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27/04/2005

Chaque jour c’est les playoffs (*)

Foule_1 Y a des vies entières sans jour de relâche. Des vies commencées et achevées à lutter contre un destin qui vous échappe. Pas forcément des vies malheureuses, mais des vies dures qui creusent l’épiderme et maltraitent les consciences. Des vies, dès la première seconde, écrites comme une dictée pleine de fautes. Des vies qui te rappellent que chaque jour c’est les playoffs (*). La lutte sans répit pour chaque pouce de terrain.

J’étais vendredi soir à Tournus (71), au coeur d’une circonscription rurale. Ils venaient de toute la gauche pour m’entendre parler de mon mandat de député européen. Quinze jours auparavant j’étais dans le lycée d’enseignement professionnel Louise Michel d’Epinay sur Seine (93) avec 40 jeunes les classes de terminale vente et seconde secrétariat/comptabilité.

Sans dire que ces jeunes ressemblaient aux couples d’anciens assis sagement dans la salle des fêtes de Tournus, le lien entre ces générations était pourtant évident. Une condition sociale identique, une vie passée ou une vie promise à jouer chaque jour une partie à «élimination directe». Pourtant ceux là, ne se connaissent pas, ne se croisent souvent que par télé interposée, pourraient même bien se craindre ou se mépriser. Homogénéité des situations vécues et hétérogénéité des situations perçues.

Comment combattre le sentiment que toute action collective est vaine ? Comment convaincre qu’elle ne mène pas inéluctablement à l’échec que ce soit la conséquence de la trahison des politiques ou du déséquilibre insurmontable du rapport de force ? Comment ensuite restituer ces peurs et ces espoirs dans le débat politique. Peut on encore se revendiquer du camp des "travailleurs" quand on est élu et que ce seul statut vous soustrait aux affres de cette condition sociale ? Ce sont inévitablement des questions que se sont posées et se posent les élus de gauche.

J’ai pour ma part tranché depuis longtemps une question. J’avoue : j’ai mon camp. Je n’ai jamais conçu mon mandat comme un sacerdoce dédié à tous sans distinction. Je hiérarchise. A Epinay, à Tournus, ce sont les miens. Là où je parle, j’essaie de parler pour eux.

Choisir un camp est en soi une orientation politique. Il présuppose qu’il existe des conflits d’intérêts majeurs dans la société et que la conciliation de ces intérêts contradictoires, trop vite résumée par la prétendue recherche de l’intérêt général, peut ne pas être le but central de l’action politique. J’assume ce choix.

Je suis frappé de la conséquence immédiate d’un tel préalable à l’action politique. Dés lors que vous choisissez un camp et que vous posez comme exigence centrale la question de la dette économique et sociale du capital à l’égard de ces hommes et ces femmes qui ont besoin du travail pour vivre, vous deveniez un dangereux idéologue pour les libéraux, ce qui un compliment acceptable, mais aussi un dangereux populiste pour une certaine gauche, ce qui est un réflexe inquiétant.

C’est significatif du rapport ambigu, du complexe qu’entretient désormais une partie de la gauche de gouvernement avec le peuple et ses aspirations. Remettre en cause l’équilibre social libéral de la société française au motif qu’il n’est pas parvenu à freiner la progression des inégalités depuis plusieurs décennies relève de la démagogie et du populisme aux yeux des héritiers et des comptables de cette séquence politique toujours en cours au PS. Le débat sur le référendum illustre cela avec beaucoup d’acuité. La montée de la dénonciation du populisme dans le discours socialiste marque à mes yeux essentiellement la peine et la perte de légitimité de quelques élites à comprendre, traduire et répondre aux aspirations des classes populaires. A bien des égards, les scénarios catastrophe annoncés de concert par la droite française et certains socialistes si le non l’emportait au référendum rappellent l’hébétude et l’incompréhension fondamentales d’une partie des élites française devant l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. J’ai entendu des arguments d’autorité utilisés au sein du parti socialiste qui ne sont pas des arguments socialistes mais bien des arguments de classe.

On dira que c’est un peu court de considérer qu’au point de départ et au point d’arrivée d’un engagement politique il y a la défense d’un camp. Je revendique le contraire je dis que c’est tout. Qui affirmera que les conservateurs et les libéraux ne sont pas les mandants politiques d’un camp ? Donc, à Epinay et Tournus, il y avait des gens pour qui ce système signifie la lutte incessante pour conserver sa place, si petite soit elle. « Une vie qui te rappelle que chaque jour c’est les playoffs... ». Définitivement, c’est à eux que je dois.

