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31/05/2005

Le Non des classes actives, des classes populaires et moyennes, et de gauche

CamembertssuVoici l'analyse trés claire de Philippe Hubert redacteur en chef d'Ipsos.fr sur la structure du vote non au référendum. " Le triomphe du Non avec 3 millions de voix d'avance, dans le référendum le plus mobilisateur depuis 1969, n'est pas simplement celui d'une France tentée par les extrémismes de tous bords. Le sondage Ipsos-Le Figaro réalisé le jour du scrutin présente un Non qui traverse toutes les catégories de la population, et plus particulièrement les classes populaires et moyennes, ou les salariés, du public comme du privé. Au sein du Non, le vote des proches de la gauche parlementaire pèse 49%, contre 19,5% pour les sympathisants de l'extrême-droite, et 6% pour les proches de l'extrême gauche.

La disparité des arguments de campagne laissait planer un doute sur la motivation du Non, certains analystes défendant l'idée d'un non de repli sur soi, majoritaire sur le Non "de gauche". Le sondage Ipsos-Le Figaro leur donne tort. En terme de répartition des voix selon la proximité partisane des répondants, le clivage est net : 63% des proches de la gauche parlementaire (PC-PS-Verts) ont voté Non, alors que 73% des sympathisants de droite (UDF-UMP-MPF) se sont prononcés pour le Oui.

Surtout, la répartition au sein même du Non est sans appel : 49% des partisans du Non se déclarent proches du PC (10%), du PS (30%) ou des Verts (9%). Sous l'hypothèse d'un Non souverainiste surtout porté par les proches de l'extrême droite FN (19,5%) ou du MPF (4,5%), il ne représente qu'un quart de l'électorat du Non. Les proches de l'extrême gauche pèsent 6%, l'UDF 5%, l'UMP 7,5%, les électeurs se déclarant "proches d'aucun parti", 9%. Agrégé de n'importe quelle façon, le Non de gauche est majoritaire.

La composition électorale du Non selon la proximité partisane

EG

5,6 %

PC

10,6 %

PS

29,8 %

Verts

8,5 %

UDF

5,0 %

UMP

7,5 %

MPF

4,5 %

FN/MNR

19,5 %

Aucun parti

9,0 %

La composition électorale du Non selon le vote au premier tour de la présidentielle 2002

O. Besancenot

11,9%

A. Laguiller

4,5%

R. Hue

6,8%

L. Jospin

18,5%

N. Mamère

5,7%

J.P. Chevènement

2,3%

J. St Josse

0,9%

F. Bayrou

2,5%

J. Chirac

10,4%

A. Madelin

0,6%

J.M. Le Pen

32,5%

La composition électorale du Non selon le vote au premier tour des Régionales 2004

EXG – LO - LCR

8,0%

Gauche parlementaire

44,2%

Droite parlementaire

14,0%

FN

28,1%

La composition du Non révélée par le sondage Ipsos-Le Figaro du 29 mai contredit la thèse du Non "anti-européen". Une question sur l'adhésion à l'Europe le confirme. Sur les 3355 personnes interrogées, représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales, 72% se sont déclarées "favorables à la poursuite de la construction européenne". Cet avis est majoritaire quelle que soit la proximité politique des répondants, sauf chez les proches de l'extrême droite. Il est bien sûr unanime chez les Français qui se sont prononcés pour le Oui (97%), mais également largement majoritaire chez ceux qui ont voté Non (57%).

La victoire du Non est d'abord celle des classes actives. Par catégorie d'âge, le Non est majoritaire dans toutes les tranches jusqu'à 60 ans : 56% chez 18-24 ans, 55% chez les 25-34 ans, plus de 60% entre 35 et 60 ans. Le Oui ne devient majoritaire que chez les électeurs plus âgés (56% dans la catégorie 60-69 ans, 58% chez les 70 ans et plus).  En terme de statut, le Non a été largement choisi par les salariés, du privé (56%) et encore plus nettement du public (64%). Très largement porté par les travailleurs indépendants (58%) et les chômeurs (71%), il n'est minoritaire que chez les étudiants (46%,  54% pour le Oui) et chez les retraités (44% contre 56% au Oui).

