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29/04/2005

L'état de l'opinion à un mois du référendum

Pour faire le point sur le climat électoral relatif au référendum sur le projet constitutionnel européen, voilà le compte-rendu d'une présentation de Pierre Giacometti, directeur d'Ipsos, lors d'un forum organisé mercredi 27 avril par cet institut. Décryptant la campagne sous l'angle des enquêtes d'opinion, il revient sur la spectaculaire poussée du Non en mars, dresse le portrait robot du Oui et du Non, analyse la portée de l'argumentaire de chaque camp, et les perspectives d'évolution pour la dernière ligne droite.

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Sept semaines de campagne

Diapositive2_3 La brusque poussée du non à la mi mars est probablement l'un des mouvements les plus impressionnants d'évolution électorale observés ces trente dernières années. A l'évidence, les enquêtes réalisées avant celle du 18 mars (la première à donner le Non en tête) mesuraient davantage un niveau d'adhésion à la construction européenne qu'une intention de vote au référendum. Ainsi, malgré un 60 / 40 pour le Oui, la première vague de l'Observatoire Ipsos-Le Figaro-Europe 1 réalisée le 4 mars révélait la perspective d'un débat équilibré, résumée dans le titre de l'analyse publiée à l'époque sur Ipsos.fr : "L'avance du Oui paraît fragile".  En marge de l'intention de vote, cette enquête mettait en lumière un électorat de gauche divisé, une indécision très élevée, une faible mobilisation électorale, et déjà la faible crédibilité de l'argumentaire de la dramatisation.

Diapositive4_2 Avec le lancement de la pré-campagne électorale – annonce de la date du référendum par Jacques Chirac le 4 mars et début de mobilisation des partisans du Non – on entre dans une phase de décision électorale. Dès le début, le Non s'installe en tête des intentions de vote. Le film de la campagne présenté ci-dessous en retrace les principales étapes. Le 21 mars, le Non est majoritaire à gauche, et le devient chez les salariés. Une semaine plus tard, il le devient également dans l'électorat socialiste. L'indécision reste forte, mais diminue. Toujours moins crédible, l'argumentaire de la dramatisation ne prend pas ; le climat économique et social constitue la première motivation du vote. Le 5 avril, après plusieurs sondages publiés confirmant l'avance du Non, le Oui progresse à droite. Le souhait de victoire reste favorable au Oui, mais pour la première fois les Français pronostiquent la victoire du Non. La crédibilité de la campagne des partisans du Non est nettement plus forte que celle des partisans du Oui, avec des arguments jugés plus clairs, plus proches des préoccupations de l'électorat. Le 12 avril, la cinquième vague de l'Observatoire révèle qu'une majorité de Français souhaite désormais la victoire du Non. Le niveau d'indécision baisse, le Non progresse à gauche, et devient plus structuré. Deux Français sur trois sont convaincus qu'une renégociation du texte est possible. Le 19, on constate que le premier moteur du Non est la méfiance, quant à l'avenir de l'Europe notamment. Le Non est devenu la force dominante au sein des classes moyennes. Enfin la semaine dernière, le Oui profite d'une poussée de mobilisation à droite. On entre dans une seconde phase de campagne, avec un souhait de victoire qui se rééquilibre. Les partisans du Non sont toujours jugés plus convaincants, mais les Français s'inquiètent des conséquences du Non pour la France.

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Le souhait de victoire, en baisse dans les deux camps, illustre également les difficultés des acteurs de la campagne à imposer leur point de vue, et la difficulté croissante des Français dans leur choix. De plus en plus de Français, actuellement un sur quatre, ne souhaitent rien, comme s'ils regrettaient que la logique du référendum, entre un « Oui » et un « Non », empêche le "Oui mais" ou le "Non mais".

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Le référendum et la société française

Diapositive14_2 Poursuivant l'analyse, Pierre Giacometti se penche sur la répartition des intentions de vote selon la proximité partisane. Les extrêmes se radicalisent. C'est une donnée de base, le niveau d'intention de vote du Non chez les Français proches de l'extrême gauche, du PC et de l'extrême droite, représentant environ le quart du corps électoral, dépassera 80% le 29 mai.