Au passage, mardi matin, sur Canal, Xavier Darcos Ministre du gouvernement Raffarin déclarait peinard que les français feraient mieux de voyager un peu plus pour se rendre compte qu’il y a plus malheureux qu’eux sur la planète. Et comment petit malin ? C’est toi qui leur payes leur voyage éducatif ? Si on comprend bien le fait de savoir qu’il y a plus malheureux que vous quelque part sur terre devrait vous conduire à être moins malheureux. Ce raisonnement est lamentable ! D’ailleurs, pour que tu comprennes bien monsieur le Ministre Darcos: c’est pas parce qu’il y a sans doute plus con que toi à 10 000 bornes que ça t’a empêché mardi matin d’être con. Et ben dis toi que c’est pareil pour les pauvres.

(*)On a enfoncé les portes, Kool Shen/Dernier Round.

Posted by Benoit Hamon on avril 27, 2005 at 01:18 PM dans Témoignages | Permalink

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» "Chaque jour c’est les playoffs" de Benoît Hamon from Le blog de Franck DUDT
J'ai lu, sur le blog de Benoît Hamon (député européen socialiste), un superbe texte sur son engagement en politique et sa vision des choses. A lire ici. [Lire la suite]

Notifié le 7 mai 2005 19:59:55

Commentaires

Cher benoît,

Moi-même militant PS et MJS (passé par cinq ans de LCR), je tiens à te dire que ton papier m'a fait chaud au coeur.

Je m'y suis reconnu, tout simplement (et bien pour la référence à Kool Shen).

Je n'ai pas l'habitude de faire des louanges, mais là j'ai envie de dire merci pour ton petit "billet d'humeur" qui dit beaucoup de choses en peu de lignes.

Comme aurait dit Kool Shen Big Up à toi!

Rédigé par : | 27 avr 2005 15:20:09

... Franchement, c'est un très beau papier ! C'est remarquablement bien écrit, percutant, acéré et... Vrai !
T'es décidément meilleur en politique qu'en commentaire du commentaire des résultats sportifs...

O.

PS : mon père dit t'aurais pas du écrire la fin comme ça... Ben moi je pense que c'est très bien comme ça. Je vois pas pourquoi on aurait pas le droit d'être un peu grossier avec des gens très très vulgaires ! Et, en l'espèce, c'est pas le dernier round !

Rédigé par : Olivier | 27 avr 2005 23:07:08

Bon texte, qui illustre aussi une forme d'engagement tenace et presque acharné pour changer les choses et défendre ceux dont nous sommes, les classes populaires sans sombrer dans cette mode funeste de la chasse aux voix des cadres et autres bobos

Rédigé par : olivier D | 28 avr 2005 09:46:43

Ils étaient gauchistes à 20 ans et tous ceux qui n'étaient pas d'accord avec eux étaient des fascistes, ils sont libéraux (quel que soit leur parti) aujourd'hui, et tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux aujourd'hui sont des fascistes. Nous, nous étions sociaux-démocrates et nous le sommes restés, nos pères ne veulent pas constater leur bilan: effondrement des idéaux d'égalité et de justice sociale, explosion des inégalités et de la violence, relance victorieuse de la lutte des classes par les riches après la chute du mur de Berlin. Attention Benoît, ils préfèrent éliminer politiquement ceux qui pourraient leur indiquer leur responsabilité plutôt que d'ouvrir le débat avec eux.
Il faut les comprendre, pour eux, leurs pères étaient des collabos ou des victimes, ils n'ont cherché qu'une chose, ne pas leur ressembler, le sort de leurs enfants compte peu face à cela.
Guillaume

Rédigé par : balas | 29 avr 2005 10:33:45

ENORME texte qui incarne tout le sens de mon engagement à la gauche du PS....

A rapprocher de la contribution de Rigaudiat ds le diagnostic NPS sur ces 30% de la population française qui souffre et que le PS ne doit jamais plus oublier de réprésenter comme le résultat du 21 avril 2002 l'avait démontré avec force...

Christophe.

Rédigé par : | 29 avr 2005 12:20:30

Très beau texte...