La comparaison du vote selon la profession de l'interviewé entre le référendum sur la constitution et celui sur le traité de Maastricht en 1992 éclaire également sur l'ascension du Non dans l'échelle sociale. Déjà fort en 1992 dans les classes les moins favorisées, le Non s'est encore raffermit : 79% chez les ouvriers (contre 61% en 1992, + 18 points) et 67% chez les employés (+14). Le Non est surtout devenu majoritaire en 2005 au sein des classes moyennes, avec une progression de 19 points chez les professions intermédiaires (53%, contre 38% pour le traité de Maastricht).

Le constat est identique si l'on s'attarde à la répartition du vote par catégorie de revenu : le Non est largement majoritaire dans toutes les tranches, sauf la plus aisée : 60% dans les foyers dont le revenu net mensuel est inférieur à 1000€, 65% dans la catégorie 1000-2000€, 58% entre 2000 et 3000€, contre 37% (63% pour le Oui) dans les foyers dont le revenu mensuel est supérieur à 3000€. Par rapport au niveau de diplôme enfin, il faut s'adresser aux "bac +3 et plus" pour rencontrer une majorité assez large de partisans du Oui (64%). Les avis sont déjà plus partagés chez les "bac +2" (54% ont voté Oui, 46% Non), et penchent d'autant plus vers le Non que l'on descend dans les niveaux d'études : 53% pour le Non chez ceux dont le dernier diplôme obtenu est le baccalauréat, 65% chez les titulaires d'un BEP, d'un CAP ou du Certificat d'études primaires, 72% chez les électeurs "sans diplôme".

Les commentaires d'hier sur les résultats du scrutin ont enfin évoqué l'affrontement d'un Non rural contre un Oui urbain. Là encore, le sondage dément catégoriquement : si le Non est effectivement fort en milieu rural (57%), et dans les communes de moins de 20 000 habitants (60%), il l'est également dans les villes de 20 à 100 000 habitants (55%), et même en moyenne dans les villes de "plus de 100 000 habitants (55%).

Posted by Benoit Hamon on mai 31, 2005 at 09:40 AM dans Opinions | Permalink | Commentaires (23) | TrackBack

30/05/2005

le jour d'après

Le_ciel_est_toujours_lRéveil avec le 7/9 de France Inter. Sylvestre nous rassure sur l’état des marchés. La terre a tremblé hier mais les marchés devraient tenir bon. Ouf ! On parle d’un recul de l’euro par rapport au dollar. Les partisans de l’euro fort s’émeuvent. Les PME exportatrices sourient.

« Café/Libé » pour continuer. July se déchaîne contre ce qu’il nomme un chef d’œuvre de masochisme, me traite moi et mes voisins de xénophobes, de cyniques, de menteurs. Extraits...

« A l'arrivée, un désastre général et une épidémie de populisme qui emportent tout sur leur passage, la construction européenne, l'élargissement, les élites, la régulation du libéralisme, le réformisme, l'internationalisme, même la générosité ». Plus loin : « Le Pen xénophobe, c'est son fonds de commerce, mais que des dirigeants de gauche fassent campagne sur ce terrain comme Chirac en 2002 sur l'insécurité, on croyait cette xénophobie-là impensable... »

Retour sur Inter, Pierre le Marc enchaîne et évoque ceux « qui ont mis l’intérêt national au second plan de leurs préoccupations économiques et sociales ». François Hollande interrogé par Stéphane Paoli prend le relais et répète que la ligne de partage au PS est entre ceux qui assument « le discours de  vérité » et les autres. Je suis pas rassuré.

Un SMS fait résonner mon portable. De Bruxelles une voix m’écrit : « Brux, jour d’après. Le ciel est toujours là, la ville aussi. Jusqu’ici tout va bien... ». A mon tour, je vais tenter de passer une tête dehors.

Jeunes de moins de 25 ans

NON

56%

Français qui gagnent moins de 3000€ par mois

NON

60%

Français qui gagnent plus de 3000€ par mois

OUI

63%

Salariés du privé

NON

56%

Salariés du public

NON

64%

Chômeurs

NON

71%

Employés

NON

67%

Ouvriers

NON

78%

Proches du PS

NON

56%

Proches de la gauche parlementaire

NON

63%

Source : sondages sortis des urnes Ipsos 29 mai

http://www.ipsos.fr/referendum/soiree/referendum.htm#01

Posted by Benoit Hamon on mai 30, 2005 at 09:55 AM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (14) | TrackBack

24/05/2005

Référendum sur la Constitution européenne : le Non en tête dans la dernière ligne droite

Obs_ref_ipsos11ptAvec trois électeurs sur dix encore hésitants, dans une campagne marquée par l’instabilité du rapport de force, difficile de dire que l’avantage du Non dans les dernières enquêtes Ipsos et CSA (53/47) réalisées ce week-end soit décisif. Le Oui bénéficiera encore du soutien de Jacques Chirac et de Lionel Jospin, et plus sûrement de la ratification parlementaire définitive en Allemagne, vendredi. Ce pourrait toutefois ne pas être suffisant pour inverser une dernière fois la tendance.

