« le jour d'après | Accueil | Petits meutres entre amis »

31/05/2005

Le Non des classes actives, des classes populaires et moyennes, et de gauche

CamembertssuVoici l'analyse trés claire de Philippe Hubert redacteur en chef d'Ipsos.fr sur la structure du vote non au référendum. " Le triomphe du Non avec 3 millions de voix d'avance, dans le référendum le plus mobilisateur depuis 1969, n'est pas simplement celui d'une France tentée par les extrémismes de tous bords. Le sondage Ipsos-Le Figaro réalisé le jour du scrutin présente un Non qui traverse toutes les catégories de la population, et plus particulièrement les classes populaires et moyennes, ou les salariés, du public comme du privé. Au sein du Non, le vote des proches de la gauche parlementaire pèse 49%, contre 19,5% pour les sympathisants de l'extrême-droite, et 6% pour les proches de l'extrême gauche.

La disparité des arguments de campagne laissait planer un doute sur la motivation du Non, certains analystes défendant l'idée d'un non de repli sur soi, majoritaire sur le Non "de gauche". Le sondage Ipsos-Le Figaro leur donne tort. En terme de répartition des voix selon la proximité partisane des répondants, le clivage est net : 63% des proches de la gauche parlementaire (PC-PS-Verts) ont voté Non, alors que 73% des sympathisants de droite (UDF-UMP-MPF) se sont prononcés pour le Oui.

Surtout, la répartition au sein même du Non est sans appel : 49% des partisans du Non se déclarent proches du PC (10%), du PS (30%) ou des Verts (9%). Sous l'hypothèse d'un Non souverainiste surtout porté par les proches de l'extrême droite FN (19,5%) ou du MPF (4,5%), il ne représente qu'un quart de l'électorat du Non. Les proches de l'extrême gauche pèsent 6%, l'UDF 5%, l'UMP 7,5%, les électeurs se déclarant "proches d'aucun parti", 9%. Agrégé de n'importe quelle façon, le Non de gauche est majoritaire.

La composition électorale du Non selon la proximité partisane

EG

5,6 %

PC

10,6 %

PS

29,8 %

Verts

8,5 %

UDF

5,0 %

UMP

7,5 %

MPF

4,5 %

FN/MNR

19,5 %

Aucun parti

9,0 %

La composition électorale du Non selon le vote au premier tour de la présidentielle 2002

O. Besancenot

11,9%

A. Laguiller

4,5%

R. Hue

6,8%

L. Jospin

18,5%

N. Mamère

5,7%

J.P. Chevènement

2,3%

J. St Josse

0,9%

F. Bayrou

2,5%

J. Chirac

10,4%

A. Madelin

0,6%

J.M. Le Pen

32,5%

La composition électorale du Non selon le vote au premier tour des Régionales 2004

EXG – LO - LCR

8,0%

Gauche parlementaire

44,2%

Droite parlementaire

14,0%

FN

28,1%

La composition du Non révélée par le sondage Ipsos-Le Figaro du 29 mai contredit la thèse du Non "anti-européen". Une question sur l'adhésion à l'Europe le confirme. Sur les 3355 personnes interrogées, représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales, 72% se sont déclarées "favorables à la poursuite de la construction européenne". Cet avis est majoritaire quelle que soit la proximité politique des répondants, sauf chez les proches de l'extrême droite. Il est bien sûr unanime chez les Français qui se sont prononcés pour le Oui (97%), mais également largement majoritaire chez ceux qui ont voté Non (57%).

La victoire du Non est d'abord celle des classes actives. Par catégorie d'âge, le Non est majoritaire dans toutes les tranches jusqu'à 60 ans : 56% chez 18-24 ans, 55% chez les 25-34 ans, plus de 60% entre 35 et 60 ans. Le Oui ne devient majoritaire que chez les électeurs plus âgés (56% dans la catégorie 60-69 ans, 58% chez les 70 ans et plus).  En terme de statut, le Non a été largement choisi par les salariés, du privé (56%) et encore plus nettement du public (64%). Très largement porté par les travailleurs indépendants (58%) et les chômeurs (71%), il n'est minoritaire que chez les étudiants (46%,  54% pour le Oui) et chez les retraités (44% contre 56% au Oui).