Rédigé par : Bassem | 29 avr 2005 12:33:02

texte écrit avec du coeur. de la passion.
bonne idée que celle d'aller dans les écoles, dans les campagnes, de rendre compte de son mandat .
ça me rappelle le discours de Mitterand aux ouvriers,qu'on voit dans le film :
"la gauche ne pourra gouvernée que si elle se tourne vers sa famille. et sa famille , ce sont les ouvriers"
(ou un truc dans le genre. en tout cas, un discours fort. percutant. qui retient l'attention.comme le tien)
mais c'est vrai que la fin gache un peu tout. On partait dans des discours à poigne à la Jaurès et mitterrand, et on retombe dans de la politique à la " ado rebelle" (mauvais sens du terme)(sans etre péjoratif pour les ados rebelles. je suis moi meme un ado rebelle): lui "c'est un con".etc,etc..
nan, mais sinon, bravo

Rédigé par : babr | 29 avr 2005 19:32:44

Quel plaisir de lire un tel texte!

Cela fait un bon moment que je suis à la recherche d'une synthèse politique qui corresponde à mes convictions.
Or j'aime beaucoup ce que j'entends au NPS.

Et même si je vais voter OUI à la Constitution européenne après avoir beaucoup hésité, je pense que l'on se retrouvera après le 29 mai car les combats à mener ne manquent pas.


PS: Vraiment très bon ce blog (europe, rugby, ...).
Seul regret que vous n'ayez pas mis un module avec les derniers commentaires pour pouvoir suivre les discussions en cours.

Rédigé par : Benoît L. | 30 avr 2005 11:19:27

Cher Ben,

ca fait un bail qu'on ne s'est pas donné de nouvelles mais je regarde de temps en temps ton blog et là, je réagis. beau texte, effectivement, qui te ressemble et dans lequel je me reconnais en partie, notamment dans l'idée de choisir son camp. Un élu est certes élu de son département/de sa région/de la nation selon les cas, mais il est avant tout élu par les gens qui ont voté pour lui, pour un programme et ses idées, qui ont gagné face aux autres candidats. Sinon, c'est de l'eau tiède et c'est pas bon l'eau tiède.

En revanche, je n'aime pas ton dégagement vers le référendum, qui relève de l'amalgame. Partir du premier point, que je partage donc, pour en arriver au second peut laisser penser qu'en cas de victoire du non, ca ira dans le sens que tu réclames et pour ceux que tu défends. Or, je pense que ce n'est pas vrai. Ce serait vrai, à la limite, dans cette logique, si la conséquence d'une victoire du non était, par ex, la sortie de l'Europe, le flingage de l'euro et la récupération - à supposer cela possible - d'une totale liberté budgétaire. Mais ce n'est pas ca la question. La question est : garde-ton le texte actuel ou valide-t-on le traité constitutionnel, avec ses avancées, qui auraient pu etre plus grandes, mais ses avancées quand meme, et ses absences de recul.

Voilà. Je t'adresse mes amitiés chaleureuses !
JP
PS : et allez l'OM

Rédigé par : JPT | 4 mai 2005 17:05:33

Benoît,

Je viens de lire ton texte et je tiens à te dire que je partage presque tout...
J'ai mis une note sur mon blog qui parle de ton texte, ainsi qu'un lien pour que mes lecteurs puissent le voir.

Je me souviens t'avoir croisé à l'université d'été de Nouveau Monde en 2003 où tu étais venu représenter NPS. Nous étions avec Emmanuel Maurel...

Amitiés socialistes,
Franck DUDT

Rédigé par : Franck | 7 mai 2005 19:59:10

Bravo Benoit,

Ton texte est une lumière dans cette étange ombre qui nous entoure, nous, les sans rien, les vilains de la société, ceux que l'on ne voit pas, que l'on n'entend pas, ceux dont la voix est méprisée, isolée, continue à être ce que tu es, ne change pas, au milieu de tous ceux qui voudront faire de toi ce qu'ils sont devenus, tu le sais, je pense, si d'aventure le doute venait, nous serions plusieurs à te soutenir, surtout n'hésite pas.

Cordialement

Rosie

ps: la prochaine fois que tu passes à la fédé, je te colle contre la fenêtre...