Si, avec le jeu des redressements,  les instituts de sondage ont du mal à appréhender le niveau réel des intentions de vote, en particulier dans un scrutin de ce type, sans réelle référence et avec un rapport de force serré, l'instrument mesure en revanche très finement les évolutions. Et de ce point de vue, la tendance est en faveur du Non, depuis début mai. Le Non est passé de 47% d'intentions de vote le 29 avril, à 50% le 6 mai, 51% le 13, et 53% aujourd'hui, selon Ipsos. En moins d'un mois, le rapport de force s'est une nouvelle fois inversé. Le manque de construction et l'instabilité sans précédent des intentions de vote pendant cette campagne incitent à la prudence quant à l'issu du scrutin. Mais que l'on compare les argumentaires, que l'on parle de pronostic ou de souhait de victoire, des conséquences du scrutin ou de renégociation, la dynamique de fin de campagne est  clairement favorable au Non.

Les chiffres clés de l’observatoire Ipsos

•Le Non est crédité de 53% d’intentions de vote, en progression de deux points en une semaine, 6 points depuis début mai ;
•Le Non atteint 54% d’intentions de vote chez les proches du Parti Socialiste, en hausse de quatre points ;
•71% des électeurs considèrent leur choix définitif, 29% hésitants ou indécis ;
•Une majorité relative des Français (45%, +1) souhaite la victoire du Non alors que 41% d’entre eux pronostiquent cette victoire (+14) ;
•Le Oui incarne toujours le changement pour 48% personnes interrogées mais 45% s’inquiètent d’une victoire du Oui ;
•50% des Français ne croient pas aux conséquences négatives pour la France d’une éventuelle victoire du Non (+2) ;
•73% des Français ne croient pas à la dégradation de la situation économique de la France en cas de victoire du Non ;
•55% des Français pensent que la France obtiendra une renégociation du Traité si le Non l’emporte (-6).

La force de la seconde dynamique du Non : l’analyse de Pierre Giacometti (Ipsos)

Le sondage

Obs_ref_ipsosv11


Posted by LeFIL on mai 24, 2005 at 10:35 AM | Permalink | Commentaires (5) | TrackBack

19/05/2005

Ruban_noir à Alain, rue Véronèse, la Cavale, Brest. Kenavo!

Poulainsg

Posted by Benoit Hamon on mai 19, 2005 at 11:08 PM | Permalink | TrackBack

17/05/2005

Le climat d’opinion est favorable au Non, mais sa traduction électorale reste fragile

Iv_ipsos_ptAu moment où s'ouvre la campagne officielle propice à la cristallisation du choix électoral, le Non est redevenu majoritaire en terme d’intentions de vote (51% contre 49%). S'appuyant sur un argumentaire qui porte davantage dans l'opinion, le Non bénéficie de l'avantage du "terrain". La question de la mobilisation finale de ses partisans devient centrale pour l'issue du scrutin.

C'est bien la troisième inversion de tendance qui se dessine dans cette dixième vague de l'Observatoire Ipsos. Initiée il y a une semaine lorsque le Non avait été crédité d'une poussée de trois points lui permettant de faire jeu égal avec le Oui, la progression se confirme aujourd'hui : à gauche comme à droite, le Non a encore gagné du terrain. Le gain est de deux points au sein de l'électorat socialiste, où le rapport de force apparaît aujourd'hui parfaitement équilibré. L'évolution est encore plus nette auprès des sympathisants UMP-UDF. En progressant de 4 points, il atteint 28% d'intentions de vote, contre 72% au Oui. A l'extrême gauche comme à l'extrême droite, le Non est massif et définitif.