Diapositive15_2 Chez les personnes ne se reconnaissant pas dans une formation politique ("proches d'aucun parti"), le Non est également largement majoritaire. Pour nuancer ce constat, cette catégorie est fortement abstentionniste.

Diapositive16_2 Ipsos mesure également une vraie distance entre Paris et les régions en terme d'intentions de vote. Depuis plusieurs semaines, le Non est majoritaire en province, et le Oui est majoritaire en région Ile de France. Quoi qu'un peu caricatural – ce différentiel est aussi une illustration de la coupure entre le pouvoir politique et la fameuse "France d'en bas".

Diapositive19_2 Lorsque que l'on s’attache à analyser la répartition par âge de l'électorat favorable à la constitution, on remarque que le Oui gagne des adeptes chez les plus jeunes (moins de 30 ans) et les plus âgés (plus de 60 ans). Les catégories intermédiaires sont davantage favorables au Non.

Diapositive22_2 Le regroupement selon les catégories socioprofessionnelles montre que le Oui gagne du terrain chez les retraités, et plus récemment chez les cadres. Le Non est solidement implanté chez les employés, les ouvriers et les professions intermédiaires.

"Plus proche de nos préoccupations", "plus claire". La campagne des partisans du Non est en tête sur le terrain de la crédibilité.

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La droite modérée, socle dominant du Oui

Nous venons d'entrer dans nouvelle phase de la campagne électorale, illustrée par une nette progression des intentions de vote en faveur du Oui au sein de l'électorat de la droite modérée. Plus des trois quarts des proches de l'UMP penchent à présent pour le Oui. La courbe grise révèle toutefois le maintien d'un niveau d'indécision assez fort, puisqu'il concerne environ 20% de cet électorat. Des mouvements peuvent donc encore se produire d'ici fin mai, vers une cristallisation encore plus forte autour du Oui, ou au contraire un reflux. De son côté, l'UDF redevient la première formation en termes d'intentions de vote favorable au Oui, à plus de 80%. Le niveau d'indécision est aussi plus faible dans cet électorat.

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Diapositive28_3 Au même niveau que les indécis, 20% de l'électorat de la majorité est tenté par le Non. Les motivations de Non de droite ont toutefois changé pendant la campagne. Dominante il y a deux mois, la question de la Turquie est devenue une motivation parmi d'autres aujourd'hui. Actuellement, en tête des arguments, on trouve la capacité du Non à obtenir une renégociation pour un meilleur texte.

Diapositive29_2 Les motivations du Oui à droite sont dispersées. Alors que pendant la pré campagne, la dimension historique et politique du Oui était nettement en tête, cette raison est aujourd'hui devancée par l'idée que le Non affaiblirait le poids de la France dans l'UE. En revanche, l'argument très employé selon lequel une victoire du Non remettrait en question la construction européenne ne porte pas.

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La gauche modérée, divisée et indécise

Diapositive33_2 Bien que toujours très favorables à la construction européenne, les sympathisants Verts sont aujourd'hui majoritairement favorables au Non.

Depuis un mois, le Oui est devenu minoritaire au sein de l'électorat socialiste, le Non s'est stabilisé, autour de 55%. Le niveau d'indécision de cet électorat est toutefois encore relativement fort, proche de 30%, et semble même progresser. Ce réservoir d'électeurs, enjeu majeur pour les partisans du Oui de gauche, et singulièrement la direction du Parti socialiste, est en tout cas suffisant pour faire pencher la balance dans le dernier mois de campagne. On retrouve un découpage similaire lorsqu'on s'intéresse au souhait de victoire de l'électorat socialiste : le Non est passé en tête, choisi par 40% des électeurs, contre un bon tiers pour le Oui, et un quart d'indécis.

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La hiérarchie des motivations du Non de gauche diffère d'ailleurs de celle établie par les sympathisants de droite. L'argument d'une constitution "trop libérale sur le plan économique" domine depuis le début de la campagne, avec près de 40% de citations chez ceux qui pensent à voter Non, devant l'espoir de "négocier une meilleure constitution", qui prend de l'importance (30%).
Pour que le Oui gagne le 29 mai, il faut probablement qu'il redevienne majoritaire chez les sympathisants socialistes. L'impact des différents arguments favorables au Oui s'est modifié avec la campagne. L'idée, dominante il y a encore un mois, que la constitution représente une avancée pour l'Europe sociale, s'est considérablement affaiblie, tandis que la notion "d'étape historique dans la construction d'une Europe politique" porte davantage. Mais contrairement à ce que nous mesurions en Espagne avant le référendum de février, où la motivation du Oui était concentrée sur un ou deux éléments, avec une réalité de l'Europe tellement incontestable qu'il n'y avait quasiment pas débat, la dispersion des arguments en faveur du Oui et du Non met en lumière la difficulté des responsables politiques à s'appuyer sur une idée forte pour cristalliser leur camp.

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Au final, l'indécision sur l'ensemble du corps électoral reste la variable clé pour l'issue du scrutin.
Il y a aujourd'hui, qu'ils soient indécis ou hésitants, 40% de Français qui n'ont pas encore arrêté leur choix. Mais si ce niveau d'indécision a nettement diminué ces dernières semaines à droite, la mobilisation de cet électorat se construit, il reste beaucoup plus fort à gauche.

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Si tendance globale est toujours favorable au Non, le jeu reste donc ouvert. L'électorat situé aux extrêmes du spectre politique, radicalement opposé au traité, équilibre le Oui des proches de la droite modérée. A l'entrée de la dernière ligne droite, l'issue du scrutin semble entre les mains des sympathisants socialistes, aujourd'hui partagés et singulièrement indécis, tiraillés entre leur attachement à la construction européenne,  le rejet de l'orientation libérale du texte, et l'espoir de renégocier une meilleure constitution.

Posted by LeFIL on avril 29, 2005 at 02:20 PM dans Opinions | Permalink | Commentaires (7) | TrackBack

27/04/2005

Chaque jour c’est les playoffs (*)

Foule_1 Y a des vies entières sans jour de relâche. Des vies commencées et achevées à lutter contre un destin qui vous échappe. Pas forcément des vies malheureuses, mais des vies dures qui creusent l’épiderme et maltraitent les consciences. Des vies, dès la première seconde, écrites comme une dictée pleine de fautes. Des vies qui te rappellent que chaque jour c’est les playoffs (*). La lutte sans répit pour chaque pouce de terrain.

J’étais vendredi soir à Tournus (71), au coeur d’une circonscription rurale. Ils venaient de toute la gauche pour m’entendre parler de mon mandat de député européen. Quinze jours auparavant j’étais dans le lycée d’enseignement professionnel Louise Michel d’Epinay sur Seine (93) avec 40 jeunes les classes de terminale vente et seconde secrétariat/comptabilité.

Sans dire que ces jeunes ressemblaient aux couples d’anciens assis sagement dans la salle des fêtes de Tournus, le lien entre ces générations était pourtant évident. Une condition sociale identique, une vie passée ou une vie promise à jouer chaque jour une partie à «élimination directe». Pourtant ceux là, ne se connaissent pas, ne se croisent souvent que par télé interposée, pourraient même bien se craindre ou se mépriser. Homogénéité des situations vécues et hétérogénéité des situations perçues.

Comment combattre le sentiment que toute action collective est vaine ? Comment convaincre qu’elle ne mène pas inéluctablement à l’échec que ce soit la conséquence de la trahison des politiques ou du déséquilibre insurmontable du rapport de force ? Comment ensuite restituer ces peurs et ces espoirs dans le débat politique. Peut on encore se revendiquer du camp des "travailleurs" quand on est élu et que ce seul statut vous soustrait aux affres de cette condition sociale ? Ce sont inévitablement des questions que se sont posées et se posent les élus de gauche.

J’ai pour ma part tranché depuis longtemps une question. J’avoue : j’ai mon camp. Je n’ai jamais conçu mon mandat comme un sacerdoce dédié à tous sans distinction. Je hiérarchise. A Epinay, à Tournus, ce sont les miens. Là où je parle, j’essaie de parler pour eux.

Choisir un camp est en soi une orientation politique. Il présuppose qu’il existe des conflits d’intérêts majeurs dans la société et que la conciliation de ces intérêts contradictoires, trop vite résumée par la prétendue recherche de l’intérêt général, peut ne pas être le but central de l’action politique. J’assume ce choix.

Je suis frappé de la conséquence immédiate d’un tel préalable à l’action politique. Dés lors que vous choisissez un camp et que vous posez comme exigence centrale la question de la dette économique et sociale du capital à l’égard de ces hommes et ces femmes qui ont besoin du travail pour vivre, vous deveniez un dangereux idéologue pour les libéraux, ce qui un compliment acceptable, mais aussi un dangereux populiste pour une certaine gauche, ce qui est un réflexe inquiétant.

C’est significatif du rapport ambigu, du complexe qu’entretient désormais une partie de la gauche de gouvernement avec le peuple et ses aspirations. Remettre en cause l’équilibre social libéral de la société française au motif qu’il n’est pas parvenu à freiner la progression des inégalités depuis plusieurs décennies relève de la démagogie et du populisme aux yeux des héritiers et des comptables de cette séquence politique toujours en cours au PS. Le débat sur le référendum illustre cela avec beaucoup d’acuité. La montée de la dénonciation du populisme dans le discours socialiste marque à mes yeux essentiellement la peine et la perte de légitimité de quelques élites à comprendre, traduire et répondre aux aspirations des classes populaires. A bien des égards, les scénarios catastrophe annoncés de concert par la droite française et certains socialistes si le non l’emportait au référendum rappellent l’hébétude et l’incompréhension fondamentales d’une partie des élites française devant l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. J’ai entendu des arguments d’autorité utilisés au sein du parti socialiste qui ne sont pas des arguments socialistes mais bien des arguments de classe.

On dira que c’est un peu court de considérer qu’au point de départ et au point d’arrivée d’un engagement politique il y a la défense d’un camp. Je revendique le contraire je dis que c’est tout. Qui affirmera que les conservateurs et les libéraux ne sont pas les mandants politiques d’un camp ? Donc, à Epinay et Tournus, il y avait des gens pour qui ce système signifie la lutte incessante pour conserver sa place, si petite soit elle. « Une vie qui te rappelle que chaque jour c’est les playoffs... ». Définitivement, c’est à eux que je dois.

Au passage, mardi matin, sur Canal, Xavier Darcos Ministre du gouvernement Raffarin déclarait peinard que les français feraient mieux de voyager un peu plus pour se rendre compte qu’il y a plus malheureux qu’eux sur la planète. Et comment petit malin ? C’est toi qui leur payes leur voyage éducatif ? Si on comprend bien le fait de savoir qu’il y a plus malheureux que vous quelque part sur terre devrait vous conduire à être moins malheureux. Ce raisonnement est lamentable ! D’ailleurs, pour que tu comprennes bien monsieur le Ministre Darcos: c’est pas parce qu’il y a sans doute plus con que toi à 10 000 bornes que ça t’a empêché mardi matin d’être con. Et ben dis toi que c’est pareil pour les pauvres.

(*)On a enfoncé les portes, Kool Shen/Dernier Round.

Posted by Benoit Hamon on avril 27, 2005 at 01:18 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (27) | TrackBack

25/04/2005

Dérapage

Nowakowski_nulLes Nuls disaient "qu'il vaut mieux prêter à sourire que donner à réfléchir ". Parfois, ceux qui veulent donner à réfléchir éteignent franchement l'envie de sourire.
Dans sa chronique hebdomadaire dans les colonnes du magazine l’Express, Jacques Attali se penche sur la « nouvelle donne social-nationaliste ». Il y évoque l’émergence de ce courant politique dont la victoire du non au référendum serait le «  dernier avatar ». Et il assène en conclusion : « De l'actuel social-nationalisme aux autres combinaisons de ces deux mots, le passage est possible: il suffirait d'une situation socialement explosive et d'un politique assez cynique pour s'emparer de ce créneau. L'un et l'autre sont possibles. L'un et l'autre sont là, sous nos yeux. »

Encore un raccourci misérable dans une campagne qui n’aura pas épargné nos intelligences. Jacques Attali affirme donc que la campagne du « Non » ouvre la porte à l’enracinement possible d’une alternative nationale socialiste en France. Dit comme ça, c’est énorme ! Jacques Attali ne l’a d’ailleurs pas écrit. Il l’a juste suggéré.

Il suggère cela la semaine où la République se rappelle le souvenir de la déportation. Au moment où le rapport Wieviorka propose un diagnostic attendu des ressorts et des lieux de l’antisémitisme en France, tout le monde s’accorde sur la nécessité d’éduquer les consciences, de combattre les amalgames et de dissiper la confusion qui motivent la construction et la résurgence des comportements antisémites. Proposer un lien, établir une passerelle entre la campagne des européens défavorables à la constitution européenne en raison de son caractère libéral et l’idéologie nationale socialiste dévoie le présent, brouille les leçons du passé et injurie l’avenir.

C’est NUL et pathétique.

Le lien vers la chronique de Jacques Attali : http://www.lexpress.fr/idees/tribunes/dossier/attali/dossier.asp?ida=432782

Posted by Benoit Hamon on avril 25, 2005 at 10:26 AM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

12/04/2005

FratricideFace à la brutale montée de tension entre socialistes français, j'ai rendu public au nom du NPS le communiqué suivant ce matin:

"Outre qu’il y a de la tristesse à constater que des dirigeants du même parti sombrent dans la caricature et frôlent désormais systématiquement l’injure entre eux au moment de défendre leur position sur le traité constitutionnel, il semble nécessaire de rappeler qu’à chaque fois que les dirigeants socialistes se déconsidèrent en public, ils offensent aussi une moitié de l’électorat socialiste.

Comment rassembler demain pour gagner les élections présidentielles et législatives dans ces conditions ? Ceux qui s’adonnent avec délectation aux petites phrases assassines contre leurs propres camarades préparent la défaite de 2007. Ils font l’impasse sur une élection que des millions de nos concitoyens victimes des politiques libérales ne peuvent pas se permettre de perdre une nouvelle fois par forfait socialiste. Ils ont et auront cette responsabilité. Ce rappel concerne en premier lieu notre Premier Secrétaire, garant selon ses propres voeux de l’unité du parti et qui doit montrer l’exemple en refusant les amalgames et les raccourcis blessants.

Le NPS, malgré sa conviction intacte que le projet de traité constitutionnel est néfaste pour la construction européenne et les citoyens de l’Europe, a décidé de respecter le vote militant du PS et se tient à l’écart de la campagne référendaire. Cette décision répond à notre volonté de ne pas participer à l’affrontement mortifère auquel nous assistons aujourd’hui. Elle répond aussi à notre volonté de préserver l’outil socialiste au service d’un projet de transformation sociale à la hauteur des demandes d’égalité et de justice sociale exprimées par une majorité de français.

Aujourd’hui, comme une immense majorité de militants socialistes attachés à l’unité de leur parti, nous somme inquiets. L’unité du Parti invoquée par tous n’a plus de sens quand des socialistes choisissent pour cibles prioritaires de leurs attaques d’autres socialistes. Solennellement, au nom des français que nous voulons représenter demain, nous appelons nos camarades, dans le respect de leurs convictions respectives, à cesser de se tromper de campagne et de combat en choisissant comme adversaire principal ceux qui partageront demain la même responsabilité de battre la droite"

Posted by Benoit Hamon on avril 12, 2005 at 02:39 PM dans Témoignages | Permalink | Commentaires (10) | TrackBack