Rédigé par : Rosie | 8 mai 2005 11:50:04

ce texte est trés beau et est teinté d'optimisme car tu n'évoques que le play off (pour acceder au niveau supérieur) et non les play down (pour lutter contre la descente)

Rédigé par : jeje | 10 mai 2005 10:05:40

Je suis d'accord, le non c'est du bon sens.Nous les libéraux ne voulons pas de la solidarité obligatoire auquel nous oblige ce traité.
nonliberal.canalblog.com

Le non permettrait un autre traité, plus libéral.

Rédigé par : libéré | 11 mai 2005 11:30:27


Cher Benoît,


Entre camarades, il y a un truc au moins aussi douloureux et absurde que d'être qualifié de populiste et de démagogue, c'est de se faire traiter de social-traître ou assimilé, comme quand tu parles de ces élites qui peinent à "comprendre, traduire et répondre aux aspirations des classes populaires"...

Alors comme ça Msieur Hamon il a "choisi son camp", celui de la "Vraie Gauche" (marque déposée) !
Parce qu'il y en a une fausse bien sûr : celle de l'infâme gauche caviar qui pactise avec le Grrrrand Capital mondialisé.
Lol! Quelle prétention, quel simplisme !
Et la petite cour du MJS de bêler d'admiration : "quel beau texte" ; "ça fait chaud au coeur" ; "trop mortel Kool Shen".

Et tu leur as expliqué aux jeunes du MJS, que tu instrumentalises en échange d'un strapontin NPS au Parlement Européen, que tu n'es qu'un apparatchik ?
Qu'en fait de "réalité sociale", tu ne la connais que par ouï dire ?
Que tu n'a jamais de ta vie exercé un vrai métier, ni vu un guichet d'ANPE ?
Qu'en fait de légitimité politique tu n'as jamais été fichu de conquérir le moindre mandat électif ? Si ce n'est au PE par le biais de minables manoeuvres d'appareil ?
Que ça fait 20 ans que tu vis aux crochets d'une formation qu'aujourd'hui tu dénigres ?

Faudrait leur dire tout ça Ben, et ensuite t'aurais le droit de faire la morale à tes chers camarades et à camper, superbe, sur le rocher battu par les embruns de la Vraie Gauche ...
Parce qu'à propos de Kool Shen il a aussi écrit "Des clones de mecs clean mais mal fait". C'est dans "C'est mal barré" ; t'es mal barré Ben, t'es une imposture, un clone de mec clean mais ils ont raté certains détails à la finition...

Rédigé par : TerSem | 12 mai 2005 11:35:16

Le seul luxe en politique, c'est de choisir ses adversaires. On sait qui ils sont lorsque notre parole les dérange, les irrite et les met dans des colères ordurières. Quand je lis le commentaire précédent, je me dis que ton texte est encore meilleur que ce que je pensais. Il a le mérite de LES facher... Courage à toi Ben, et encore merci de ce texte

Rédigé par : | 12 mai 2005 14:30:11

T'as raison ma choute, garde tes illusions sur ce saint homme, teeeeellement proche des gens, lol ;-D
Ca me rappelle "J'aime ce pays" , une chanson de Kent qui dit "Belle jeunesse qui rit quand...", j'arrête là parce que tu vas encore trouver ça ordurier, mais tu la trouveras ici : http://members.tripod.com/~baltaro/kent.htm#J'aime%20ce%20pays


Même pas l'élégance d'être proche de ses électeurs oui, voila la réalité !

http://reporter_du_coind_ru.blog.lemonde.fr/reporter_du_coind_ru/2005/05/mon_dput_europe.html
extrait :
"Mon député européen…

Tout le monde ne s'en rappelle pas forcément, mais les Européennes avaient fait place à des listes "régionales", pour se rapprocher un peu plus des électeurs. Celle du Parti socialiste dans l'Est avait été enfantée dans la douleur. Les militants PS avaient même dû approuver une liste à trous, sur fond de bisbilles avec un de leurs courants, le NPS. Se trouvait également dans cette liste dirigée par Pierre Moscovici un parachuté, en l'occurrence le Parisien Benoît Hamon.Sans_titre

J'ai noté ce qu'avait dit Pierre Moscovici sur cette candidature: il faudra être exigeant vis à vis de lui, il sera un élu du grand Est, il doit en prendre l'engagement. C'était pas Hamon qui s'engageait (du coup, il est plutôt dégagé de toute obligation), certes. Je peux vous garantir que nous n'avons plus eu guère de nouvelles de notre député européen depuis le scrutin. (Ni de Mosco, mais c'est autre chose, lui il a la Franche-Comté pour s'occuper.)
J'en parle parce que je viens de découvrir qu'il avait un blog.

Je sais fort bien qu'un député européen reste avant tout un élu désigné de manière nationale et que le PS n'approuvait pas le découpage régional. Mais il n'empêche, en ces temps de troubles européens, un parlementaire venant discuter avec ceux qui l'ont élu, cela ne ferait pas de mal…"


Rédigé par : TerSem | 12 mai 2005 22:04:35

Special dedicace à Tersem,

pfff... Tu me rends triste mon camarade, t'as l'air tellement malheureux... C'est dommage, tu parais intelligent, t'as du style... Faut pas sombrer comme ça dans l'anathème perso, les approximations voire les contre-vérités... Tu dis quoi au juste ?
- Que t'en as marre qu'on te traite de social traître ? Je te comprends, c'est pas bien, c'est pas juste... Le problème vois-tu, c'est qu'à part dire que c'est horrible, tu développes rien au fond... Disqualifier celui que l'on désigne comme son interlocuteur n'a jamais servi à définir sa propre identité... En politique comme ailleurs... Ca n'a comme conséquence que de conduire à s'égarer sur des chemins ou l'aigreur le dispute à l'outrage... Ca entraîne loin... Ca rend ni intelligent, ni convaincant... Relis toi camarade, on sent par moment que t'aimerai argumenter... mais... Las... Ta motivation de départ, cette colère qui te tenaille te fait repartir de plus bel et tu verses dans la bétise, l'injure et la contre-vérité...
Un, des exemples ?
- Compte rendu de mandat : Tu vois jamais ton député européen. Toi peut-être pas -même si avec le nombre d'info que tu sembles avoir sur Benoît Hamon, j'espère au moins que tu l'as croisé dans ta vie-... Mais Tournus -il en parle dans l'article- par exemple, tu le mets où ? Grand-Est non ? Bonne réponse mon ami... Tu vois... Invite le. Je te prends le pari qu'il vient en Lorraine voire qu'il y est déjà passé. Par ailleurs, tu soulèves de bonnes questions sur le sens du découpage, de la constitution des listes et tout ça mais là ce serait trop long. Si tu veux, on pourra avoir ce vrai débat plus tard ? D'accord ?
- N'a jamais travaillé dans le privé. Faux, totalement faux, relis le CV du garçon t'as sauté des lignes...
- Le "parisien" Benoît Hamon. Comme tous les bretons, c'est vrai qu'il entretient un rapport quasi-charnel avec le quartier Montparnasse mais, comme parisien, moi qui en suis un vrai... Franchement j'ai vu mieux... Maintenant, je ne te ferai pas l'injure de penser que t'es un type qui crois que seule la terre ne ment pas et que l'on a le droit de se déplacer voire même de représenter politiquement, a fortiori au niveau européen, des citoyens avec qui on a pas été à l'école...

Voilà... Après les contre-vérités, j'attire ton attention sur les dangers de l'instruction à charge (c'est le moins que l'on puisse dire)... Tu as vu son blog ? Je te passe les conneries sur les commentaires sportifs... Mais je trouve que c'est du bon boulot de parlementaire... Il rend compte... Maintenant, tu peux aller voir sur le site du Parlement, renseigne toi pour vérifier son temps de présence à Strasbourg et Bruxelles... Tu vas voir que pour un apparachik qui se sert de ses positions pour magouiller, il perd beaucoup beaucoup de temps à exercer ce pourquoi tu l'as élu...
Enfin, un truc plus perso, qui me touche, c'est sa démarche en direction des mômes des lycées... Là, on est au frontière de la politique et d'autres choses, plus intimes, je vais pas faire dans le pathos avec toi qu'est un vrai politique mais... Je trouve ça BIEN. Il en fait pas ses choux gras, mais il le fait... Tu vois, j'aurai bien aimé que ta colère et ta soufrance te laisse un peu respirer pour que tu intègres ça à ta fulgurante démonstration...

Sinon, je te confirme que Benoît Hamon n'est pas un Saint. C'est en effet un animal politique. C'est un type intelligent, ambitieux ET convaincu. Que tu sois pas d'accord avec lui, c'est ton droit... Le problème c'est que je ne sais pas pourquoi.

Je suis pas ta choute, épargne toi avec moi le mépris que tu as manifesté vis-à-vis de ceux qui t'ont indirectement répondu, je n'y verrai rien d'autre qu'une marque de faiblesse et je suis sûr que tu vaux mieux que cela... Pis je sens que t'as envie de discuter, alors parlons politique.

PS : Je sais pas comment tu vas réagir, mais lui je sais qu'il va mal prendre ma réponse... Mais je suis sûr que t'es d'accord avec moi : on l'emmerde, hein ?

Olivier

Rédigé par : Olivier | 13 mai 2005 11:59:01

: Olivier "Tu dis quoi au juste ?
- Que t'en as marre qu'on te traite de social traître ? Je te comprends, c'est pas bien, c'est pas juste... Le problème vois-tu, c'est qu'à part dire que c'est horrible, tu développes rien au fond..."

Et au fond, bien au fond, oui que nous dis-tu ?

Rien.

Tout au plus un certain psychologisme de bas étage.

Alors allons au fond des choses !

Certes, les arguments que les partisans du Non peuvent développer à l’appui de leur critique de l’Europe minimale, ne peuvent pas être pris avec désinvolture (même si certains ressassent de vieilles rengaines ou vieille xénophobie dont on sait les résultats en Europe)).

Mais, leur conclusion « Dire non au Traité constitutionnel pour faire une meilleure Europe » est d’une grande faiblesse car elle débouche sur une voie sans issue.

Un « Non » de la 7 France n’ouvrira aucune « crise salutaire » : il n’y aura pas de réécriture du Traité constitutionnel dans un sens plus « politique » ou plus « social » ; tout au plus se mettra-t-on d’accord, laborieusement, sur quelques mesures pratiques destinées à permettre un fonctionnement institutionnel plus raisonnable que celui qui découle du Traité de Nice, et ceci fait, la machine à produire du droit économique continuera à fonctionner en digérant plus ou moins rapidement l’à-coup d’un refus français qui n’aura donc servi à rien sinon à diminuer de plusieurs crans encore les ambitions de l’Europe et l’influence de la France.

L’évidence de ce scénario est attestée par le rapport de forces politique qui prévaut aujourd’hui en Europe et qui prévaudra après un Non français : une Commission et un conseil dominés par les conservateurs, un parlement de moins en moins fédéraliste ne produiront rien de
mieux que le texte issu d’une convention où la vieille coalition démocrates chrétiens/ sociaux-démocrates fut, sans doute une dernière fois à la manœuvre et pesa d’un poids décisif en faveur d’un texte qui constitue un cadre honorable et utile.

On a peu de chance de faire mieux, choses égales par ailleurs… L’illusion de la crise est une totale désillusion qui montre à quel point certains prennent leur funeste désir pour des réalités.

Rédigé par : Surik'n | 13 mai 2005 22:43:36

Merci Surik'n, j'aurais pas osé parler moi-même de "psychologisme à deux balles" à propos du post d'Olivier mais c'est un peu ce que j'ai ressenti...
pas uniquement faut dire, il a pas tort sur tout, j'y reviendrai ; en attendant voila le genre de trucs qui motive ma colère, qu'on peut trouver sur le blog des jeunes de l'UMP, et qu'on nous poste sur les différents blogs du Oui, et dans lequel Benoît porte sa part de responsablité en raison des liens étroits qui continuent à le lier au MJS

Je cite (avec des pincettes ;-D) :

" Jeunes socialistes, mettez-vous en campagne ! - 9 mai 2005

Mais où sont les Jeunes socialistes ? Majoritairement favorable au NON mais défait lors du référendum interne au PS en décembre dernier, le MJS a donc décidé de jouer l’autruche lors de cette campagne référendaire : pas un tract, pas une affiche portant leur logo !

Les Jeunes Populaires, fortement engagés pour le OUI, ont donc décidé d’aider les nombreux jeunes socialistes partisans du OUI, en leur donnant les moyens de faire campagne.

Nous proposons donc à ces défenseurs de la construction européenne, dont leur mouvement ne leur permet pas de militer correctement, de disposer du matériel de campagne des Jeunes Populaires.

Au moyen d’un tract intitulé « En disant OUI, les Jeunes font avancer l’histoire » et de deux types d’affiches, le mouvement des jeunes de l’UMP est fier d’aider les jeunes socialistes favorables au OUI de contribuer à leur manière à la victoire du OUI que nous espérons tous."
--------------------------------------

On a l'air malins mmmmmh ?

Bravo les gars, continuons, droit dans le mur comme en 2002 !

Rédigé par : TerSem | 14 mai 2005 14:45:48

Tiens c'est bizarre, moi ce texte ne me fait pas chaud au coeur, il me navre... Je croyais être de gauche aussi pourtant...

" Comme tu tiens à ta pureté mon petit gars. Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien, reste pur ! A qui cela servira t'il et pourquoi viens-tu parmi nous ?"
J.-P. Sartre "les mains sales


" Ce qui devrait nous rendre méfiants vis-à-vis des arguments du non, c’est leur pureté.
Il est contre tout ce qui est mal : les OGM, la misère, la perte d’identité, le chômage, l’injustice, la disparition des valeurs, l’impérialisme américain, la dictature des marchés - toutes choses qui dont rien à voir, une fois de plus, avec l’adoption d’une Constitution européenne qui n’empêche nullement les alternances politiques de donner des réponses à tous ces problèmes.
Bref, le non est pur. Le non défend un idéal. Tandis que le oui, c’est un oui de compromis, de négociation, de discussion, il nécessite une culture de l’insatisfaction et de la compensation, il n’a pas d’idéal, il marche vers un horizon de justice et de démocratie dont il sait qu’il recule au fur et à mesure qu’on avance. Mais l’important, c’est d’avancer. Le oui est impur. Mais on n’envoie pas des individus à la mort pour un horizon. Le non est pur. Et l’idéal vaut bien que l’on sacrifie des vies humaines pour qu’il se réalise. Sauf qu’il ne se réalise jamais. Je préfère un horizon qui nous guide en nous avouant qu’il est inaccessible qu’un idéal qui nous fait croire qu’on peut l’atteindre, si on y met le prix."

Philippe Val (éditorial de Charlie Hebdo 06/05/05)


Rédigé par : Désillusions | 14 mai 2005 20:04:36

Ho la ? Voyez vous ça les comtempteurs du superficiel qui se jettent sur ce qu'ils croyaient être du psychologisme de bas étages... J'ai regardé les garçons (et les filles peut-être)... De la cave au grenier, c'était de l'ironie, de l'humour sauf... l'histoire de la faiblesse/mépris... Pour le reste, je me moquais "gentiment"... Prenez un peu de recul... Je dirais pas de hauteur vu que je serais plutôt destiné aux étages du bas selon vous. Ca vous fait causer en tous les cas hein... Je vais vous dire, Hamon, il a écrit ça comme ça lui venait, un matin ou un soir... Spontanément... C'est pas un manifeste politique, un programme de législature... Calmez-vous ! Y'a un truc qui me gonfle dans vos commentaires, c'est le côté... Commentaire... Y'a des gens qui se sont sentis touchés (qu'ont aimé ou pas d'ailleurs) et qui l'ont dit comme ça leur venait ... Pis y'a ceux qui répondent, qui dissèquent... Au début je voulais même pas reprendre sauf Tersem parce que je voulais pas laisser passer des conneries... résultat : ça glosent ça en appelle à JP Sartre et P. Val... Pffff...
Bon... je cède à la pression je vais vous dire un truc sur le fond. Je vais voter non. Pas par idéal, pas pour me draper dans ma pureté... Je suis un putain de soc-dem moi. Le réformisme, le compromis, c'est mon truc. Mais voilà, je fais du calcul coût avantage et sur ce texte, j'arrive à la conclusion, sur le fond comme sur la forme que le compte n'est pas bon, que le risque est trop grand. Pas assez de transfert politique de souveraineté là où ça se décide (de plus en plus), trop de vérouillage économique, aucune marge de manoeuvre; En matière de défense, de politique étrangère, ça navigue entre l'impuissance et la soumission... Ce texte n'a pas les moyens de son ambition affichée (nouvelle étape de la construction, cohérence des institutions, Europe puissance etc...) mais par contre recycle tout l'existant en lui donnant une nouvelle légitimité ! Lorsqu'on est pas sûr d'être d'accord sur tout, on tope pas dessus... Ou alors c'est qu'on est d'accord sur tout... Mais putain, lisez bordel ! Au niveau des règles communes, du socle, du contenant y'a pas grand chose, c'est flou, incantatoire mais au niveau des politiques à mettre en oeuvre... là y'a tout... Bref, c'est bcp d'inconnu sur l'idéal qu'on poursuit tous soi-disant et bcp de certitudes sur ce qu'on est en droit de discuter voire de se débarasser... C'est un mélange des genres. Ce texte et un mélange risqué... trop risqué... C'est vous qu'êtes les purs, les idéalistes... Au mieux ce texte présente de graves dangers pour l'Europe auquel vous semblez aspirer au pire il recèle de telles contradictions qu'ils sanctionnent en fait la fin de l'aventure... Voilà. Et là, encore, je dis pas tout ce que je pense... je pense juste tout ce que je dis. Je serais vous je ferai attention à pas trop la jouer idéal européen en bandoulière sur cette affaire... Le réveil risque d'être difficile... moi, si ça vous dérange pas, je vais pas aller au dodo tout de suite, ya 2.3 trucs qui me font encore envie et j'aimerai pas les voir disparaître pendant que je me serai assoupi, fût-ce la tête dans les étoiles.