Pronostic et souhait de victoire : une combinaison favorable au Non

Donné toujours gagnant depuis l'inversion de tendance intervenue fin avril, le Oui n'a plus depuis deux semaines la faveur du souhait de victoire. La majorité des Français "souhaitent aujourd'hui la victoire du Non" (44%, + 2 points), contre 39% à "souhaiter la victoire du Oui" (-2 points). L'absence de désir dont souffre le Oui est la marque d'une campagne pour l'instant en échec. La sociologie du souhait de victoire du Non est à l'image des intentions de vote : appui populaire et présence forte parmi les classes d'âge actives. A l'inverse, le profil de Oui ressemble à celui de la base étroite de l'électorat de droite. Majoritaire après 60 ans, chez les cadres supérieurs, les hauts revenus et les Français dont le niveau d'instruction déclaré atteint BAC +3, le Oui est crédité d'un désir majoritaire dans les seuls électorats UMP et UDF. On a là une nouvelle preuve d'un référendum soumis au contexte de politique intérieure.

La victoire du Oui conserve en revanche très nettement la faveur du "pronostic". Mais cette combinaison contradictoire du souhait et du pronostic constitue un sérieux handicap pour les partisans du Oui : elle présente le risque d'empêcher la construction d'une nouvelle et dernière dynamique de victoire dans les derniers jours de campagne.

Le changement incarné par le Oui est désormais porteur d'inquiétude

Interrogés fin avril sur la perception des deux alternatives, les Français reconnaissaient dans le Oui l'incarnation du changement. C'est toujours le cas aujourd'hui, malgré une réduction d'écart de sept points par rapport au niveau enregistré dans la première mesure. Ce capital d'image allait alors de pair avec la perception majoritaire de l'inquiétude suscitée par une éventuelle victoire du Non. Le changement provoqué par la ratification n'était pas alors porteur d'inquiétude. A deux semaines du vote, le réflexe inverse s'est installé dans l'opinion. Les Français sont désormais 45% à réagir avec inquiétude à l'idée d'une victoire du Oui (+7 points) contre 35% plus préoccupés par les conséquences d'un résultat opposé (-3 points).

Une nouvelle fois, tout se passe comme si le pessimisme économique et social et la peur du lendemain pesait sur le référendum européen. Cette inquiétude de lendemains difficiles en cas de victoire du Oui devient majoritaire chez les sympathisants PS, et l'est désormais de manière très nette chez les salariés du public comme du privé. L'analyse détaillée des résultats indique encore une nuance qui mérite d'être mentionnée. Les Français qui jugent le Non porteur de changement imaginent logiquement avec inquiétude les effets d'une victoire du Oui. La réciproque n'est pas vraie et illustre une fragilité d'image : 40% des électeurs qui accordent au Oui le bénéfice du changement expriment une préoccupation quant aux effets de la ratification par la France !

La "renégociation", plus que jamais imaginée comme probable et possible

Le "plan B". L'argumentaire s'est installé, ces derniers jours avec encore un peu plus de force, au cœur de la controverse de la campagne. Laurent Fabius en a fait l'un de ses premiers arguments pour installer à gauche l'idée d'un Non "tranquille" et "constructif". Jacques Delors y a fait allusion en reconnaissant qu'il y avait une porte de sortie si la France votait Non. Déjà fragilisé la semaine dernière, le scénario du blocage après un éventuel Non français devient de moins en moins convaincant. La conviction qu'une nouvelle discussion sera possible si le Non l'emporte est aujourd'hui partagée par 61% des Français (+9 points) ; elle devient majoritaire dans l'électorat UMP-UDF et atteint 40% chez les partisans du Oui.

La meilleure connaissance du traité ne contribue pas à renforcer sa crédibilité

La croyance parfois admise comme une évidence que la lecture attentive ou partielle du traité constitutionnel permettrait au Oui de limiter "le mélange des genres" et de permettre aux Français de mettre en cohérence leur adhésion de principe à la construction européenne et leur vote est battu en brèche. La notoriété du texte progresse considérablement depuis fin mars. Mais dans le même temps, son image s'est détériorée, même si les bonnes opinions l'emportent toujours sur les mauvaises.

Plus préoccupant pour le Oui, les Français les plus informés sont plus présents parmi les partisans du Non. Plus on déclare avoir lu dans le détail la constitution, plus on exprime du scepticisme à son égard. Au moment où les électeurs reçoivent dans leur boîte aux lettres le document soumis au vote, ce handicap apparaît évidemment comme un obstacle sérieux, qui nuit encore à la construction d'une nouvelle dynamique en faveur du Oui.

