinait, remise en cause du chèque britannique, réforme du financement de la PAC et mobilisation des crédits en faveur du financement de l’élargissement. En quelques lignes, une équation qui tentait de placer l’intérêt général européen au dessus des revendications nationales. Ont suivi une vingtaine d’interventions non plus de députés socialistes mais d’ambassadeurs des Etats membres.

Alors, je me suis souvenu de la critique de cette Assemblée unanime à me reprocher mon « non » à la constitution européenne, à m’expliquer combien je manquais à mes concitoyens européens. Je me suis souvenu, puis j’ai voté en faveur de cet amendement qui signifiait un recul des financements européens à destination de la France pour contribuer aux politiques de solidarité indispensables.

Je me suis souvenu de ceux qui critiquaient notre exigence d’un approfondissement préalable à l’élargissement et qui ce mardi refusaient de lâcher le moindre Euro. Je me suis souvenu et j’ai compté : 41 socialistes en faveur de l’amendement Guy Quint. Plus de 80 contre. A une majorité des deux tiers, l’intérêt général de l’Europe s’est effacé devant la coalition des intérêts nationaux.

A 20H30, le groupe socialiste européen venait d'enterrer le principe d'un budget soucieux d'un développement solidaire de l'Europe.

C’était un  mardi à Strasbourg, au cœur du groupe socialiste européen, la veille d’un débat sur les suites du référendum français, où les mêmes députés allaient collectivement regretter la « renationalisation » du débat européen provoquée par le « non » Français et Néerlandais.

Posted by Benoit Hamon on juin 13, 2005 at 11:01 PM dans Témoignages | Permalink

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Commentaires

Cette attitude relative vraiment le rôle du PSE lorsque nous parlons d'internationalisme. Si ce dernier jouait un rôle prépondérant dans l'homogénéïté européenne des sociaux-démocrates, celà se saurait, non ? Nous jeter au visage le pse lors de la campagne référendaire était à l'image de l'argument: ridicule et inutile.

Rédigé par : michel moine | 14 juin 2005 11:42:17

"relativise", et non "relative", bien sûr...

Rédigé par : michel moine | 14 juin 2005 11:43:39

je ne comprends plus. si vous ne vous reconnaissez plus le PSE, si vous pensez vraiment que le PSE n'ets plus un facteur de changement et de progrès, et bin quittez le PSE et allez à la GUE ! ou fondez votre propre groupe, comme lafontaine !
oui, la majorité du PSE est plus proche de Schroder que de Montebourg.. mais ça, on le savait déjà non ?
je vois pas trop ce qu'il y a d'étonnant dans ce vote. parfois, les interets nationaux priment. mais ce n'est pas toujours le cas, par exp , la directive temps de travail amendée avec le vote des travaillistes britanniques.

Rédigé par : babr | 14 juin 2005 13:39:58

cher(e) Babr,
je vois pas pour quoi monsieur Hamon quitterai le PSE. Il a été elu sur les liste du PS françias qui pronait dans son programme de l'époque une europe sociale et es exigence précise par rapport au chemein que doit prendre la construction européenne, il est donc logique qu'il denonce aujourd'hui les carences du groupe socialiste. Il n'est pas obligé comme d'autres d'oublier ce pourquoi il a été élu dés qu'il arrive au parlement

Rédigé par : jeje33 | 14 juin 2005 16:07:56

cher jeje33,

ma remarque était plus générale, elle faisait référence aux billets laissés sur ce blog par michal moine sur le renoncement du PSE , sur la parole d'un militant de NPS qui se reconnaissait beaucoup plus chez Buffet que chez Hollande.
néanmoins, la question a le mérite d'etre posée : le PS n' a pas fait la meme campagne que le PSOL, le pSP, le Labour, le PSOE, le SPD,etc,etc.. pour éviter de telles différences de votes, pourquoi ne pas faire le choix d'une campagne commune, comme l'ont fait les Verts européens ?

de manière générale, ce n'est pas parce que b.Hamon a été sur une liste PS qu'il doit rester dans le groupe socialiste. s'il ne s'y sent plus bien, s'il trouve que sa position est lpus proche de celle de la GUE qe du PSE, qu'il change ! il ets libre !
mais sur ce point, il saura répondre mieux que moi
:)

Rédigé par : babr | 15 juin 2005 00:49:41

Quand on n'est pas d'accord on a pas le droit de débattre si on est minoritaire ? il faut s'en aller ?