Olivier

Rédigé par : Olivier | 15 mai 2005 16:40:54

Euh ben moi je voulais juste dire que ce texte fais bien plaisir et donne envie d'y croire encore un peu... je ne suis pas "engagé", au sens membre d'un parti, je dis ça en citoyen de gauche qui est bien content de savoir qu'il y a encore de l'espoir au PS. Et puis un homme politique qui écrit "comme ça lui vient, un matin ou un soir", pour reprendre les mots à Olivier, et bien c'est humain et rassurant, à mon avis. Voilà, rassurant c'est le mot qui convient. Et je pense que Mr Hamon va être content de savoir que ce soir il m'a rassuré...

Rédigé par : Medjnoun | 15 mai 2005 23:24:57

"Ce texte et un mélange risqué... trop risqué..."

ouais et dans le fond t'aime pas le melange !?

on le savait.

de villiers, pasqua, chevenement, le pen ... qui n'aiment pas "se mélanger" te remercieront !

Rédigé par : Djamel | 16 mai 2005 11:06:58

Là... Les bras m'en tombent Djamel. T'as gagné ! Ton argument de fond vient d'avoir raison de mes convictions sur le texte soumis au vote. Je viens de relire 3 fois ton message et j'ai plus envie de rire. C'est grave. Surtout le "on le savait"... J'ai peur de comprendre l'insinuation. Ca va trop loin. C'est trop déplacé. J'sais pas qui t'es, j'sais pas pourquoi t'en arrives là mais c'est pas bien. j'ai même plus envie d'argumenter... Ca m'apprendra à vouloir débattre au fond... Du texte et de la réponse à la question oui ou non... Je te laisse à tes insinuations nauséeuses. Bonne journée à toi Djamel.

Rédigé par : Olivier | 16 mai 2005 12:46:24

Petit point pédago:

Troll:
Sur les réseaux informatiques, notamment Internet et Usenet, on utilise le terme troll pour désigner une personne, ou un groupe de personnes, participant à un espace de discussion (de type forum), qui cherche à détourner malicieusement le sujet d'une discussion pour générer des conflits en incitant à la polémique et en provoquant les autres participants. Par métonymie, on parle de troll pour un message dont le caractère est susceptible de générer des polémiques ou étant excessivement provocateur.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Troll_(Internet)

Point Godwin:
La loi de Godwin fait partie du folklore Usenet. En 1990, Mike Godwin énonça la règle empirique suivante : « Plus une discussion s'allonge, plus la probabilité d'y trouver une comparaison avec les nazis ou avec Hitler s'accroit"
Cette « loi » s'appuie sur l'hypothèse selon laquelle une discussion Usenet qui dure dans le temps amène peu à peu les esprits à s'échauffer et à remplacer les arguments par des insultes. Le nazisme étant souvent considéré comme la pire des idéologies, toute comparaison avec un mouvement de ce genre est considérée comme le signe de l'échec de la discussion, du moins si le sujet de départ était très éloigné. On estime alors qu'il est temps de clore le débat, dont il ne sortira plus rien de pertinent, pour repartir sur des bases saines. On dit alors qu'on a atteint le point Godwin de la discussion.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Point_Godwin

Longue vie à ce blog!

Rédigé par : Eliot Net | 16 mai 2005 14:05:02

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