Dans ce contexte d'opinion favorable au Non, les intentions de vote demeurent équilibrées. Il semble que le Non ne soit pas encore en mesure de profiter pleinement de ses multiples atouts. La question centrale de la mobilisation électorale, maintes fois rappelée par Ipsos ces dernières semaines, est au cœur de cette incertitude. Le socle sociologique populaire qui caractérise le profil de l'électorat potentiel du Non pourrait constituer un ultime handicap de mobilisation.
Les électeurs du Oui semblent en effet plus déterminés à aller voter, notamment grâce à l'habitude civique de la frange la plus âgée de l'électorat. La tentation abstentionniste est plus nette chez les partisans du Non, du fait de ses caractéristiques sociologiques mais aussi politiques. Ainsi, l'électorat du Front National apparaît pour l'instant moins mobilisé que la moyenne. Le rejet ou l'indifférence de "cette Europe là" peut trouver dans la grève des urnes un moyen d'expression alternatif. S'il se mobilise faiblement comme à l'occasion du dernier scrutin européen, le niveau du Non en souffrira. Mais en cas de dynamique comparable à la mobilisation survenue dans la dernière phase de la campagne présidentielle de 2002, le Non dispose des atouts pour gagner.

Pierre Giacometti (Ipsos)

La série d'intentions de vote Ipsos-Le Figaro

Serie_ipsos_lefigaro

Consulter le sondage sur Ipsos.fr

Posted by LeFIL on mai 17, 2005 at 09:28 PM dans Opinions | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

16/05/2005

Barbara Romagnan

Livre20romagnan Barbara Romagnan a écrit un livre « du sexe en politique ». Je milite avec elle depuis plus de 10 ans maintenant. Elle habite aujourd’hui dans le Doubs où elle milite au parti Socialiste. Tous ceux qui la côtoient soulignent la sincérité et la force de ses convictions. Tous soulignent aussi son indépendance et sa loyauté. Dans ce livre elle revient sur un combat personnel et sur celui de tous les socialistes, l’égalité entre les hommes et les femmes. Elle a choisi l’angle de la représentation politique. Si elle y tord parfois quelques idées reçues (les femmes feraient de la politique « autrement »), elle y rappelle l’urgence du combat pour l’égalité effective des droits entre les hommes et les femmes. A lire. A commander ici ou .

"Du sexe en politique"

Présentation de l'éditeur

Du sexe en politique n'est pas un énième essai tentant de dire " Comme c'est difficile d'être une femme en politique... " Au contraire, ce livre montre avec quel enthousiasme une jeune femme de trente ans peut, aujourd'hui, s'engager, croire au changement et réussir.

À travers une étude riche en anecdotes, Barbara Romagnan cherche à savoir si les femmes font de la politique autrement. Mais cet autrement existe-t-il vraiment ? Une chose est sûre, le débat politique a tout à gagner à laisser une place plus importante aux femmes.

Les femmes, longtemps écartées du pouvoir par un machisme probant, comptent bien se faire entendre et revendiquer une autre manière de faire pour séduire l'électorat. Elles tiennent alors des discours d'un féminisme acharné dont le but est d'accéder enfin au pouvoir... comme de simples hommes. Dans un contexte de grande méfiance envers la classe politique où l'abstention est devenue la règle, les femmes apparaissent comme des sauveuses. Mais seront-elles à la hauteur de nos espérances ? Hommes et femmes ne seraient-ils pas les mêmes, tant il s'agit pour chacun d'eux d'un combat, d'une lutte sans merci pour le pouvoir ?

Biographie de l'auteur

Barbara Romagnan, militante syndicale et féministe, benjamine des candidats socialistes en 2002, est le plus jeune membre du bureau national du Parti socialiste. Docteur en sciences politiques, elle vit à Besançon. À trente ans, elle se réjouit d'être une femme en politique et compte bien partager ses convictions.

Posted by Benoit Hamon on mai 16, 2005 at 04:19 PM dans Invités | Permalink | Commentaires (4) | TrackBack

13/05/2005

Gare à son vote!

VoteDeux votes du parlement européen méritent ici un commentaire. Ces deux épisodes de la vie du Parlement font l’objet de vives polémiques en France. Le premier concerne l’attitude des socialistes français vis à vis d’un amendement déposé par les Verts à un rapport « anodin » d’une députée conservatrice polonaise sur « le marché intérieur dans les nouveaux États membres: situation, chances à saisir et enseignements à tirer ». Cet amendement proposait le rejet de la directive sur les Services dite Bolkestein.