Rédigé par : marc farouge | 15 juin 2005 09:08:15

Le problème de la participaion à un groupe est de savoir si on continue de partager le projet du groupe. Si on est minoritaire, on débat à l'heure du débat, on explique toujours sa position pour, lors des choix, devenir majoritaire dans le groupe. Mais une fois le choix du groupe fait on se soumet ou on se demet, sinon c'est tout le fonctionnement interne, démocratique souvent, qui est remis en cause.
JP Chevènement ou les cadres du NPS le comprennent, en partie pour ces derniers, L Fabius, E Emmanuelli, JL Melanchon non. Ceux qui comprennent ce mode de fonctionnement acceptent la sortie de L Fabius du Conseil National, les autres non.
Le groupe est, normalement, là pour servir un projet. Ce projet est décidé lors des choix internes. Sinon le groupe se délite et disparait.
Le projt du PC a "explosé" dans les années 80. Voyez où il en est. Le projet du PS ne s'est pas affirmé en 2002, voyez ou il en est.
Maintenant si pour vous le but du groupe n'est pas le projet mais l'accès à telle ou telle place, vous êtes tout a fait à l'aise dans la majorité des partis actuels...Mais pour convaincre les électeurs de vous suivre, bonjour la difficulté...

Rédigé par : egdltp | 15 juin 2005 09:47:48

Nous avons élus nos députés européens sur des listes nationales avec la ligne politique que les partis ont choisis. En France, c'était "Et maintenant, l'Europe sociale". C'est pour cela que j'ai voté PS le 13 juin 2004, et c'est aussi grace à un projet ambitieux (oublié depuis ?) que le PS Français est le groupe le plus important au sein du PSE.
Maintenant, c'est le rôle des députés européens, tel que Benoit, de défendre la ligne. Imposer le rapport de force au PSE et faire en sorte que le centre de gravité du PSE soit plus à gauche qu'aujourd'hui sont les combats nécessaire à une Europe sociale... C'est la voie à suivre entre "se résigner" et "partir".

Rédigé par : Jerome | 15 juin 2005 20:09:16

On en revient à la question redondante de savoir si on est plus efficace à l'intérieur ou à l'extérieur et ceci à tous les échelons démocratiques pour peu que l'on souhaite changer le monde qui nous entoure.

Benoît, si je peux me permettre, il y a un point que tu n'as pas abordé, je suppose volontairement, concernant les prises de position au sein de groupe PSE. 41 ont voté pour et 80 contre. J'aimerai connaître le raport des forces chez les députés français et plus précisemment qui a voté quoi. Balancer ? Non pas du tout, il est juste question de responsabilité politique... ;-)

Rédigé par : Fabrice | 16 juin 2005 12:15:58

Nouveau Blog à voir...

Rédigé par : BAF Team | 24 juin 2005 12:26:38

c meiux comme çà...

Rédigé par : | 24 juin 2005 12:27:45

Le PSE est à construire. Il est édifiant de voir que le PS français soit si différent ! Evidemment, ce pour quoi vous vous êtes battu dans votre exemple est important.

Un calcul à faire : faire le rapport OUI / NON au texte de Guy-Quint, entre les socialistes européens au pouvoir dans leurs pays et ceux qui ne le sont pas. Je présume que ceux qui ont le contrôle budgétaire dans leur pays étaient contre revendiquer une forte augmentation du budget européen.

Rédigé par : Laurent H | 27 juin 2005 08:50:20

Que pensez vous de la pertinence de cet article ?

http://www.idpz.net/Max%20PUISSANT/sondage.php&value=#

Rédigé par : Max PUISSANT | 9 sep 2005 19:00:05

I am surprised by the amount of members. 1495532763

Rédigé par : pay per click | 5 août 2007 02:03:53

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