La comparaison du vote selon la profession de l'interviewé entre le référendum sur la constitution et celui sur le traité de Maastricht en 1992 éclaire également sur l'ascension du Non dans l'échelle sociale. Déjà fort en 1992 dans les classes les moins favorisées, le Non s'est encore raffermit : 79% chez les ouvriers (contre 61% en 1992, + 18 points) et 67% chez les employés (+14). Le Non est surtout devenu majoritaire en 2005 au sein des classes moyennes, avec une progression de 19 points chez les professions intermédiaires (53%, contre 38% pour le traité de Maastricht).

Le constat est identique si l'on s'attarde à la répartition du vote par catégorie de revenu : le Non est largement majoritaire dans toutes les tranches, sauf la plus aisée : 60% dans les foyers dont le revenu net mensuel est inférieur à 1000€, 65% dans la catégorie 1000-2000€, 58% entre 2000 et 3000€, contre 37% (63% pour le Oui) dans les foyers dont le revenu mensuel est supérieur à 3000€. Par rapport au niveau de diplôme enfin, il faut s'adresser aux "bac +3 et plus" pour rencontrer une majorité assez large de partisans du Oui (64%). Les avis sont déjà plus partagés chez les "bac +2" (54% ont voté Oui, 46% Non), et penchent d'autant plus vers le Non que l'on descend dans les niveaux d'études : 53% pour le Non chez ceux dont le dernier diplôme obtenu est le baccalauréat, 65% chez les titulaires d'un BEP, d'un CAP ou du Certificat d'études primaires, 72% chez les électeurs "sans diplôme".

Les commentaires d'hier sur les résultats du scrutin ont enfin évoqué l'affrontement d'un Non rural contre un Oui urbain. Là encore, le sondage dément catégoriquement : si le Non est effectivement fort en milieu rural (57%), et dans les communes de moins de 20 000 habitants (60%), il l'est également dans les villes de 20 à 100 000 habitants (55%), et même en moyenne dans les villes de "plus de 100 000 habitants (55%).

Posted by Benoit Hamon on mai 31, 2005 at 09:40 AM dans Opinions | Permalink

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341ca12653ef00d8347cb47a69e2

Listed below are links to weblogs that reference Le Non des classes actives, des classes populaires et moyennes, et de gauche:

Commentaires

Je ne suis toujours pas convaincu que ce NON sera bénéfique pour la construction européenne.

J'espère en revanche que cela nous permettra, en France, de tirer les conclusions qui ne l'ont pas été en 2002 et 2004.

Rédigé par : Benoît L. | 31 mai 2005 10:19:27

Selon l'enquête post-électorale menée par l'institut Louis Harris pour Libération et i>Télé juste après l'annonce des résultats 49 % des personnes interrogées approuvent l'affirmation selon laquelle «il y a trop d'étrangers en France». Et 67 % de ces dernières ont voté non...(libé 31 mai)
Ce NON la me dérange...


Rédigé par : YesMan | 31 mai 2005 13:36:14

Ce sondage Louis Harris est quand même un peu bizarre :
D'abord, il donne l'inverse de tous les sondages sur les préférences partisanes pour les verts : 60% pour le oui et 40% pour le non, ce qui est étonnant.

Ensuite, sur la question "il y a trop d'étrangers en France", il faut lire : "67% des gens qui disent qu'il y a trop d'étrangers en France ont voté non", et non "67% des gens qui ont voté non trouvent qu'il y a trop d'étrangers en France". Quant au chiffre des 49% qui approuvent le fait qu'il y ai trop d'étranger, il est valable pour l'ensemble des sondés (mais ce chiffre ne se retrouve pas dans l'analyse de Louis Harris). Merci Libé pour cette manipulation foireuse. Le problème de la xénophobie n'est pas propre aux électeurs du non comme voudrait nous le faire croire Libé. Il est plus profond et donc bien plus inquiétant. Pour finir, si l'on souhaite savoir si les électeurs sont xénophobes, il faut leur demander si ils ont peur de la présence des étrangers en France et non s'il y a trop d'étrangers en France.

Rédigé par : Marc Farouge | 31 mai 2005 14:53:08

Construisons ensemble l'Europe que nous voulons sur : comite.altereurope.free.fr

Partout en France des comités se sont mobilisés contre le Traité Constitutionnel.
Le 29 Mai 2005,le Non l'a emporté avec 54,68% des voix.
Le Referendum est passé mais le combat n'est pas terminé!

Un vrai débat democratique a profondément interessé toutes les composantes de la population :
ne le laissons pas sans suite.
Nous nous devons de faire aboutir les idées et les propositions exprimées au cours des derniers mois, afin d'établir ensemble un projet cohérent pour une Europe plus démocratique, moins liberale, une Europe des citoyens.

Nous nous devons de continuer notre travail dans des comités pour une Europe alternative.

Si vous participez à un comité de ce type, ou si vous souhaitez en créer un rendez vous sur comite.altereurope.free.fr

Rédigé par : altereurope | 1 juin 2005 18:52:00

Bonjour Benoit.

J'inaugure ma première participation à ton blog que je visite avec plaisir depuis plusieurs mois maintenant.

D'abord, je voulais préciser que je suis très sceptique voire critique en ce qui concerne la place et l'emploi des sondages dans le système médiatique et politique. C'est la raison pour laquelle, bien que lecteur des analyses de sondages mises en ligne ici pendant la campagne, j'étais surpris de la confiance et de la légitimité que tu leur as donné. On aura peut-être l'occasion d'en discuter, connaissant ton intérêt pour le problème médias/politique/démocratie.

On doit néanmoins leur reconnaître une utilité surtout pour une enquête comme celle-ci qui apporte trois points positifs par rapport aux autres sondages.
- Cette enquête porte sur un échantillon trois fois plus important que les échantillons habituellement utilisés.
- Il s'agit d'une enquête de sortie d'urnes, donc plus fiable a priori en ce qui concerne les réponses.
- Ce sondage intervient après le référendum et ne parasite pas le débat politique d'avant scrutin.

Une fois ce petit "à propos" fait, je suis vraiment très satisfait des indications qu'apporte ce sondage. Je crois que cela peut conforter la plupart d'entre nous qui étions opposés au TCE et qui militons pour que les socialistes portent une analyse claire de la situation politique depuis 2002 (TCE compris). Tout cela peut mettre de l'eau à notre moulin et enrichir notre discours et nos idées.

Il y a un point qui attire en particulier mon attention qui n'a pas été abordé dans l'analyse mise en ligne. Il s'agit chez les votants NON de l'écart entre leur "proximité partisane" et les votes aux présidentielles et aux régionales (dommage au passage que l'on ai aucune donnée sur les votes aux européennes).
Ce qui me frappe, m'interroge et a tendance à me rassurer est qu'une grande part de gens qui ont voté FN (pour faire court) aux scrutins présidentiel et régional, ne se déclarent pas proches des mouvances d'extrême droite mais ce sont retrouvés (puisqu'ils ont voté NON) aux côtés des forces de gauche.

Voilà qui peut, me semble-t-il, nous conforter dans l'idée qu'une grande part de "l'électorat" FN est rattrapable et vote FN par difficulté de s'identifier aux autres partis politiques. Cela rejoint l'analyse que le NPS a fait du 21 avril 2002 en ce qui concerne le décrochage de toute une frange de la population et de l'électorat traditonnel de la gauche (ouvriers, salariés...). Bref, une preuve que tout en se battant pour une bonne cause, les partisans du non de gauche ont permis d'envisager de fédérer ces citoyens autour d'un engagement politique républicain à gauche.

La question est maintenant de savoir si le PS est prêt à reprendre la place qui devrait être la sienne dans cet espace et plus largement pour toutes les forces de gauche (PS compris) de faire vivre l'espoir né de ce scrutin et de recoller les morceaux qu'on a laissé éparpiller.

Bref, beaucoup de boulot en perspective non ?

Rédigé par : Fabrice | 3 juin 2005 18:40:37

l'électorat FN est rattrapable ???
Sur la question du vote Front National et des classes sociales traditionnellement de gauche je me permet, Fabrice, de te conseiller la lecture des travaux d'Annie Collovald (on trouve pas mal de ses textes sur internet et en librairie: "le populisme du FN, un dangereux contresens" ed. Le croquant éditeur). Pour elle le vote FN serait surtout le vote d'électeurs de droite qui se radicalisent, même si elle ne nie pas l'existence de passages de la gauche à l'extrême droite, quoique rares. D'aprés elle le décrochage, dont tu parles fort à propos, ce ferait plutôt dans l'abstention.
Tout ça pour dire que je me réjouis aussi de ce fait: les citoyens de gauche se sont déplacés, car ils se sont retrouvés dans le discours de femmes et d'hommes politiques, d'associations... et leur "non" (qui n'est pas le même que celui de l'extréme-droite contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire) est un "non" d'espoir, de lutte, d'ouverture... et cela fais plaisir, même si, effectivement, tout est encore à faire.

Rédigé par : Medjnoun | 4 juin 2005 01:17:48

Bon, je précise ce que j'ai dit, car j'ai dû mal me faire comprendre et le sujet du FN est très très sensible.

Je n'ai pas dit que l'électorat du FN était rattrapable, j'ai dit qu'une part importante (pas la majorité, loin de là) ne semble pas adhérer réellement au FN (je dis ne semble pas) et que par conséquent il est possible que certains se retrouvent à voter PS.

J'ai également précisé plus haut : "Ce qui me frappe, m'interroge et a tendance à me rassurer...". Donc "m'interroge" veut dire que je suis bien loin d'avoir des réponses et "a tendance" signifie que je suis prudent sur l'inteprétation à avoir.

Tout simplement, il y a des chiffres que je souhaite souligner et qui méritent explication et compréhension (que je n'ai évidemment pas !) :

Parmis les votants NON côté FN :
- 19,5 % se déclarent proches du FN
- 32,5 % ont voté Le Pen aux présidentielles
- 28,1 % ont voté FN aux régionales

D'un autre côté, je vois aussi :
- 29,8 % se déclarent proches du PS (10,6 du PC ; 8,5 des verts)
- 18,5 % ont voté Jospin aux présidentielles
- 44,2 % ont voté pour la gauche parlementaire aux régionales (PS + PC + verts)

En clair, qu'est-ce qui explique ces différences entre ces chiffres ? Je ne dis pas qu'il y a un lien direct, je me demande si ce lien existe. Je n'ai pas la prétention d'apporter des réponses. Je me pose simplement des questions.

En tout ca, merci pour l'info Medjnoun sur les traveaux d'Annie Collovald que j'ai parcouru et que je trouve particulièrement pertinents en particulier sur deux points :
- l'incapacité des dirigeants à établir des analyses et des diagnostiques politiques qui tiennent la route.
- L'importance des idées (et pas seulement la protestation) dans le vote FN et cela nous renvoie à cette bataille culturelle qui est chère à certains d'entre nous.

Rédigé par : Fabrice | 4 juin 2005 15:10:01

Fabrice, j'entend bien tes précisions. Je voulais pour ma part insister sur l'importance de prendre en compte l'abstention, quelles en sont les raisons etc... de même que toi je n'ai pas de réponses toutes faites mais la réfléxion sur le sujet me parait essentielle pour construire un projet.
Désolé en tout cas car j'ai employé un ton un peu vif, comme tu le dis le sujet est sensible, ce qui n'était pas mon but...

Rédigé par : medjnoun | 5 juin 2005 00:17:02

Salut Benoit,
un petit commentaire en direct du Caire...
il est intéressant de comparer les résultats par familles politiques de ce référendum avec celui de 1992 sur Maastricht. Il me semble que le traité de Maastricht était nettement plus libéral que le TCE. pourtant ce traité a été adopté par 51% des voix. 80% des électeurs PS ont voté pour, 59% des électeurs RPR ont voté contre. soit exactement l'inverse des chiffres de ce référendum-ci. (source : Ministère de l'Intérieur, site web). la seule différence entre les deux scrutins ? la gauche était au pouvoir à l'époque ; la droite est au pouvoir aujourd'hui.
Cherchez l'erreur... le vote au référendum se fait davantage pour ou contre le gouvernement que oui ou non à la question posée. je ne vois pas d'autre explication.
je reste pour ma part persuadé que le non n'était pas la meilleure façon de faire avancer l'Europe politique et sociale de nos voeux. L'avenir nous le dira.
bonne journée

Rédigé par : Nicolas | 5 juin 2005 09:18:57

Xher Nicolas,

le fait que tu ait voté OUI au référendum ne faisait aucun doute, même avant ta phrase de conclusion. On croirait entenre la direction du PS : c'est pas ma faute m'sieur, c'est celle de mon voisin (de droite)...

A quand le "c'est celui qui dit qui est !" ?

Rédigé par : TLG | 6 juin 2005 23:33:49

Je crois que ma remarque n'a pas été bien comprise par TLG. je ne dis pas que c'est la faute de la droite. je dis que si la gauche avait été au pouvoir cette année, le résultat aurait peut-être été différent. j'émets un doute sur à quoi les gens ont dit non.
est-on forcément excommunié quand on a voté oui ? (je ne parle pas du choix des militants PS en décembre ni de la direction du PS). est-on forcément un droitisé ? je ne partage pas votre analyse concernant le TCE, c'est tout. Je ne pense pas que le rejet de la constitution était le meilleur moyen de l'infléchir vers moins de libéralisme. dans le contexte européen actuel, a priori nous n'aurons pas de constitution du tout avant de nombreuses années - s'il y en a jamais une.

Rédigé par : Nicolas | 7 juin 2005 08:27:37

Maintenant que l'Europe qui est en place reste inchangée. Quelle est votre proposition pour le prochain pas ? Et peut être ne voulez vous plus faire bouger l'Europe d'où la réponse que vous avez souhaité et eu sur le référendum.
Merci de vos éclaircissements, pour l'instant l'actualité ne fait que répondre à mes craintes pré-vote.

Rédigé par : egdltp | 7 juin 2005 16:44:33

Ne refaisons pas la campagne et arrétons de nous voiler la face : tu te rends compte egdtp que dans ton commentaire, par colère je suppose, tu stigmatise preès de 55 % de la population ? Ce serait un peu plus judicieux d'analyser ces resultats, comme le fait Benoît ici, et de se rendre compte que la base electorale du PS n'est plus du tout en phase avec celui-ci. Que la direction ne veut pas voir les choses en face, en parlant de peur. Mais peur de quoi ? Moi, j'ai plutot l'impression que c'est un vote d'espoir

Rédigé par : TLG | 7 juin 2005 17:26:36

TLG, en quoi je stigmatise ceux qui ont voté NON ? Nous voulons une certaine Europe, porteuse de solidarité et d'attention à l'autre, soucieuse de l'avenir. Pour cela un texte a été présenté par certains. Le texte a été refusé. Donc il faut un autre chemin, en quoi le fait de demandé à ceux qui ont refusé quel chemin ils veulent prendre c'est les stigmatiser ?
Ah oui, ceux qui ont refusé ne sont pas des "professionnels", donc ils ne sont pas obligés de proposer. Ils ont par contre le droit de démolir ce que d'autre essayent de construire ;-))
Que le PS ne sache pas expliquer ses choix à ses électeurs, c'est son problème. Que les tenants d'une ligne ne proposent rien suite à leur victoire, cela me semble bien mal augurer de la suite de notre société...
Ou alors les tenants du NON suivent leur électorat, mais là je ne vois plus cela comme un parti politique mais plus du "populisme" pour avoir accès à des fonctions.
Pour moi un parti doit proposer un projet de société et s'y tenir en faisant l'effort de pédagogie nécessaire pour recueillir une majorité. La majorité doit donner des éléments pour définir le projet, mais le projet ne doit pas se limiter à la sommes des désidérata particuliers. Là est la plus value du parti.
Donc, vous, hommes politiques tenant du NON, quel est votre projet pour l'Europe maintenant que le TECE est presque surement mort et enteré. Vous en avez bien un puisque vous êtes pour l'Europe forte.
Au plaisir de lire vos argumentaires afin que je puisse vous rejoindre et vous soutenir. Car nous visons bien le même but, enfin je crois.

Rédigé par : egdltp | 7 juin 2005 17:43:32

29 mai 2005 : Le non de gauche
Appel pour le respect de nos valeurs

rdv sur http://lenondegauche.hautetfort.com

Rédigé par : le non de gauche | 8 juin 2005 11:57:48

Mais arrétons ces clivages.

A mon avis, on a autre chose à faire en ce moment. Si on continue comme cela, on laisse un boulevard à Sarko en 2007.
Les seules clivages que nous devons accepter desormais doivent être de vrais clivages de fond. Ces clivages-là sont constructifs. Ceux de l'avant-29 mai sont dépassés.

Si l'on veut une vraie alternative en 2007, parce que 5 ans de droite libérale c'est déja trop, il va falloir se mettre autour d'une table et discuter en gens responsables. Pas en s'entre-déchirant et ainsi apporter de l'eau au moulin des Guignols et, c'est beaucoup plus grave, de la droite.

Rédigé par : TLG | 8 juin 2005 17:39:45

Benoit,

Quelle est vraiment la marge de manoeuvre du couple franco allemand pour faire céder les britanniques sur leur contribution.

Quand va t on se décider à leur rappeller que la porte leur est grande ouverte s'ils souhaitent devenir citouens américains ?

Rédigé par : Jbenard | 10 juin 2005 11:01:36

J'aimerai bien que quelqu'un m'explique le tableau "La composition électorale du Non selon le vote au premier tour de la présidentielle 2002" et j'imagine par la même occasion celui de "La composition électorale du Non selon le vote au premier tour des Régionales 2004".

J'ai cherché les résultats des élections correspondantes, et les pourcentages ne sont pas les mêmes. Il doit y avoir un rapport avec ceux du referendum, mais lequel?

Je voudrai bien comprendre, je sens que c'est simple, mais je sais pas pourquoi, j'y arrive pas.

Une ame charitable s'il vous plait!


Rédigé par : david | 22 juin 2005 23:09:18

Salut David,

Je vais essayer de répondre à ta question que je pense avoir comprise.

En fait, l'enquête a été réalisée à la sortie des urnes c'est-à-dire que l'on a posé plusieurs questions aux électeurs à leur sortie des bureaux de vote le 29 mai.

On leur a demandé notamment :
- leur vote au référendum
- leur vote aux régionales 2004
- leur vote aux présidentielles 2002

On a récoupé ces données pour obtenir les tableaux de résultats plus haut.

Plus concrètement on a pu voir ce que les électeurs ayant voté "non" avaient voté aux présidentielles et aux régionales.

Par exemple, il faut lire que 18,5% des électeurs du "NON" avaient voté Jospin au 1er tour des présidentielles.

Et que 14% des électeurs du "NON" avaient voté pour la droite parlementaire lors des régionales.

Comme ces résultats ne concernent que celles et ceux qui ont voté non (donc une partie seulement du corps électoral), il est totalement logique qu'ils ne correspondent pas aux résultats globaux des scrutins de 2002 et 2004. C'est justement ce décalage qu'il est intéressant d'étudier.

J'espère que j'ai répondu à ta question.

Rédigé par : Fabrice | 23 juin 2005 09:09:49

Cette "constitution européenne" a divisé la droite et la gauche, seule le patronat est resté uni; à l'Ouest, à l'Est, au Sud, comme au Nord une seule direction le"Oui". Le PS aurait pu se demander pourquoi!Jacques.
canteleu.paysdecaux

Rédigé par : Jacques. canteleu.paysdecaux | 20 juil 2005 15:53:40

@Jacques : Le patronat votait OUI car le texte du TECE levait un certain nombre de flou dans le fonctionnement de l'UE. Et les gestionnaires d'entreprise ont horreur du flou. D'où leur unanisme. Mais c'est beaucoup plus facile de se rassurer en disant que s'ils disaient OUI, ces ennemis de classe, c'est que le texte était bon pour eux, et donc par raisonnement limité, qu'automatiquement il était mauvais pour nous.
Qu'un organisme puisse sortir un texte qui donne a celui qui aura la majorité dans les instances dirigeante les moyens de faire sa politique est quelque chose qui semble impossible a certain. D'ou le choix du rejet du texte pour eux. Mais j'ai du mal le lire.

Rédigé par : egdltp | 21 juil 2005 12:20:16

J'ai oublié un argument : les gestionnaires ont l'habitude de modifier l'entité qu'ils gèrent en fonctions des containtes qui leurs sont appliquées. Ils militent souvent pour diminuer ces contraintes, mais ils savent bien qu'ils doivent en accepter car ces contraintes leur sont aussi parfois bénéfiques. Ce qu'il veulent c'est la clarté et la lisibilité des contraintes. Et je crois que le TECE était un progrès vis à vis du traité de Nice.

Rédigé par : Egdltp | 21 juil 2005 12:23:01

Benoit,
N'arrivant pas à nous contacter au tel .Peut être "sera ce "plus facile par@

Bien à toi

Jean françois

Rédigé par : sauvaget | 4 août 2005 22:33:50

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.