Sur la liste de vote du PSE, un signe (-) figurait en face de cet amendement. En appelant ainsi à votre contre le rejet de la directive Bolkestein, le PSE respecte sa ligne qui consiste à préférer amender la directive que la rejeter. Ca n’est pas la position des socialistes français. La notre consiste à n’amender la directive qu’à condition d’avoir échoué à la rejeter. Venons en à l’épisode concret. En entrant en séance plénière, nous ignorons pour la plupart, l’existence de cet amendement. La secrétaire générale de notre groupe s’aperçoit de son contenu et en informe plusieurs d’entre nous. Vaille que vaille, nous faisons circuler l’information dans l’hémicycle. Résultat, 15 votent « pour » cet amendement, 8 ont voté « contre ». Nos collègues belges qui partagent la même orientation que nous sur la directive Services,  se font également piéger et partagent leurs voix entre le pour et le contre. Plusieurs parlementaires français qui ont voté contre cet amendement de rejet de la directive ont demandé à modifier leur vote dans la journée comme le règlement du Parlement le prévoit. Ces modifications ne figurent pas au procès verbal original du vote mais seront bientôt publiées. Reste sans doute que l’un ou deux d’entre nous ont préféré respecter la liste de vote du PSE. C’est leur droit. Mais franchement, je n’ai aucun doute sur le fait que l’immense majorité des parlementaires socialistes français est favorable au rejet de la directive Services. Pour information, 125 députés européens sur 583 votants ont voté en faveur du rejet de la directive Services. (1 libéral, 27 gauche européenne, 7 indépendance et démocratie, 10 non inscrits, 1 PPE, 39 PSE, 4 UEN, 36 Verts).

Le second vote est celui du rapport Cercas, un socialiste espagnol, sur la directive temps de travail. Quelle est la situation ? Dans la directive 93-104, datant d'il y a 12 ans, la durée maxima du travail était fixée à 48 h dans 15 pays d'Europe. Les britanniques avaient cependant imposé un article 18 qui introduit la "clause d'opt out". Il s'agissait du "droit"... pour un salarié de renoncer à ce droit, et d'accepter "librement", en signant son contrat de travail individuel, de travailler plus de 48 h à la condition qu'il soit suivi par un médecin du travail, que les heures faites au dessus de 48 h soient comptabilisées, et qu'un bilan global soit effectué sur l'ensemble des salariés concernés. A la demande de plusieurs états membres la nouvelle commission Barroso rédigea, un nouveau projet de directive, le 22 septembre 2004, étendant l'opt out  aux 25 pays et proposant une nouvelle durée maxima de 65 h. L'enjeu était donc d'éliminer toute possibilité de dérogation au droit communautaire, qui n'est déjà pas très contraignant (la limite hebdomadaire étant fixée à 48 heures semaines). Précisons quand même qu’il s'agit d'un seuil plancher qui ne remet pas en cause des législations nationales plus favorables, comme les 35 heures dans le cas français. Par son vote, le Parlement Européen a voulu étendre la protection à l'ensemble des travailleurs de l'Union européenne, et tout particulièrement à de nombreux travailleurs britanniques contraints de travailler parfois jusqu'à 70 heures/semaine ! Mais le Parlement a payé cher la "mise à mort" de cette dérogation puisque le rapport entérine l’annualisation du temps de travail".

Revenons sur ce qui s’est passé. Nous sommes en première lecture de cette directive. Elle est absolument indigeste. Le rapport Cercas la démolit à moitié. Nous aurions préféré qu’il la démolisse pleinement. J’ai défendu lors de la réunion de la délégation socialiste française, la position suivante. Pour commencer, le vote d’un amendement de rejet de la directive, proposé par les communistes (au bilan, 82 parlementaires ont voté cet amendement). Si ce vote était minoritaire, que nous votions plusieurs amendements au rapport Cercas pour modifier davantage la directive proposée par la Commission Barroso. Enfin, de voter en faveur du rapport Cercas, car il permet la remise an cause de « l’Opt out ». Cette position a été retenue par la délégation socialiste française. Nous avons donc au final voté ce rapport qui a immédiatement suscité une violente réaction de rejet de la Commission Européenne, indiquant qu’elle refusait les modifications sur « l’Opt out ». Le texte reviendra en deuxième lecture. Cette fois, la majorité qualifiée sera requise pour l’amender. Au regard des positions intransigeantes de la Commission, une seule chose est certaine. Nous n’avons encore rien obtenu, même si ce que nous voulions était mince.

Posted by Benoit Hamon on mai 13, 2005 at 11:47 AM dans Interventions au parlement | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack